lundi, 14/09/2026   
   Beyrouth 10:35

Calcinées et lourdement endommagées : les images satellites révèlent l’ampleur des dégâts subis par les oléoducs saoudiens

Les images satellites ont révélé l’ampleur des dégâts infligés aux principaux oléoducs saoudiens, ravivant les craintes quant à l’approvisionnement pétrolier mondial, selon le quotidien The Guardian.

Le journal souligne que « les Saoudiens n’ont pas encore fourni de détails sur les dommages causés par l’attaque de drones contre l’oléoduc principal Est-Ouest menant à la mer Rouge, qui pourrait impacter près de 4 % de l’offre mondiale de pétrole ».

Des acheteurs et des négociants de pétrole saoudien ont indiqué que le Royaume épuisera ses stocks destinés à l’exportation s’il ne remet pas en service, d’ici quelques jours, l’oléoduc majeur acheminant le pétrole vers la mer Rouge — endommagé par une attaque de drones —, ce qui pourrait entraîner une perte allant jusqu’à 4 % des approvisionnements mondiaux.

Des clichés satellites publiés dimanche soir ont montré une station de pompage appartenant à l’oléoduc stratégique saoudien (qui s’étire d’est en ouest sur 1 200 kilomètres) totalement calcinée et très lourdement endommagée, à la suite d’attaques de drones survenues vendredi.

Toute contraction supplémentaire des flux de brut en provenance de l’Arabie saoudite — premier exportateur mondial — accentuerait la crise mondiale de l’approvisionnement, qui a déjà propulsé les cours mondiaux du carburant à des niveaux records et alimenté l’inflation à travers le monde.

D’autres images satellites viennent ont révélé de nouveaux dommages subis par l’installation de stockage de produits pétroliers d’Aramco à Jizan.

Ces révélations surviennent alors que les forces armées yéménites ont mené des attaques contre des cibles au cœur de l’Arabie saoudite et pris le contrôle de l’île stratégique de Périm, située dans le détroit de Bab al-Mandab, élargissant ainsi leur emprise sur ce verrou maritime névralgique.

Dimanche, le cours du brut Brent — référence internationale du pétrole — a bondi de plus de 3,4 % pour atteindre 108 dollars le baril, un sommet inédit depuis le mois de mai.

Depuis que les attaques de drones ont provoqué la mise à l’arrêt de l’oléoduc, Riyad n’a toujours pas communiqué de détails complets sur l’étendue des dégâts ni sur la durée de l’interruption du flux ; l’Arabie saoudite ayant attribué l’attaque à des drones tirés par des militants en Irak.

Des sources interrogées par l’agence Reuters ont livré des estimations divergentes : l’une d’elles signale que la réparation des dégâts pourrait nécessiter jusqu’à six semaines, tandis qu’une autre avance la possibilité d’un rétablissement plus rapide, avec une reprise partielle du pompage durant la poursuite des travaux.

Aucun commentaire immédiat n’a été émis par le bureau de presse du gouvernement saoudien ou par le ministère de l’Énergie.

Au cours des six derniers mois, l’oléoduc traversant le désert de la péninsule Arabique a épargné à l’Arabie saoudite le contrecoup de la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a paralysé les exportations de ses voisins.

Le Royaume — en sa qualité de premier exportateur mondial de brut — a exploité cet oléoduc pour dérouter environ 4 millions de barils par jour (soit l’équivalent de près de 4 % de l’offre mondiale) vers le port de Yanbu sur la mer Rouge. Toutefois, l’oléoduc étant hors service, le port de Yanbu ne dispose plus que de stocks suffisants pour maintenir ses exportations pendant 5 à 7 jours seulement, selon trois sources du secteur pétrolier au fait des opérations d’exportation saoudiennes s’confiant au Guardian.

Une quatrième source a indiqué que l’Arabie saoudite dispose également de réserves permettant d’approvisionner ses clients durant quelques jours via les ports égyptiens d’Aïn Sokhna (sur la mer Rouge) et de Sidi Kerir (sur la Méditerranée).

Les quatre sources ont confirmé que ces stocks ne sont pas totalement remplis et qu’ils finiront par s’épuiser si l’exploitation de l’oléoduc Est-Ouest ne reprend pas.

Avec la flambée des cours du pétrole, les espoirs d’une percée diplomatique à court terme se sont évaporés, après l’annonce dimanche soir par le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, du report de la réunion régionale qui devait se tenir lundi, « dans un souci de consensus ».

Des responsables iraniens avaient pourtant affirmé qu’ils assisteraient à cette réunion avec les États arabes du Golfe pour présenter un accord conclu avec le sultanat d’Oman concernant la régulation de la navigation à travers le détroit d’Ormuz.

Les perturbations sur les livraisons de brut ont entraîné dans leur sillage une hausse des prix des produits pétroliers raffinés, comme l’essence et le gazole, les prix du gazole aux États-Unis franchissant vendredi un record historique, dépassant la barre des 6 dollars le gallon en moyenne.

Source : Médias