Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié de « douteuse », et « contraire au principe de bon voisinage » l’accusation portée mardi par le ministère qatari des Affaires étrangères contre l’Iran concernant une prétendue attaque contre un navire qatari dans le détroit d’Ormuz.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a déclaré mardi soir dans un communiqué que « l’accusation du ministère qatari des Affaires étrangères contre l’Iran concernant une prétendue attaque contre un navire qatari dans le détroit d’Ormuz est contestable et contredit le principe de bon voisinage », qualifiant un tel comportement d’« inacceptable ».
Baqaei a rappelé que l’article 5 du Mémorandum d’entente conclu avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, stipule que la République islamique d’Iran s’engage à prendre les mesures nécessaires pour gérer le détroit d’Ormuz et assurer les services maritimes.
Il a souligné que Téhéran respecte scrupuleusement ses engagements et attend des pays de la région, notamment du Qatar, qui joue le rôle de médiateur et a pris connaissance des détails du mémorandum, ainsi que des compagnies maritimes, qu’ils s’abstiennent de toute action contraire aux dispositions dudit mémorandum.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a révélé dans ses remarques que certains navires commerciaux empruntent des voies sans coordination préalable avec l’Iran, tout en désactivant ou en altérant le dispositif de suivi du navire ou le système AIS, dans le but de soustraire le navire aux systèmes de surveillance et de sécurité.
« De telles actions entraînent des risques de collision, des problèmes environnementaux, une déstabilisation de la sécurité du passage et une perturbation des efforts de l’Iran pour faciliter une navigation sûre dans le détroit d’Ormuz », a-t-il déploré.
Dans la journée de mardi, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait rendu compte que trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz.
Le ministère qatari des Affaires étrangères avait précédemment accusé Téhéran d’avoir ciblé son pétrolier al-Ruqayyat, chargé de gaz naturel liquéfié, alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz. Il a convoqué le chargé d’affaires iranien à Doha pour lui livrer une protestation officielle.
L’Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran.
Ce texte prévoit notamment la réouverture pour une période de 60 jours du détroit d’Ormuz – par où transitent en temps normal 20% du brut et du GNL mondial. Sa fermeture par Téhéran en riposte à la guerre américano-israélienne menée contre l’Iran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix. Le texte prévoit aussi la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
L’Iran exclut dans le texte tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Source : Médias
