jeudi, 16/07/2026   
   Beyrouth 11:36

Aoun, Netanyahou… et Graham !

Parallèlement à la visite du président de la République, Joseph Aoun, à Washington, le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, s’apprête à se rendre dans la capitale américaine pour participer aux obsèques du sénateur sioniste Lindsey Graham. 

Dans ce contexte, les funérailles de Graham pourraient être le théâtre de paradoxes politiques marquants.

En effet, le banquier sioniste Antoun Sehnaoui s’efforce de convaincre Aoun de participer aux cérémonies d’adieu, partant du principe que Graham était un « ami du Liban » et un soutien dans la bataille pour le démantèlement du Hezbollah. 

Tandis que des sources officielles à Beyrouth nient toute intention d’Aoun de participer à un quelconque événement où des responsables israéliens pourraient être présents, les informations confirment que Sehnaoui, aux côtés d’un groupe de « Libanais de Washington », assistera aux obsèques, avec la possibilité de tenir des réunions avec des responsables israéliens en marge de l’événement.

En parallèle, des informations fuitées par des sites médiatiques libanais et étrangers ont circulé concernant l’évocation d’une proposition de rencontre entre Aoun et Netanyahu en marge de la visite.

Bien que l’on rapporte de l’entourage d’Aoun que les circonstances actuelles ne permettent pas une telle rencontre, certains milieux n’excluent pas que le président Donald Trump exerce des pressions dans ce sens. 

Pendant ce temps, l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Moawad, poursuit, en collaboration avec Sehnaoui, les préparatifs de la visite d’Aoun afin de lui assurer une large couverture politique et médiatique.

Un dîner est en cours de préparation, auquel devraient participer de hauts responsables de l’administration américaine, des membres du Congrès, des ambassadeurs accrédités à Washington, ainsi que des représentants de groupes de pression soutenant la position du pouvoir d’Aoun face à la Résistance. 

Concernant Netanyahu, l’objectif de sa visite ne se limite pas à rendre hommage à l’un des plus éminents soutiens d’Israël aux États-Unis.

Il va au-delà, avec une tentative d’obtenir une rencontre avec Trump, bien que la Maison-Blanche ait répété à plusieurs reprises qu’aucun rendez-vous n’avait été fixé entre les deux hommes. 

Des sources à Washington indiquent que Trump reporte la rencontre avec Netanyahu pour plusieurs raisons.

La principale étant qu’il ne souhaite pas, dans la phase actuelle, associer ‘Israël’ à ses opérations militaires contre l’Iran, tout comme il refuse de devenir partie prenante des campagnes électorales qui ont débuté au sein de l’entité d’occupation.

Netanyahu accorde une grande importance à cette rencontre avec Trump pour des raisons qui dépassent le dossier iranien, souhaitant également aborder les dossiers de la Syrie et du Liban.

En effet, la répétition notable des déclarations du président américain, dans lesquelles il exprime sa préférence pour que le président syrien, Ahmed al-Charaa, prenne en charge la gestion du dossier du Liban et du Hezbollah, est interprétée en ‘Israël’ comme un appel à son retrait du Liban et de la Syrie, laissant le traitement de ce dossier à Damas.

C’est ce que refuse Netanyahu, tandis que des cercles influents à Washington excluent qu’Israël entreprenne une telle démarche avant les élections de la mi-octobre prochaine.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar