vendredi, 19/06/2026   
   Beyrouth 06:07

Sud-Liban : À Ali Al-Taher, le piège de la Résistance détruit 3 Merkava. La bataille stratégique sur cet axe scelle le sort de l’occupation au nord du Litani

La Résistance islamique a annoncé, ce vendredi à l’aube, avoir attiré une force de l’armée de l’ennemi israélien — composée d’un peloton de blindés et d’un peloton d’infanterie — qui tentait de s’infiltrer vers le versant nord de la colline d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh.

« Une fois la force ennemie piégée dans la zone de guet-apens, les combattants l’ont frappée avec diverses armes, ciblant notamment trois chars Merkava par des missiles guidés, ce qui a entraîné leur destruction et leur embrasement », a précisé le communiqué publié par la Résistance.

Et de renchérir : « Dans la foulée, les combattants ont poursuivi leur riposte contre cette force ennemie en l’arrosant de denses salves de roquettes et d’obus d’artillerie. Au moment même de l’émission de ce communiqué, les affrontements se poursuivent sur le terrain ».

Auparavant, la Résistance islamique avait réitéré, dans un autre communiqué, que la zone de Kfar Tibnit – Ali Al-Taher resterait imprenable face aux incursions de l’ennemi, affirmant que les combattants y écriraient des épopées karbaliennes (Kerbala de l’Imam Hussein) pour défendre leur pays et leur peuple.

Par ailleurs, des médias israéliens ont fait état d’un incident sécuritaire « très difficile et grave » dans le sud du Liban, le qualifiant comme l’un des plus durs qu’« Israël » ait connus, suite au passage d’un char sur un engin explosif « hors du commun », en plus d’un bombardement de roquettes ayant ciblé une force israélienne, ce qui a entraîné la destruction de deux véhicules militaires.

Les médias israéliens ont évoqué l’évacuation de plusieurs blessés dans les rangs de l’armée israélienne depuis le sud du Liban, soulignant que l’incident reste soumis à la censure militaire.

La bataille d’Ali Al-Taher: le nœud stratégique qui scelle le sort de l’occupation au nord du Litani

Il convient de noter que l’accent mis sur cet axe intervient après l’échec des tentatives de progression à travers les vallées de Houjeir, Slouqi, Zaoutar, Yohmor et Ghandouriyeh. Dans ces zones, la topographie difficile a imposé de lourdes contraintes aux mouvements des blindés, les transformant en cibles faciles pour les missiles guidés et les engins explosifs.

L’axe Khardali – Arnoun – Kfar Tibnit est ainsi apparu comme une alternative opérationnelle par laquelle les forces d’occupation ont tenté de surmonter leurs revers dans les vallées, en tirant profit d’un relief de collines et d’espaces ouverts offrant aux véhicules militaires une marge de manœuvre relativement plus large. Cependant, la Résistance s’est employée à transformer également cette voie en un terrain d’usure, grâce à des embuscades complexes et au ciblage continu des forces en progression.

L’importance de la colline d’Ali Al-Taher réside dans le fait qu’elle offre un contrôle visuel et de tir sur de vastes étendues au nord du Litani.

Sa capture constitue donc une condition essentielle pour sécuriser ce qui est qualifié militairement de « tête de pont », nécessaire aux forces d’incursion pour protéger leurs lignes de ravitaillement après la traversée du fleuve.

À l’inverse, le fait que la colline reste hors de contrôle de l’ennemi expose ses forces déployées aux abords d’Arnoun et de la citadelle de Chqif (Beaufort) au risque d’isolement et d’une usure permanente.

Les estimations indiquent que l’échec de l’occupation à asseoir son contrôle sur Kfar Tibnit et Ali Al-Taher transforme son déploiement au nord du fleuve en une poche étroite et isolée. Leurs forces y deviennent vulnérables aux frappes de missiles guidés, d’obus de mortier et de drones, sans disposer de l’avantage topographique qui leur permettrait d’imposer les règles d’engagement.

La poursuite des opérations sur cet axe, malgré les conditions de cessez-le-feu, s’explique par le fait que le commandement militaire israélien le considère comme un « objectif crucial » incontournable. Cela l’a poussé à intensifier les attaques et à engager des forces supplémentaires dans des tentatives répétées de percer les défenses de la Résistance. Par ailleurs, l’augmentation des pertes parmi les officiers israéliens dans ce secteur reflète l’obligation pour les commandants d’unités de se porter en première ligne pour diriger directement les assauts.

En contrepartie, les données du terrain confirment que la Résistance concentre ses efforts sur l’interdiction de tout ancrage israélien permanent sur l’axe Kfar Tibnit – Ali Al-Taher, par conviction que son succès rendra la présence israélienne au nord du fleuve Litani militairement coûteuse et intenable sur le long terme.

En ce sens, la bataille d’Ali Al-Taher dépasse le cadre d’un simple affrontement pour une colline ou une localité spécifique ; elle s’est transformée en un test décisif pour l’avenir du déploiement israélien au nord du Litani, dont l’issue pourrait faire basculer le cours de la bataille dans l’ensemble de ce secteur du Sud-Liban.

Vidéos :

Entre-temps, le Média de guerre de la Résistance a diffusé des images de l’opération menée le 3 juin 2026 au moyen d’un drone d’assaut Ababil, ciblant un véhicule de transport de troupes de l’armée de l’ennemi israélien aux abords de la citadelle historique de Chqif (Beaufort), dans le sud du Liban.

Source : Médias