vendredi, 14/08/2026   
   Beyrouth 15:42

Mufti Qabalane met en garde contre « les manœuvres occultes »

Le distingué mufti Jaafari, Cheikh Ahmad Qabalane, a de nouveau critiqué les dirigeants libanais auxquels il a reproché de faire « ce qui plaît à Washington ». Il a mis en garde contre les manœuvres occultes et les listes de négociations secrètes.    

Lors du sermon du vendredi à la mosquée de l’Imam Hussein à Bourj al-Barajneh, il a déclaré : « Le Liban est un pays fondé sur le partenariat national, et non sur le favoritisme du groupe dirigeant et ses engagements annexes qui portent atteinte à la souveraineté du pays. Ce groupe dirigeant place le Liban face à un dilemme : soit au cœur des conflits les plus dangereux, soit à l’abri de ces mêmes conflits. Malheureusement, ce qu’il pratique est une négation de la souveraineté, une catastrophe nationale et une honte nationale que toutes les mers du monde ne sauraient effacer, car ce qui compte pour lui au Liban, c’est ce qui plaît à Washington. »

Le mufti Qabalane a appelé à « protéger les fondements du pays, le pouvoir historique et le partenariat constitutionnel de toute influence extérieure de cette autorité, afin de ne pas perdre le Liban. Méfiez-vous des manœuvres occultes et des listes de négociations secrètes. Ce qui se trame en secret représente une menace directe pour l’entité libanaise elle-même. Nous aspirons à un Liban fondé sur un partenariat national qui garantisse l’alliance entre l’islam et le christianisme. La solution réside dans le développement politique, afin d’empêcher que les jeux de pouvoir individuels ne mettent à mal l’unité historique du Liban. »

Le mufti Qabalane a insisté sur « la mise en œuvre de l’Accord de Taëf et la nécessité de mobiliser tous les efforts nationaux pour organiser des élections parlementaires en dehors de tout contexte confessionnel. Nous n’accepterons aucun engagement formel qui aille à l’encontre du pouvoir représentatif ».

Evoquant la victoire de la résistance en 2006, il a dit : « La date du 14 août 2006 est la preuve absolue de la nécessité d’une résistance souveraine et de son caractère indispensable à la nation. Aujourd’hui est comme hier, et sans la résistance d’hier et d’aujourd’hui, le Liban n’existerait plus. Or, l’abandon du Sud-Liban par le pouvoir en place se transforme en catastrophe historique, comme si l’hostilité de ce pouvoir envers le Sud et sa population était une nécessité existentielle, une nécessité qui relève de la folie et de la soumission. »

Cheikh Qabalane a aussi souligné que « le moment est venu de protéger le Sud, et non de l’assiéger et de l’étrangler, et d’empêcher les services gouvernementaux et les capacités de défense de l’atteindre. De là, je dis que cette autorité subit la pire forme de dépendance et les concessions de souveraineté les plus dangereuses, et aujourd’hui, les portes du pays sont fermées, sauf celle du président Nabih Berri. »

Et de conclure : « Parce que le pays est déchiré par cette autorité manipulée de l’étranger, et pour éviter qu’il ne sombre dans le chaos, un accord saoudo-irano-libanais doit être trouvé afin de protéger la patrie du pire des phénomènes politiques. Malgré la distance qui les sépare, l’Arabie saoudite et l’Iran se rapprocheront sur le plan régional en raison des transformations en cours dans la région et de la convergence de leurs intérêts. Le Liban pourra alors enfin pousser un soupir de soulagement, car cet accord régional permettra de se débarrasser de la pire équipe politique qui ait jamais marqué et continue de marquer l’histoire du Liban. »

Source : Agence