Le quotidien israélien Israel Hayom a rapporté que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a sollicité l’aide de plusieurs pays de la région pour faire face aux forces armées yéménites, précisant que Riyad a adressé une demande indirecte à « Israël » par l’intermédiaire du Commandement central américain (CENTCOM).
Citant des sources diplomatiques régionales, le journal indique que la requête saoudienne comprend l’obtention d’un soutien, notamment en matière de renseignement, afin d’empêcher les Yéménites de fermer le détroit de Bab al-Mandab.
Dans ce cadre, la publication rapporte que Riyad a demandé l’assistance de Washington pour contrer les forces armées yéménites et stopper leur progression dans la zone de Bab al-Mandab. Toutefois, le président américain Donald Trump n’a pas répondu à cette demande d’intervention militaire directe, contraignant l’Arabie saoudite à explorer d’autres options dans la région.
Selon le quotidien, Riyad s’est directement tourné vers des pays du Golfe ainsi que vers l’Égypte pour obtenir de l’aide, alors qu’elle fait face à de vives inquiétudes quant à ses voies d’exportation pétrolière, sur fond de tensions dans le détroit d’Ormuz et de menaces pesant sur la navigation à Bab al-Mandab.
Israel Hayom estime que cette démarche intervient alors que l’Arabie saoudite se trouve dans une « impasse », trois des axes fondamentaux de ses exportations pétrolières étant simultanément menacés : le détroit d’Ormuz à l’est, Bab al-Mandab au sud, et la voie terrestre menant à la mer Rouge.
Le journal établit un lien entre ces développements et la réunion prévue à Oman entre les ministres des Affaires étrangères des pays du Golfe et le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, évoquant des démarches omanaises et iraniennes pour parvenir à un arrangement temporaire devant faciliter la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Il souligne par ailleurs que ce rapprochement des pays du Golfe vers Téhéran s’inscrit dans la recherche de solutions face aux pressions actuelles, et « non comme un rapprochement politique avec l’Iran ».
Israel Hayom considère également que ces contacts à Oman envoient un message à Washington : si les États-Unis ne fournissent pas de issue à la crise, les États du Golfe pourraient se résoudre à des ententes partielles avec Téhéran, sans pour autant basculer dans son orbite.
Rapport : l’Arabie saoudite demande l’aide d’« Israël » pour affronter Sanaa et protéger Bab al-Mandab
Dans le même registre, le site israélien i24NEWS a rapporté que l’Arabie saoudite cherche à obtenir un appui régional pour faire face aux Yéménites, sur fond de pressions accrues et de menaces ciblant des voies majeures dont dépend le Royaume pour ses exportations pétrolières.
Le site souligne l’accentuation des pressions sur l’Arabie saoudite en raison de la position américaine, rappelant que Riyad a, selon des rapports, sollicité l’aide de Washington pour contrer les forces armées yéménites et enrayer leur avance à Bab al-Mandab, mais que le président américain Donald Trump « n’a pas répondu à la demande d’intervention militaire directe ».
Par ailleurs, l’analyste des questions militaires d’ Israel Hayom estime que les récents développements au Yémen comportent des répercussions négatives pour « Israël », considérant que le contrôle du détroit de Bab al-Mandab par les forces armées yéménites « porte atteinte au commerce maritime mondial et renforce le statut régional de l’Iran », au moment où les États-Unis esquivent un nouvel affrontement.
L’analyste pointe la déclaration du président américain Donald Trump ce week-end, affirmant que « les Houthis ne veulent pas nous combattre », y voyant un recul par rapport à la posture que Trump tentait d’afficher durant la première moitié de son second mandat. Il juge probable que le président américain cherche à éviter l’ouverture d’un front militaire supplémentaire à la veille des élections de mi-mandat, sur fond de rapports faisant état de problèmes de préparation de l’armée américaine et de pénuries de munitions.
Il rappelle que Trump avait déclaré la guerre à Sanaa l’année dernière avant de s’en retirer quelques semaines plus tard, laissant « Israël » seul face à eux. Selon l’analyste, il adopte aujourd’hui une posture similaire envers l’Arabie saoudite qui sollicitait l’aide américaine.
Pour l’analyste du quotidien, les pertes financières essuyées par Riyad et la perturbation de ses exportations pétrolières pourraient la pousser à se rapprocher de l’Iran, ou à consolider ses alliances avec d’autres puissances régionales, notamment la Turquie, le Pakistan et le Qatar.
« Israël » se prépare à l’éventualité d’une reprise des hostilités avec le Yémen
Concernant la position israélienne, l’analyste indique qu’« Israël » n’intervient pas à ce stade dans les évolutions en cours au Yémen, en dépit du préjudice direct porté à son commerce maritime et des retombées régionales de « la montée en puissance de Sanaa ».
Il rappelle qu’« Israël » a éliminé l’année dernière plusieurs dirigeants politiques et militaires du gouvernement yéménite, tout en estimant qu’il n’a pas évalué à sa juste valeur le rapport de forces interne au Yémen ni leur capacité réelle.
Et de conclure qu’« Israël » doit se préparer à la possibilité d’une reprise de l’affrontement avec les forces armées yéménites, « qu’il en prenne lui-même l’initiative ou qu’il y soit entraîné à la suite des manœuvres de Sanaa ».
Source : Médias
