dimanche, 08/03/2026   
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Guerre contre l’Iran: Trump ne veut plus impliquer les kurdes, après des frappes iraniennes douloureuses dans le Kurdistan irakien

Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis ne souhaitaient pas impliquer les forces armées kurdes dans la guerre contre l’Iran, contredisant ainsi des déclarations précédentes de vouloir les armer dans l’espoir de « déclencher un soulèvement » en s’infiltrant en Iran depuis le Kurdistan irakien où ils siègent.

« Nous ne cherchons pas à impliquer les Kurdes », a déclaré Trump samedi à bord d’Air Force One, a rapporté CNN. « Nos relations avec eux sont très amicales, comme vous le savez, mais nous ne voulons pas compliquer davantage ce conflit qui l’est déjà. »

« La guerre est déjà suffisamment complexe sans y impliquer les Kurdes », a-t-il souligné.

Selon CNN, des sources ont indiqué plus tôt que la CIA s’efforce de « déclencher un soulèvement » en Iran en armant les forces kurdes, et l’administration Trump a mené des discussions intensives avec des groupes d’opposition iraniens et des dirigeants kurdes en Irak au sujet d’un soutien militaire à leur apporter.

Les déclarations de Trump interviennent apres les coups douloureux infligés par les attaques iraniennes contre ces groupuscules qui s‘abritent dans la région du Kurdistan irakien.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré samedi matin avoir ciblé des « groupes séparatistes » dans le Kurdistan irakien.

La région autonome abrite des camps et des bases arrières tenues par plusieurs groupes de militants kurdes iraniens qui ont été à plusieurs reprises frappés par l’Iran depuis le début de la guerre.

Samedi matin, un responsable d’un groupe d’opposition en exil a déclaré à l’AFP que des drones avaient frappé des positions appartenant à trois partis kurdes iraniens dans la région d’Erbil, dont le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) et le parti Komala, sans faire de victimes.

Dans la nuit, des attaques ont touché des positions du parti Komala, tuant un combattant et en blessant trois autres, dans la région de Souleimaniye (est), a indiqué un responsable du groupe.

Après minuit, un correspondant de l’AFP a rapporté avoir entendu une explosion et vu de la fumée s’élever d’une zone où se trouvent les bureaux de l’ONU à Souleimaniye.

Des drones étaient en train de survoler la ville, a ajouté le correspondant de l’AFP.

Plus tôt, les Gardiens de la Révolution ont déclaré dans un communiqué publié par l’agence de presse iranienne Tasnim que « trois sites de groupes séparatistes dans la région irakienne (du Kurdistan) ont été frappés ce matin. »

« Si les groupes séparatistes dans la région font le moindre mouvement contre l’intégrité territoriale de l’Iran, nous les écraserons », ont ajouté les Gardiens.

Téhéran a menacé de cibler « toutes les installations » du Kurdistan si des militants tentaient d’entrer sur le territoire de la République islamique.

Le gouvernement irakien et la région autonome ont déclaré vendredi que l’Irak ne devait pas être une rampe de lancement pour des attaques contre les pays voisins, après des informations selon lesquelles des militants pourraient tenter de traverser en Iran.

Le commandant des garde-frontières irakiens, Mohammed Sukar, a déclaré samedi que la frontière irako-iranienne était sécurisée et qu’il n’y avait pas eu de tentative d’infiltration en Iran, selon l’agence de presse irakienne (INA).

Pour sa part, la Résistance islamique en Irak a déclaré avoir mené « 24 opérations au cours des dernières 24 heures contre des bases ennemies en Irak et dans la région, en utilisant des dizaines de drones et de missiles ».

Contacts de Trump avec tous les dirigeants kurdes

Selon le Washington Post, le président américain avait ces derniers jours contacté plusieurs dirigeants kurdes pour les inciter à s’impliquer dans la guerre.

Un haut responsable de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), l’un des deux principaux partis au pouvoir au Kurdistan irakien, avait révélé depuis deux jours que « les États-Unis exigent des Kurdes irakiens qu’ils facilitent l’action des groupes kurdes iraniens opérant en Irak et qu’ils ne fassent pas obstacle à leurs activités, tout en leur fournissant un soutien logistique.»

Ce responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que « Trump a été clair lors de son appel de dimanche avec Bafel Talabani, dirigeant de l’UPK, nous disant que les Kurdes doivent choisir leur camp dans ce conflit : soit celui des États-Unis et d’Israël, soit celui de l’Iran. »

Un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dirigé par Massoud Barzani a lui également reçu un appel similaire de Trump et confirmé ces informations, tout en précisant que l’enjeu « ne se résume pas à savoir qui dispose du plus grand nombre de milices armées prêtes à se diriger vers l’Iran, mais plutôt qui bénéficie du plus grand soutien interne ».

Trump s’était entretenu mardi avec Mustafa Hijri, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), le plus ancien groupe d’opposition kurde iranien, a révélé le Washington Post.

Source : Médias