Le Secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a affirmé que le pouvoir au Liban ne peut perdurer tout en bradant les droits du Liban, en cédant du terrain et en affrontant son peuple résistant.
Dans un communiqué publié ce lundi 27 avril, Cheikh Qassem a réitéré son rejet catégorique des négociations directes, adressé une mise en garde sévère contre les concessions du pouvoir libanais et fait la promesse historique de libérer chaque millimètre du territoire.
Communiqué intégral de Cheikh Qassem :
« L’ennemi israélien, soutenu par le tyran américain, a parié sur la fin du Hezbollah, de sa Résistance islamique et de la base populaire soudée à la Résistance, à la fierté et à l’honneur. Il n’a épargné aucun moyen, crime ou complot sans l’emprunter, mais il n’a pas réussi depuis le début de la bataille des « Puissants » (Ouli al-Bas) le 23 septembre 2024 jusqu’à présent.
Le pari décisif de l’ennemi était le 2 mars 2026 ; nous y avons fait face avec la bataille de « l’Herbe dévorée » (Al-Asf al-Ma’koul).
L’ennemi israélien, ses parrains vaincus et le monde entier ont été surpris par la résilience des combattants, leur bravoure et leur force, ainsi que par la diversité et l’efficacité de leurs méthodes de combat, sous un commandement et un contrôle parfaitement maîtrisés.
Le ralliement exceptionnel du peuple autour de la Résistance, malgré le déplacement et les grands sacrifices, a été déterminant. L’ennemi est arrivé dans une impasse : cette Résistance continue, elle est forte et ne peut être vaincue.
Dans ce climat de sacrifice, de fierté et de défaite de l’ennemi, le pouvoir s’est empressé de faire une concession gratuite et humiliante, sans aucune nécessité, dont la seule justification est la soumission sans contrepartie, pas même celle d’un « souffle de chèvre ».
Nous rejetons catégoriquement la négociation directe. Que les détenteurs du pouvoir sachent que leur performance ne servira ni le Liban ni eux-mêmes : ce que l’ennemi israélo-américain attend d’eux n’est pas entre leurs mains, et ce qu’ils attendent de lui, il ne leur donnera pas.
La porte d’entrée et la solution résident dans l’obtention des cinq points suivants avant toute chose : l’arrêt de l’agression par terre, mer et air ; le retrait d’Israël des territoires occupés ; la libération des prisonniers ; le retour des habitants dans tous leurs villages et villes ; et la reconstruction.
Ce pouvoir ne peut perdurer tout en bradant les droits du Liban, en cédant du terrain et en affrontant son peuple résistant. Il doit revenir vers son peuple pour le rassembler, afin de ne pas être le pouvoir d’une fraction mais celui du peuple, conformément au consensus de l’accord de Taëf, notre constitution actuelle. Sa responsabilité est de revenir sur ses fautes graves qui placent le Liban dans une spirale d’instabilité. Il est responsable de l’arrêt des négociations directes avec l’ennemi israélien pour revenir aux négociations indirectes, et de l’annulation de sa décision du 2 mars qui criminalise la Résistance et son peuple — soit plus de la moitié des Libanais — afin de permettre un dialogue interne plaçant l’intérêt du Liban au-dessus de toute considération, sans se soumettre aux diktats israéliens et extérieurs.
L’approche de la solution part du fait que le problème est l’agression et que la Résistance est une réaction et non une cause. L’arme de la Résistance sert à repousser l’agression ; c’est une arme défensive pour l’existence face à l’occupation israélienne et à la révélation des objectifs de l’ennemi visant à occuper le Liban comme partie intégrante du « Grand Israël ».
Nous ne renoncerons ni aux armes ni à la défense. Le terrain a prouvé la préparation de la Résistance pour l’épopée de Karbala. Les sacrifices sont lourds, mais ils sont le prix de la libération et d’une vie digne, assumés par notre grand peuple libanais aux côtés de sa noble Résistance comme l’un de deux choix : la libération et la fierté, ou l’occupation et l’humiliation. Et loin de nous l’humiliation !
Quant aux partisans de la capitulation, leur cas est étrange ! Ils ne sont pas visés, paient avec le crédit des autres et acceptent les miettes du pouvoir au prix de l’extermination de leurs frères et de l’occupation d’une partie du Liban.
Revenez à l’unité nationale : tout le monde y gagnera et les ennemis perdront.
Le cessez-le-feu n’aurait pas eu lieu sans la République islamique d’Iran lors des discussions au Pakistan, après la résilience légendaire de la Résistance et du peuple au Liban. Merci à l’Iran.
Pourquoi le pouvoir s’est-il montré si dur ? Si le cessez-le-feu vient de n’importe quel médiateur, nous devons l’accepter, mais personne ne négociera les conditions du Liban, si ce n’est le Liban lui-même.
Le « Mercredi Noir Sanglant » a vu l’agression israélienne sur Beyrouth et tout le Liban avec 200 raids en dix minutes, faisant plus de 300 martyrs civils et 1 200 blessés.
L’ennemi a justifié cela en disant que le pouvoir libanais n’était pas concerné par le cessez-le-feu ! Le pouvoir a alors réagi par le mardi de la honte à Washington en réunion directe avec l’ennemi.
Le Département d’État américain a ensuite publié un accord mentionnant la signature du gouvernement libanais sans réunion préalable, prévoyant un cessez-le-feu unilatéral libanais, donnant les mains libres à ‘Israël’ et actant la nécessité de « freiner les activités du Hezbollah et des groupes rebelles ».
Nous n’avons entendu aucun commentaire des officiels ! Le pouvoir a-t-il décidé de travailler main dans la main avec l’ennemi contre son propre peuple ?
Nous espérons toujours que le pouvoir revienne sur ses fautes.
Que cela soit clair : ces négociations directes et leurs résultats sont pour nous inexistants.
Nous poursuivons notre résistance défensive ; nous ne reviendrons pas à l’avant-2 mars. Nous répondrons à l’agression israélienne et nous l’affronterons. Quelles que soient les menaces, nous ne reculerons pas et ne plierons pas.
Menacez autant que vous voulez, les hommes de Dieu sur le terrain ne baissent pas la tête ; ils soumettent les tyrans de la terre. Nous ferons front commun avec tous les gens d’honneur, avec le mouvement Amal, les forces nationales et les personnalités de toutes les confessions.
Nous ne trahirons pas le sang des martyrs, dépôt sacré à nos cous, avec à leur tête le Maître des martyrs, Sayed Hassan Nasrallah, Sayed Hachem et tous les martyrs, ainsi que les blessures des blessés, les souffrances des prisonniers et les sacrifices des déplacés.
Ne nous interrogez pas sur nos capacités ; elles ne se mesurent pas en mois ou en années. Elles reposent sur une trilogie inépuisable : la Foi, la Volonté et la Capacité. Regardez la résilience des moudjahidines et la promesse de Dieu : {Nous secourrons certes Nos messagers et ceux qui croient, dans la vie présente tout comme au jour où les témoins se dresseront} (Ghafir, 51). Nos capacités sont sans limites.
Notez ceci pour l’histoire : l’ennemi israélien ne restera pas sur un seul pouce de notre terre occupée, et notre peuple retournera sur ses terres jusqu’au dernier millimètre de nos frontières sud avec la Palestine occupée. Ô notre peuple, comme nous avons résisté ensemble, nous reconstruirons ensemble.
Bienvenue à tous ceux qui aident le Liban et soutiennent sa libération. Et ne sont pas les bienvenus ceux qui servent les exigences de l’ennemi et cherchent à briser la force du Liban ».
Source : Al-Manar
