mardi, 30/06/2026   
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Procès du juif américano-israélien qui envoyait des menaces à des institutions juives aux USA

Un Américano-Israélien accusé d’avoir proféré des menaces d’attentats à la bombe et de fusillades contre des institutions juives aux États-Unis a été extradé de Norvège et présenté devant un tribunal fédéral de Floride, ont annoncé les autorités américaines.

Michael Ron David Kadar, 27 ans, surnommé le « hacker d’Ashkelon » a comparu lundi 23 juin devant un tribunal d’Orlando après son arrivée aux États-Unis en provenance de Norvège le 18 juin.

Le département de la Justice américain a indiqué que Kadar est poursuivi dans le district central de Floride pour crimes de haine et entrave à la liberté de religion, suite aux menaces proférées contre des institutions juives, notamment des centres communautaires, des écoles et des programmes préscolaires.

Des poursuites similaires sont également engagées à Washington, D.C., où il est accusé d’avoir menacé l’ambassade d’Israël et les bureaux de la Ligue anti-diffamation, ainsi que dans le district central de Géorgie, où il est poursuivi pour cyber harcèlement et fausse déclaration à la police concernant une prétendue prise d’otages dans une maison à Athens, en Géorgie.

Selon les procureurs américains, l’acte d’accusation de Floride allègue que Kadar a passé de nombreux appels début 2017, affirmant la présence de bombes ou de tireurs actifs dans des centres communautaires juifs de l’État. Certaines de ces menaces visaient des programmes préscolaires organisés dans ces établissements.

Ces appels ont entraîné des évacuations, des confinements, des fermetures temporaires et l’intervention des forces de l’ordre et des autres services de secours. Aucun explosif n’a été trouvé.

L’affaire a suscité une vive émotion aux États-Unis à l’époque, car ces menaces ont alimenté les craintes d’une recrudescence des attaques antisémites contre les institutions juives. L’arrestation de Kadar en Israël a révélé par la suite que le suspect était lui-même juif et possédait la double nationalité américaine et israélienne.

Les autorités américaines ont inculpé Kadar pour la première fois en 2017, alors qu’il avait 18 ans. À l’époque, le ministère de la Justice avait déclaré qu’il était accusé d’avoir proféré des menaces téléphoniques à l’encontre de centres communautaires juifs en Floride, d’avoir fourni de fausses informations à la police en Géorgie et de cyber harcèlement.

Les enquêteurs ont indiqué que Kadar utilisait des méthodes sophistiquées pour dissimuler son identité et sa localisation, notamment la modification de sa voix, l’utilisation d’adresses IP proxy, de crypto monnaies et l’usurpation d’identité de l’appelant.

Une plainte déposée par le FBI en 2017 indiquait que le suspect avait proféré au moins 245 menaces téléphoniques entre janvier et mars de cette année-là, dont de nombreuses alertes à la bombe et menaces d’attaques armées visant des centres communautaires juifs, des écoles juives et des bureaux de la Ligue anti-diffamation.

Le mobile reste contesté. Les procureurs américains l’ont inculpé de crimes haineux car les cibles présumées comprenaient des institutions juives. Lors de précédentes audiences israéliennes, Kadar aurait déclaré à des psychiatres qu’il avait agi par ennui et qu’il considérait les menaces comme un jeu.

Selon des observateurs, la comparution de Kadar devant un tribunal de Floride prouve que les tentatives précédentes de la justice israélienne pour minimiser l’affaire en prétendant que l’accusé souffrait d’une « tumeur au cerveau » ou de troubles mentaux afin de le soustraire à l’extradition ont échoué face à l’insistance du ministère de la Justice américain à le traduire en justice après qu’il a provoqué l’épuisement et la paralysie logistique totale des agences de sécurité et de l’aviation américaines.

La Justice israélienne s’est emparé de l’affaire, puis l’a condamné à 10 années de prison, après l’avoir reconnu coupable de 2.000 fausses alertes visant des institutions juives et non juives dont des écoles, des aéroports, des commissariats, des hôpitaux et des institutions juives, dans plusieurs pays.

Mais Kadar n’en a purgé que sept années alors qu’aux États-Unis les procureurs américains affirment que les accusations actuelles pourraient entraîner de lourdes peines de prison s’il est reconnu coupable. Chaque chef d’accusation de crime haineux est passible d’une peine maximale de 20 ans de prison, chaque chef d’accusation d’alerte à la bombe d’une peine maximale de 10 ans, et les accusations de menaces interétatiques d’une peine maximale de cinq ans. Kadar pourrait également être condamné à verser des dommages et intérêts aux institutions et aux victimes affectées par les menaces.

La comparution de Kadar devant le tribunal en 2026 ne devrait pas clore l’affaire, mais ouvrir plutôt la voie à de sérieuses interrogations et enquêtes sur les motifs réels de tel actes lesquels pourrait s’inscrire dans le cadre des opérations de fausse bannière.

Selon les médias américains, l’année 2017 a été marquée par une hausse significative de crimes de haine religieuse, dont plus de la moitié était dirigée contre la communauté juive. Comme il semble que ces actes antisémites sont perpétrés par le juif Kadar, il devrait être soupçonné de vouloir aussi attiser l’islamophobie qui a aussi subi une hausse importante cette année meme.  D’autant que l’année 2017 a également été définie par l’application des décrets migratoires de la première administration Trump (notamment le Muslim ban), ciblant plusieurs pays à majorité musulmane et alimentant de vifs débats sur l’islamophobie institutionnelle.

Force est de constater que cette affaire ne fait pas actuellement la Une des médias américains.

Source : Médias