mardi, 30/06/2026   
   Beyrouth 14:47

Liban (2025-2026) : Joseph Aoun ou le mandat des concessions fondamentales

L’ère du président de la République, Joseph Aoun, depuis le moment de sa prise de fonction, au lendemain de la guerre de 2025 et durant la guerre de 2026, a été marquée par une trajectoire de concessions fondamentales dont les caractéristiques se sont manifestées à travers les points suivants :

Premièrement : Après la guerre de 2025

1-Le non-déploiement de l’armée libanaise aux frontières lors du cessez-le-feu en date du 27/11/2025.

2-L’absence de toute mesure pour empêcher l’occupation de détruire les villages durant les soixante jours qu’elle a obtenus sous couverture américaine.

3-Le silence face à l’occupation sioniste de cinq points dans le sud du Liban.

4-L’absence de réaction face aux incursions de patrouilles de l’ennemi dans les villages de première ligne, qui passaient pourtant par des positions et des barrages de l’armée libanaise.

5-Le silence face à 500 opérations d’assassinat dans des zones civiles et à l’ombre du cessez-le-feu.

6-L’abandon des villages détruits et l’absence de toute démarche pour leur reconstruction, en réponse aux menaces de l’ennemi et sans aucune contrepartie.

7-La poursuite de l’application des engagements du pouvoir libanais envers la partie agressive, malgré le non-respect par cette dernière de l’ensemble des clauses de l’accord de cessation de la guerre.

8-La satisfaction de toutes les demandes de l’armée d’occupation pour fouiller des lieux et des sites, et le refus de protéger des lieux dont il a été prouvé qu’ils étaient exempts de toute arme, sans aucune contrepartie.

9-L’adoption du discours de l’ennemi qui impute à la Résistance la responsabilité de ses agressions, malgré le respect par celle-ci de toutes les exigences de l’accord et sa remise de la zone du sud du Litani.

10-La destruction et la mise au rebut des armes fournies par la Résistance à l’armée libanaise, conformément aux ordres de l’occupation sous prétexte qu’il s’agit d’armes orientales, bien que tous les chars de l’armée soient de fabrication orientale.

11-L’acceptation d’envoyer un émissaire politique au comité du mécanisme à la demande de l’ennemi, sans contrepartie.

Deuxièmement : Durant la guerre de 2026

12-L’adoption du discours de l’occupation imputant à la résistance la responsabilité des agressions, malgré la reconnaissance du fait qu’aucun coup de feu n’a été tiré contre l’entité durant ce mandat, et le non-respect par l’entité d’aucune des revendications du Liban annoncées par le mandat lui-même.

13- La satisfaction des demandes de l’occupation pour des négociations directes au début de la guerre, et la réitération de l’annonce de la disposition à le faire malgré le refus et le report de cette demande par l’ennemi.

14- Le consentement à la demande du secrétaire d’État américain d’entrer en contact direct avec Netanyahu, avant de rattraper la situation sous les pressions locales.

15- Le refus du cessez-le-feu sur lequel un accord avait été trouvé à Islamabad, offrant à l’ennemi la couverture légitime pour commettre le massacre du mercredi 8 avril, et la poursuite de la guerre pendant neuf jours.

16- La satisfaction de la demande de l’ennemi de mener des négociations directes sous parrainage américain, sous prétexte de réclamer un cessez-le-feu, et la participation à la séance de négociation (14/4) malgré l’annonce par l’ennemi que la question du cessez-le-feu ne serait pas discutée lors des négociations.

17- L’abstention de publier un communiqué sur le déroulement de la première séance de négociation, en dépit de la violation de l’accord par l’ennemi qui a publié un communiqué de manière indépendante.

18- La non-publication d’un communiqué pour démentir ou confirmer l’engagement du mandat envers le document publié par le département d’État américain en tant qu’accord entre le Liban et l’entité occupante, lequel garantit exclusivement à l’occupation le droit à la légitime défense.

19- Le silence pendant sept jours face à la destruction systématique des villages de première ligne par l’ennemi, suivi de la demande adressée à l’ambassadrice d’inclure cette question parmi les points de négociation, et la non-publication d’un communiqué sur le déroulement des négociations lors de la deuxième séance (23/4), malgré la poursuite des opérations de destruction systématique.

20- La soumission aux menaces de l’occupation d’interdire l’approche du lieu où la journaliste Amal Khalil a été ciblée dans le village de Tireh, la laissant pendant des heures sous l’effet de sa blessure jusqu’à son martyre.

Troisièmement : Après l’imposition par l’Iran du cessez-le-feu au Liban

21- Le passage du refus des négociations directes à l’engagement dans des négociations directes avec l’occupation sous parrainage américain.

22- L’acceptation de la création de « zones pilotes » dans des localités non occupées au lieu de conditionner préalablement le retrait israélien.

23- Le découplage du front libanais des négociations iraniennes et l’acceptation d’une supervision américaine sur le système de sécurité.

24- La poursuite des négociations malgré la continuation des agressions israéliennes et la destruction des villages du Sud.

25- La persistance dans les négociations malgré le fait que l’occupation lie le retour des habitants de la bande frontalière au désarmement de la Résistance.

26- L’acceptation d’une formule conditionnant le retrait israélien par le démantèlement des armes de la résistance sur l’ensemble du territoire libanais.

27- L’acceptation pratique des zones pilotes, ce qui permet le maintien de l’occupation dans la « ceinture de sécurité » sans horizon temporel précis.

28- L’arrêt du processus juridique et politique visant à demander des comptes à l’occupation pour ses crimes, conformément à la clause (13) de l’accord.

29- L’omission de demander des comptes à l’occupation en échange de l’inclusion dans l’accord de clauses condamnant l’Iran et son soutien à la Résistance.

30- L’octroi d’un rôle direct aux États-Unis dans la supervision de la sécurité libanaise et le fait de lier la reconstruction à la mise en œuvre des engagements sécuritaires.

Source: Centre d’Union pour la Recherche et le Développement