jeudi, 06/08/2026   
   Beyrouth 17:21

Aucune avancée dans les négociations de Rome. Israël refuse les revendications libanaises

A Zawtar al-Gharbiya au sud du Liban

La deuxième journée de négociations entre le Liban et l’entité sioniste à Rome s’est conclue sans avancée majeure, la délégation israélienne ayant refusé de fournir des réponses politiques claires concernant plusieurs revendications libanaises.

Selon des sources officielles libanaises, la délégation israélienne s’est rendue à Rome avec une liste d’exigences qu’elle considérait comme des conditions préalables au succès des négociations.

La principale revendication était la réaffirmation du cessez-le-feu et l’arrêt de toutes les formes d’agression israélienne, notamment les démolitions, les bombardements, les travaux de terrassement et les incendies de maisons.

La délégation a également présenté une proposition concernant les tunnels et autres installations, demandant la cessation des explosions qui causent des dégâts considérables et la prise de contrôle directe de ces sites par l’armée libanaise. Cependant, la délégation israélienne a refusé de s’engager à cesser ses opérations, voire même de répondre clairement à ces exigences.

La question des zones expérimentales a constitué le principal point de désaccord. La délégation libanaise a commencé par évoquer l’expérience de Zawtar al-Gharbiya, rejetant son statut de modèle réussi et généralisable, étant donné que le retrait israélien était incomplet. Les forces d’occupation maintiennent des positions selon lesquelles le Liban considère cette zone comme faisant partie de celle qui était censée avoir été entièrement évacuée.

La délégation libanaise a également exprimé ses inquiétudes quant à la poursuite des attaques israéliennes contre l’armée libanaise malgré son déploiement dans la région, estimant que cela jetait un sérieux doute sur l’engagement d’Israël à respecter les accords conclus. Pour étayer sa position, la délégation a présenté des cartes documentant le déploiement des unités de l’armée et a insisté sur la nécessité d’un mécanisme ou d’un organisme indépendant chargé de vérifier la mise en œuvre des engagements sur le terrain, afin que l’évaluation du retrait ou du respect des engagements ne soit pas soumise à la version israélienne.

Les sessions ont été l’occasion de discussions approfondies sur le mécanisme de vérification de la mise en œuvre de l’accord, notamment sur des propositions visant à impliquer la France, l’Italie et d’autres pays européens dans le suivi du retrait israélien et du déploiement de l’armée libanaise dans les zones pilotes.

Cependant, Israël a rejeté plusieurs options, qu’il s’agisse de confier cette tâche aux forces de la FINUL ou au contingent italien participant à l’opération. Les États-Unis, quant à eux, n’ont manifesté aucune volonté d’envoyer des troupes ni d’assumer une vérification directe, préférant se limiter au rôle de coordinateur et de garant politique, laissant ainsi la question du mécanisme de vérification en suspens.

Parallèlement, la délégation libanaise a proposé de passer à une deuxième phase englobant les zones de Bint Jbeil et de Khiam, compte tenu de leur importance géographique, démographique et symbolique, considérant le retrait israélien de ces zones comme une avancée significative dans la mise en œuvre de l’accord. Elle a également proposé des alternatives, notamment Zawtar al-Charqiya et des zones du district de Nabatiyeh, si la proposition initiale était rejetée. Toutefois, Israël a refusé d’étendre le périmètre des zones pilotes, un point que les médias israéliens avaient déjà souligné avant le début de la deuxième journée de sessions.

La délégation libanaise a souligné que le succès de toute zone pilote repose sur quatre conditions interdépendantes : un retrait israélien complet et sans équivoque, un mécanisme indépendant de vérification de sa mise en œuvre, le déploiement de l’armée libanaise et la cessation totale des attaques israéliennes. Sans ces garanties, le Liban estime que l’extension du programme pilote ne fera que reproduire les problèmes qui ont entravé le projet pilote de Zawtar al-Gharbiya.

Les autorités libanaises ont néanmoins persisté dans leur déni, affirmant que la délégation de négociation avait obtenu l’accord d’Israël pour inscrire la question de la frontière terrestre à l’ordre du jour, conformément aux directives du président Joseph Aoun. Elles ont soutenu avoir présenté une proposition détaillée concernant cette frontière, étayée par des cartes et des documents juridiques et techniques.

La proposition libanaise insistait sur la nécessité de délimiter la frontière internationale et de régler les treize points de désaccord, couvrant une superficie d’environ un demi-million de mètres carrés, ainsi que sur les violations israéliennes le long de la Ligne bleue entre Naqoura et Wazzani, et sur le rétablissement des bornes frontalières, dont une grande partie avait été détruite lors du dernier conflit. Selon les médias israéliens, la partie israélienne n’a pris aucun engagement concret et s’est contentée d’accepter de discuter de la question.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar