vendredi, 06/11/2026   
   Beyrouth 15:04

Marchés mondiaux : L’Europe rattrapée par la déroute de la tech aux Etats-Unis et en Asie

Les Bourses européennes sont en net repli vendredi, emportées à leur tour par la déroute des valeurs technologiques à Wall Street et en Asie, les investisseurs redoutant que la victoire des démocrates aux élections américaines ne freine l’essor de l’intelligence artificielle (IA).

Moins exposés au secteur technologique, les indices européens subissent tout de même le contrecoup des baisses asiatiques et américaines.

Vers 08H15 GMT, la Bourse de Paris reculait de 1,28 %, Londres cédait 1,45 %, Francfort 1,44 % et Milan 0,96 %.

En Asie, le Nikkei, indice vedette de la Bourse de Tokyo, a terminé en chute de 5,96 % et le Kospi de Séoul sur un plongeon de 6,02 %.

La veille à New York, le Nasdaq, qui regroupe de nombreuses valeurs technologiques, avait plongé de 5,52 %, sa plus forte chute depuis avril 2025, quand le président américain Donald Trump avait imposé des droits de douane au monde entier.

Depuis le début de l’année, les actions européennes font pourtant mieux que les américaines. À la clôture de jeudi, l’indice boursier Stoxx 600, qui regroupe 600 grandes valeurs européennes, gagnait 10,58 % depuis janvier, contre 7,42 % pour le S&P 500 et 4,62 % pour le Nasdaq. Madrid (+12,59 %), Milan (+12,37 %) et Amsterdam (+18,70 %) devancent largement Wall Street tandis que Paris (+0,69 %) fait figure d’exception.

L’IA en question

Le marché analyse les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis comme un frein au développement de l’IA, alors que plusieurs nouveaux élus démocrates ont fait campagne pour ralentir la construction de centres de données dans leurs circonscriptions. De plus, les habitants de dizaines de villes américaines ont adopté mardi des restrictions ou des interdictions concernant les « data centers ».

Or les investissements massifs des géants de la tech dans l’IA et la construction de centres de données aux États-Unis ont constitué l’un des principaux moteurs des marchés d’actions et de la croissance américaine ces dernières années.

« Le cycle d’investissement dans l’IA » peut se résumer « en trois phases : d’abord l’essor des semi-conducteurs, ensuite la construction massive d’infrastructures, et enfin l’adoption à grande échelle et la monétisation de l’IA. Nous traversons actuellement la transition inconfortable entre la deuxième et la troisième phase », résume Charu Chanana, stratégiste en chef de Saxo Markets.

Les résultats des élections étaient pourtant connus depuis mercredi, jour où Wall Street avait nettement progressé. « Ce qui frappait dans les mouvements d’hier, c’est qu’il n’y avait pas de déclencheur particulier », relève Jim Reid.

« Le problème de fond est la concentration : de nombreux portefeuilles qui semblent diversifiés font en réalité le même pari, celui de dépenses ininterrompues dans l’IA. Quand cette hypothèse est remise en cause, les ventes peuvent s’auto-alimenter », explique Charu Chanana.

Les puces en première ligne

Les entreprises de semi-conducteurs et de puces électroniques, éléments indispensables pour équiper les centres de données, sont les principales victimes du mouvement.

À la cote européenne, le secteur limitait toutefois ses pertes après sa débâcle de la veille : STMicroelectronics cédait 0,36 % et Soitec 0,04 % à Paris, ASML 0,46 % à Amsterdam et Infineon 0,33 % à Francfort. Jeudi, ces titres avaient chuté respectivement de 9,33 %, 16,73 %, 6,55 % et 8,63 %.

En Corée du Sud, Samsung Electronics a chuté vendredi de près de 10 %, tandis que SK hynix a perdu plus de 11 %. La débâcle technologique a également affecté les valeurs liées aux semi-conducteurs au Japon, l’action Tokyo Electron reculant d’environ 9 % et Kioxia abandonnant 13 %.

À New York la veille, Broadcom avait plongé de 10,15 %, Micron de 17,17 % et AMD de 17,39 %. Le mastodonte Nvidia, deuxième capitalisation mondiale, avait décroché de 8,91 %, soit une perte d’environ 400 milliards de dollars.

Les fournisseurs d’équipements électriques, très liés aux centres de données, reculaient aussi : Schneider Electric perdait 1,01 % et Legrand 1,14 % à Paris, tandis que Siemens Energy était quasiment stable (-0,05 %) à Francfort.

Source : AFP