Le journal libanais Al-Akhbar a déposé, mercredi, une plainte à Paris contre le général Philippe Sedos pour « apologie de crimes de guerre », suite à ses déclarations sur la chaîne d’information « BFMTV » concernant le meurtre de la journaliste Amal Khalil.
L’ancien chef du bureau de liaison de la Finul avait déclaré sur la chaîne, où il intervient régulièrement en tant qu’expert : « Le journal Al-Akhbar est proche du Hezbollah. Et les Israéliens disent souvent que les journalistes qui travaillent avec le Hezbollah sont des espions à son service. C’était donc une attaque ciblée. »
Il a ajouté : « Dès que l’on mentionne le nom du journal, cela devient une attaque ciblée. C’est clair, simple et précis. Et j’ai consulté le journal Al-Akhbar aujourd’hui, il est effectivement très pro-Hezbollah. »
De son côté, l’avocat représentant le journal, Vincent Brengarth, a affirmé dans sa plainte que M. Sedos « ne fait preuve d’aucune retenue et présente comme une évidence le fait qu’une journaliste puisse être tuée en raison de la ligne éditoriale du média pour lequel elle travaille, dans le contexte d’un conflit armé. »
La société des journalistes de « BFMTV » s’est « totalement » désolidarisée de ces « propos choquants » sur les réseaux sociaux, soulignant que « cibler un journaliste, tout comme cibler n’importe quel civil, constitue un crime de guerre. »
L’association a également jugé « inacceptable que certains experts justifient à l’antenne la mise en danger, voire le meurtre de journalistes, ce qui menace la sécurité de nos propres journalistes sur le terrain. »
L’avocat Brengarth a déclaré à l’AFP : « Il est impératif d’ouvrir une enquête, faute de quoi nous risquons d’ancrer un sentiment d’impunité pour toutes les expressions justifiant des crimes de guerre. »
Notre collègue journaliste Amal Khalil, âgée de 42 ans, est tombée en martyr le 22 avril 2026, tandis que notre collègue Zeinab Faraj a été blessée lors d’un raid israélien les ciblant dans la localité de Tiri, au Sud-Liban.
Selon Jonathan Dagher, directeur du bureau Moyen-Orient de « Reporters sans frontières », les raids israéliens menés le jour de l’attaque « sont considérés comme des crimes de guerre. »
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar