vendredi, 14/08/2026   
   Beyrouth 16:24

« République islamique de Grande-Bretagne », Netanyahu alimente la peur contre les musulmans

Les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans lesquels il affirmait que le Royaume-Uni pourrait un jour s’appeler « la République islamique de Grande-Bretagne », ont suscité un tollé en Grande-Bretagne, après qu’il a lié le nombre croissant de musulmans dans le pays à son avenir politique et démographique.

Lors d’une interview accordée à la radio de l’armée israélienne, il a déclaré : « Quelqu’un a mentionné que la première république islamique à posséder des armes nucléaires serait la République islamique de Grande-Bretagne », avant d’ajouter : « Et nous veillons à ce qu’il n’y ait pas d’autre république, comme vous le savez, en Iran. »

Ces déclarations ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, accusant Netanyahu d’utiliser une rhétorique anti-islam et d’associer la présence démographique des musulmans en Grande-Bretagne à des risques futurs en matière de sécurité et de politique, sans apporter de preuves pour justifier cette comparaison.

Critiquant directement ses déclarations, le commentateur britannique Piers Morgan, qui compte environ 9 millions d’abonnés sur la plateforme X, a qualifié Netanyahu d’« idiot ».

Gavin Barwell, membre de la Chambre des Lords britannique, a qualifié les déclarations de Netanyahu d’« islamophobie flagrante » et a déclaré que quiconque propage l’idée que les Juifs contrôlent la Grande-Bretagne se livre également à l’antisémitisme, appelant à abandonner la description de Netanyahu comme un « ami de la Grande-Bretagne ».

L’historien et écrivain britannique d’origine indienne William Dalrymple a réclamé que Netanyahu soit déféré devant la Cour pénale internationale de La Haye, l’accusant d’adopter un discours raciste et anti-islamique.

Parmi les militants et blogueurs britanniques, certains ont perçu les déclarations de Netanyahu comme ayant des implications dangereuses pour l’avenir de la Grande-Bretagne, tandis que d’autres les ont considérées comme une tentative de dépeindre les musulmans comme une menace démographique et sécuritaire.

Des militants ont déclaré que l’idée selon laquelle la Grande-Bretagne pourrait devenir un « État islamique » ne repose pas sur des preuves ou des données claires, mais plutôt sur des suppositions liées à l’évolution démographique du pays.

D’autres ont qualifié les déclarations de Netanyahu « de généralisation abusive » en présentant l’appartenance religieuse en une menace potentielle, et ils considèrent que « sa rhétorique alimente les peurs et l’hostilité envers les musulmans ».

Le nombre de musulmans au Royaume-Uni est d’environ 4 millions, soit environ 6 % de la population totale, selon les données du recensement et les rapports statistiques publiés par l’Office national des statistiques britannique et le Conseil musulman de Grande-Bretagne.

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu tient des propos similaires sur les musulmans d’Europe. Dans une interview accordée à Fox News fin juillet, il a répondu lorsqu’il a été interrogé sur les raisons pour lesquelles il étudie l’arabe : “Parce que je veux pouvoir aller à Londres et à Paris.»

Ces déclarations interviennent dans un contexte de débat croissant au sein de la Grande-Bretagne sur sa politique envers Israël et la guerre à Gaza, en plus de changements politiques internes susceptibles d’inciter Londres à adopter des positions plus fermes à l’égard du gouvernement israélien.

Les critiques accusent Netanyahu semblaient de détourner au Royaume-Uni l’attention vers les musulmans et l’évolution démographique plutôt que vers les enjeux politiques des relations entre les deux pays.

Source : Divers