jeudi, 14/05/2026   
   Beyrouth 11:24

Un juge américain suspend les sanctions contre Albanese

Un juge fédéral américain a suspendu temporairement mercredi les sanctions imposées à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, après avoir conclu que l’administration américaine avait « vraisemblablement violé son droit à la liberté d’expression en imposant ces mesures suite à ses critiques de la guerre menée par Israël contre Gaza ».

En février 2025, le président Donald Trump a signé un décret imposant des sanctions à de hauts responsables et employés de la Cour pénale internationale en réponse à l’émission de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.

En juillet dernier, les États-Unis ont imposé des sanctions à Albanese, qui a documenté le génocide israélien des Palestiniens dans la bande de Gaza dans plusieurs rapports et a demandé que les parties et les individus impliqués soient poursuivis en justice. Ces sanctions ont été présentées comme faisant partie d’une stratégie américaine plus large visant à affaiblir les mécanismes internationaux de responsabilité.

Le mari et la fille d’Albanese, qui est citoyenne américaine, ont intenté un procès contre l’administration Trump en février dernier, affirmant que les sanctions américaines « la privent effectivement d’opérations bancaires et rendent pratiquement impossible la satisfaction de ses besoins quotidiens ».

Le juge fédéral Richard Leon, à Washington, a conclu que le fait qu’Albanese réside hors des États-Unis ne diminuait pas la protection que lui accorde le premier amendement de la Constitution américaine, et que l’administration Trump cherchait à restreindre la liberté d’expression en raison de « l’idée ou du message qu’elle a exprimé ».

Albanese, une avocate italienne, a publié plusieurs rapports en sa qualité de procureure générale documentant le génocide israélien contre les Palestiniens à Gaza depuis octobre 2023.

La semaine dernière, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a remis à Albanese l’Ordre du Mérite civil « en reconnaissance de ses efforts pour documenter et condamner les violations israéliennes du droit international dans la bande de Gaza ».

Sanchez a appelé la Commission européenne à activer le « mécanisme de blocage » afin de suspendre les sanctions américaines imposées à Albanese et de protéger l’indépendance des juges et des procureurs de la Cour pénale internationale qui enquêtent sur le génocide dans la bande de Gaza.

Le « mécanisme de blocage » est un moyen qui permet à l’Union européenne de ne pas se conformer aux lois et décisions d’autres pays qui affectent ses intérêts.

Malgré les sanctions et les pressions auxquelles elle a été confrontée, Albanese n’a pas renoncé à ses positions et a continué à publier des rapports cinglants sur les activités d’Israël, notamment son dernier rapport publié ce mois-ci, qui accuse plus de 60 entreprises mondiales – dont des entreprises d’armement et de technologie bien connues – de soutenir les opérations militaires israéliennes à Gaza et les colonies en Cisjordanie

Source : Médias