La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, a vivement condamné la Hongrie pour avoir refusé de se conformer au mandat d’arrêt émis à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui s’est rendu dans ce pays d’Europe centrale.
S’exprimant lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le mercredi 2 avril, le porte-parole de la Cour pénale internationale, Fadi El Abdallah, a déclaré qu’il n’appartient pas aux membres de la CPI « de déterminer unilatéralement le bien-fondé des décisions juridiques de la Cour ».
Fadi El Abdallah a déclaré que les États membres doivent appliquer les décisions de la Cour pénale internationale.
« Tout différend concernant les fonctions judiciaires de la Cour sera réglé par la décision de la Cour », a ajouté le porte-parole de la CPI.
En tant qu’État membre de la CPI, la Hongrie est tenue d’arrêter Netanyahu dès son arrivée dans ce pays d’Europe centrale et de le remettre à la Cour.
Arrivé en pleine nuit, le dirigeant israélien a entamé sa visite de quatre jours à l’invitation de son homologue hongrois, la première en Europe depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, par une cérémonie avec les honneurs militaires au château de Buda.
Au même moment, le gouvernement hongrois a dit lancer les démarches pour se retirer de la CPI, une procédure qui prend généralement un an.
« La cour rappelle que la Hongrie reste tenue de coopérer avec la CPI », a affirmé son porte-parole Fadi El Abdallah auprès de journalistes.
À rappeler que la CPI a émis, le 21 novembre 2024, des mandats d’arrêt contre Netanyahu et son ancien ministre des Affaires militaires Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, après avoir évalué qu’il y avait des « motifs raisonnables » de croire qu’ils « ont intentionnellement et sciemment privé la population civile de Gaza de choses indispensables à sa survie, notamment de nourriture, d’eau, de médicaments, de fournitures médicales, de carburant, ainsi que d’électricité ».
Après l’annonce en novembre 2024 du mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza, Benjamin Netanyahu est allé aux États-Unis mais jamais encore dans un État partie de la juridiction basée à La Haye.
« Son but ultime est de retrouver la capacité de voyager où il veut », commente pour l’AFP Moshe Klughaft, consultant et ancien conseiller du dirigeant israélien. A travers cette visite « dans un pays où il ne craint pas d’être arrêté, il ouvre la voie à la normalisation de ses futurs déplacements », peut-être par exemple en Allemagne où le futur chancelier Friedrich Merz a garanti qu’il pourrait venir sans être inquiété.