lundi, 14/09/2026   
   Beyrouth 14:22

Téhéran : les évolutions au Yémen ont poussé l’Arabie saoudite à demander le report de la réunion à Oman

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a révélé que « l’Arabie saoudite a demandé le report à une date ultérieure la réunion de Salalah à Oman, consacrée à la sécurité de la navigation dans la région, en raison des développements en cours au Yémen ».

Baghaï a expliqué que « l’accord conclu entre l’Iran et Oman concernant les passages maritimes relève de la souveraineté des deux pays », affirmant que « Téhéran n’intervient pas dans les affaires yéménites ». « Certains États exploitent la situation actuelle pour formuler des accusations contre l’Iran », a-t-il ajouté.

Il a ajouté que « les Yéménites font face à l’agression et au blocus depuis 12 ans et ont entrepris des démarches pour faire valoir leurs droits », appelant les pays de la région « à reconnaître les réalités et à cesser d’imputer la responsabilité aux autres », tout en considérant que « la répétition des mensonges finit par convaincre ceux qui les profèrent ».

Baghaï a par ailleurs démenti les allégations d’officiels américains concernant une implication iranienne dans des attaques lancées depuis l’Irak vers l’Arabie saoudite, qualifiant ces accusations de « purs mensonges ».

Ormuz: les mesures américaines à l’origine de l’insécurité

S’agissant du détroit d’Ormuz, Baghaï a déclaré que sa sécurité relève de la responsabilité des deux États riverains, affirmant que l’Iran mesure pleinement ses responsabilités envers la région et la communauté internationale, et que l’Iran « ne peut être isolé ».

Il a estimé que les mesures illégales des États-Unis constituent la cause principale de l’insécurité dans le détroit, soulignant qu’il est « impossible d’ignorer la cause pour se concentrer uniquement sur les procédures de transit iraniennes ». Il a appelé les pays de la région et la communauté internationale à faire porter la responsabilité aux États-Unis, réaffirmant que l’instabilité à Ormuz découle des agissements américains.

Il a précisé que ce que les États-Unis et d’autres nations souhaitent débattre « n’affectera ni les priorités ni la volonté de l’Iran », certifiant que Téhéran continuera de prendre les mesures jugées nécessaires face à la poursuite des actes d’agression américains, du blocus maritime et des autres violations du droit international.

Le débat sur la dissuasion nucléaire n’a rien de surprenant

Concernant le dossier nucléaire, Baghaï a indiqué que la politique de l’Iran relative à sa doctrine nucléaire reste claire, jugeant qu’évoquer la dissuasion nucléaire dans le contexte des attaques et sabotages ayant visé les installations iraniennes « n’a rien de surprenant ».

Il a ajouté que les adversaires de l’Iran sapent la philosophie du Traité de non-prolifération (TNP) en ne réalisant aucun progrès en matière de désarmement et de non-prolifération, tout en entravant le droit des États à l’usage civil de l’énergie nucléaire.

Il a rappelé que les installations nucléaires iraniennes ont subi des dizaines d’actes de sabotage, en dépit du contrôle exercé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des engagements de l’Iran au titre des accords de garanties, estimant que ces circonstances expliquent les débats menés par les experts et responsables iraniens au sujet de la dissuasion et du dossier nucléaire.

Baghaï a souligné que les accusations de détournement du programme nucléaire iranien de ses fins civiles se répètent depuis 30 ans, bien qu’aucun rapport de l’AIEA n’ait jamais établi une « non-conformité » de l’Iran, affirmant que son pays a agi avec responsabilité, conformément à ses obligations légales et à ses engagements de garanties, tout en fournissant les informations requises.

Le sous-marin américain qualifié de « prise de guerre »

Au sujet de la confrontation avec les États-Unis, Baghaï a déclaré : « Le sous-marin américain n’a pas été arraisonné, il a été saisi comme prise de guerre, et les prises de guerre sont de droit. »

Il a exigé des États-Unis qu’ils mettent fin à leurs mesures illégales et ingérences, indemnissent les dommages causés à l’Iran, et mettent un terme aux sanctions ainsi qu’à la guerre économique, affirmant que Téhéran continuera d’adopter les « mesures fermes nécessaires » tant que Washington maintiendra ses actes d’agression, son blocus maritime et ses violations du droit international.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, avait annoncé hier tard dans la soirée le report de la réunion régionale prévue aujourd’hui, précisant que cette décision avait été prise « dans un souci de consensus ».

Source : Médias