lundi, 21/09/2026   
   Beyrouth 08:22

Activation de l’équation « capitale pour capitale »: Sanaa sur le point de reprendre l’ensemble de Taëz

Par Rachid al-Haddad

Parallèlement à l’intensification de ses opérations dans le cœur du territoire saoudien — dont le périmètre s’est élargi pour frapper des cibles inédites en riposte à l’agression saoudienne contre le Yémen, notamment à Riyad —, les forces du mouvement Ansarullah ont progressé sur les fronts du sud de Taëz et de l’ouest de la province de Lahij.

Une avancée considérée par des observateurs comme le prélude à la reprise complète de la ville de Taëz. Dans la foulée, les mises en garde des groupes affiliés à l’Arabie saoudite se sont multipliées quant aux risques d’effondrement de ces fronts, d’autant que les forces de Sanaa sont parvenues à prendre le contrôle de vastes zones du district de Chamaytein et s’approchent de la prise des hauteurs stratégiques des monts Rassen, qui dominent la région d’Al-Hajariyah, plusieurs zones de la province de Lahij ainsi que la côte occidentale.

Ces percées, survenues à la suite de violents affrontements menés par Ansarallah avec l’appui des tribus de Taëz contre les factions armées soutenues par l’Arabie saoudite, se sont étendues au district de Jabal Habachi à l’ouest de Taëz, jusqu’aux districts de Al-Mawassit et Chamaytein, aux abords des districts de Al-Madaribah et Ras Al-Arah, ainsi qu’à la zone de Kahboub à l’ouest de la province de Lahij.

SLes factions ont tenté de se positionner dans des zones montagneuses de Lahij — à 35 km du détroit de Bab-el-Mandeb — pour lancer une contre-offensive sur Dhoubhab et reprendre l’initiative dans le détroit. Cependant, ces tentatives ont totalement échoué sur le front de Kahboub, malgré un soutien aérien massif et la mobilisation par l’Arabie saoudite de plusieurs brigades des forces du Bouclier de la nation, des Géants et du parti Islah.

Cet échec a permis à Ansarullah de consolider ses gains militaires en élargissant son périmètre de contrôle sur les fronts du sud de Taëz.

Des sources du terrain ont confirmé à Al-Akhbar qu’Ansarullah a poursuivi sa progression sur le front de Chamaytein après avoir sécurisé le mont Jourdan et réussi à faire tomber les deux fronts d’Al-Alaqmah et Charirah, situés près de la chaîne montagneuse de Rassen qui surplombe la ville d’Al-Tourbah.

Cette dernière constitue la porte d’entrée sud de la province de Taëz et offre aux forces de Sanaa le contrôle de tir sur les axes d’approvisionnement des fronts d’Al-Madaribah.

Selon ces mêmes sources, Ansarullah est parvenue, au cours des derniers jours, à verrouiller son contrôle sur une série de positions stratégiques dans la province de Lahij, englobant la plupart des montagnes de la région de Kahboub, telles que le mont Hajijah, le mont Qala’, la colline de Moufaytiyah, ainsi que les zones d’Al-Ardi, Al-Mouhawalah, Al-Aghbirah, Al-Machawilah, Al-Boukrah, Ouedi Al-Madaribah et Al-Souqiya.

Des observateurs voient dans la progression d’Ansarullah sur les monts Rassen et la sécurisation du mont Jourdan le signe d’une reprise imminente du reste de Taëz. Le mouvement a en effet coupé toutes les voies d’approvisionnement majeures reliant le sud de la ville au sud du Yémen, notamment les axes Taëz–Al-Tourbah, Al-Tourbah–Al-Hajariyah, ainsi que la route de Hayjat Al-Abd vers Aden.

Bien que la progression d’Ansarullah en direction de la zone d’Al-A’loum au sud de Taëz — fief natal du président du Conseil présidentiel, Rachad Al-Alimi — revêt une portée symbolique, les regards se tournent vers la ville de Taëz elle-même, dont la chute totale aux mains d’Ansarullah constituerait un événement d’une importance comparable à la prise de la côte occidentale.

Ces derniers jours, les factions salafistes du Sud et le parti Islah (représenté par la 4e brigade dirigée par Fadel Hassan) se sont mutuellement accusés de trahison et de connivence avec Ansarullah, répétant le scénario des retraits qui avaient conduit à la chute de la ville de Mokha.

Au cours des deux derniers jours, l’aviation de chasse saoudienne a mené des dizaines de frappes dans les zones d’affrontements au sud de Taëz et à l’ouest de Lahij pour tenter de soutenir les factions affiliées à Riyad.

En riposte à l’échec de ce soutien aérien à entraver l’avancée d’Ansarullah dans ces régions, l’aviation saoudienne a ciblé des ponts stratégiques, des routes principales, des bâtiments gouvernementaux, des écoles et des habitations civiles.

Les forces de Sanaa ont réagi en ciblant des intérêts stratégiques de la compagnie Aramco dans la région de Yanbu, dans l’ouest du Royaume, ainsi que les bases d’où décollent les escadrons de chasse à Taïf, Khamis Mucheit et Riyad.

Dans ce cadre, une source militaire à Sanaa a confirmé à Al-Akhbar la poursuite des opérations aériennes contre l’ensemble des infrastructures militaires dans le sud du Royaume.

Selon cette source, « les forces armées imposent aujourd’hui l’équation du siège pour siège, de l’escalade par une escalade plus rigoureuse, et de la capitale pour capitale ».

Elle a précisé que l’opération militaire menée au moyen de dizaines de missiles balistiques et de drones ayant visé des quartiers généraux militaires et des aéroports utilisés dans l’agression contre le Yémen à Riyad est la plus vaste et la plus violente depuis le début de la guerre, soulignant qu’un grand nombre de missiles y a été employé et qu’elle s’est poursuivie pendant plus de 24 heures.

De son côté, le porte-parole de la Coalition saoudienne, Turki Al-Malki, a reconnu dans un communiqué que Riyad avait fait l’objet d’une attaque de missiles en provenance du Yémen, en plus de frappes similaires ayant visé les régions de Bisha, Al-Kharj, Yanbu, Farasan et Taïf.

Des militants saoudiens ont diffusé des images révélant l’ampleur des dégâts causés à l’aéroport Roi-Khaled de Riyad, ainsi que le déclenchement de vastes incendies dans les installations pétrolières saoudiennes de la région de Yanbu.

Cela a coïncidé avec la reconnaissance par la compagnie Aramco de l’arrêt des opérations sur l’oléoduc Est-Ouest, endommagé à la suite d’une attaque de drone, sachant que cet oléoduc acheminait environ 4,6 millions de barils de brut depuis la province orientale vers sa voisine occidentale.

Source : Médias