Des informations font état du développement d’une infrastructure militaire et sécuritaire dans la zone de Bashqal, dans la région du Moyen-Shabelle, près du site où Ankara construit une base spatiale stratégique aux abords de Warsheikh, ville côtière de l’océan Indien.
Des médias somaliens, citant des sources sécuritaires et locales, ont rapporté que la zone située entre Adli et Warsheikh voit se développer des installations destinées à soutenir et sécuriser le projet turc. Ces installations devraient comprendre des bases terrestres, un aérodrome et une base navale côtière. Ce développement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la présence turque en Somalie qui, au cours des 15 dernières années, est passée de l’aide humanitaire et des investissements civils à la coopération dans les domaines de la sécurité, de la défense, de l’énergie et des technologies spatiales.
En février 2014, Ankara et Mogadiscio ont signé un accord de coopération économique et de défense d’une durée de dix ans. Cet accord prévoit le renforcement des capacités de la marine somalienne, la protection des eaux territoriales et la lutte contre le terrorisme, la piraterie et autres activités illégales. Depuis 2017, la Turquie exploite également à Mogadiscio son plus grand centre d’entraînement militaire à l’étranger.
Un projet spatial à dimension militaire
En juillet, le quotidien français Le Monde a révélé que le site construit par la Turquie près de Warsheyk, au nord de la capitale Mogadiscio, est conçu pour combiner une base de lancement de satellites et un centre d’essais de missiles balistiques. Selon le journal, les travaux ont débuté discrètement en octobre 2025, avant que la coopération spatiale entre la Turquie et la Somalie ne soit officiellement officialisée en décembre de la même année.
Le projet est estimé à environ 350 millions de dollars, la première phase devant être achevée d’ici l’été 2027. Des images satellites, d’après Le Monde, montrent la construction d’une hélisurface, d’installations, de fortifications, de bâtiments et d’entrepôts sur le site. Le quotidien français a également cité une enquête publiée par le site web Middle East Forum, indiquant que le site pourrait accueillir des essais de systèmes de missiles d’une portée allant jusqu’à 2 000 kilomètres.
Préoccupations israéliennes
Par ailleurs, la dimension militaire du projet a suscité l’intérêt des médias israéliens. Le Jerusalem Post a suggéré que le site de Warshafak pourrait conférer à Ankara des capacités de projection de puissance accrues en mer Rouge, dans la Corne de l’Afrique et dans l’océan Indien. Le journal a noté que la portée des missiles annoncée ne place pas « Israël » à portée potentielle des systèmes lancés depuis le site, mais qu’elle place le Somaliland à portée possible, compte tenu de ses liens militaires et politiques croissants avec Tel-Aviv.
Le Monde a révélé, à partir d’images satellites, d’importants travaux d’agrandissement d’une installation militaire construite par les Émirats arabes unis à Berbera, qui, selon le journal, est également en cours d’aménagement pour servir les intérêts américains et israéliens dans la région.
L’implication massive de la Turquie en Somalie a débuté en 2011, avant de s’étendre aux secteurs des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de la défense. Avec l’ouverture de la base militaire turque à Mogadiscio en 2017, suivie de l’accord de défense maritime en 2024 et des projets énergétiques et spatiaux ultérieurs, la Somalie est devenue l’un des points d’appui les plus importants de la Turquie en Afrique.
Source : Médias
