dimanche, 28/06/2026   
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Cheikh Qassem explique pourquoi le Hezbollah rejette l’accord-cadre : Une trahison de la souveraineté du Liban

Le Secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a fermement rejeté l’accord-cadre conclu vendredi entre les autorités libanaises et l’entité ennemie sioniste, déplorant « des concessions gratuites à Israël » et « une trahison de la souveraineté du Liban ».

Ci-dessous sa déclaration dans son intégralité publiée par le bureau des relations médiatiques du Hezbollah.

1- Où est l’intégrité de l’autorité libanaise et sa responsabilité envers son peuple et la protection de la souveraineté du Liban, à laquelle le gardien américain n’a pas accordé de cessez-le-feu, et qu’il a rejeté lorsqu’il a été question des pourparlers entre l’Amérique et l’Iran au Pakistan en avril 2026, ce qui a permis à l’ennemi israélien de commettre le crime du Mercredi noir, au cours duquel des centaines de personnes ont été tuées et blessées, la population a été terrorisée et des destructions ont été causées par une centaine de raids aériens à travers le Liban, en commençant par la capitale Beyrouth ?

2- Nous avons averti les autorités que les négociations directes ne sont que des concessions gratuites à Israël, car il s’agit de réunions destinées à imposer la soumission aux exigences de l’agression et aux diktats d’Israël et des États-Unis. Vous participez à ces réunions en dépit de l’opposition de plus de la moitié du peuple libanais, et en violation de la Constitution et des lois qui considèrent Israël comme un ennemi et rendent responsables, légalement, quiconque traite avec lui, que ce soit par la parole ou par les actes. Vous n’avez aucun moyen de pression car vous avez délibérément abandonné le pouvoir de la résistance et du peuple, et vous l’avez trahie en la déclarant hors-la-loi au cœur même du conflit, dès le premier instant, par la décision malheureuse du gouvernement le 2 mars… le tout au service du projet d’agression israélien. Jouer avec les mots et les déformer est vain ; seuls les résultats comptent. Il s’agit d’une trahison de la souveraineté du Liban, qui permet de distinguer amis et ennemis.

3- Le Mémorandum d’entente irano-américain stipulait, dans son premier article, la cessation des hostilités au Liban. Face au refus d’Israël de s’y conformer, l’Iran a suspendu l’accord et a maintenu le blocus du détroit d’Ormuz jusqu’à ce que les États-Unis exercent des pressions et contraignent Israël à accepter un cessez-le-feu. Le premier paragraphe du Mémorandum d’entente précisait : « Les États-Unis, l’Iran et leurs alliés respectifs dans le conflit en cours, par la signature du présent Mémorandum d’entente, déclarent la cessation immédiate et définitive des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et s’engagent désormais à ne plus entreprendre de guerre ou d’action militaire les uns contre les autres, à s’abstenir de toute menace ou recours à la force, et à garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. » Conformément au troisième article du Mémorandum d’entente, les négociations et la conclusion d’un accord définitif devaient être menées dans un délai de soixante jours.

Les autorités (libanaises) se sont obstinées à refuser jusqu’à ce que les personnes avisées et celles impliquées dans le Mémorandum d’entente affirment clairement que les tirs cesseraient – ​​ce qu’elles n’étaient pas parvenues à réaliser – et que cela était dans l’intérêt supérieur du Liban. Le mémorandum a également souligné que les négociations en vue d’un retrait israélien étaient entièrement entre les mains du Liban et que personne d’autre ne négocierait en son nom. C’était un geste d’honneur, de dignité et de force de la part de l’Iran – nation de fermeté et de fierté – envers le Liban, son peuple et sa résistance.

Le Mémorandum d’entente garantit « l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban », et cette souveraineté s’acquiert par un retrait israélien complet, convenu dans un délai de soixante jours. C’est un atout majeur pour le Liban, un atout qu’il n’avait jamais osé espérer. Et voilà qu’à travers l’accord-cadre, les autorités renoncent à ces atouts, à la force et à la détermination de la résistance, ainsi qu’aux sacrifices de ce grand peuple libanais, offrant ainsi gratuitement à Israël exactement ce qu’il désirait.

4- Quelle erreur effroyable ? Quel péché gravissime que de céder sa souveraineté à l’ennemi israélien ? et voilà que c’est Netanyahu qui autorisera l’armée libanaise à opérer dans deux zones expérimentales ! L’ennemi surveillera son déploiement et ses mesures de désarmement, et le comité tripartite se pliera à ses exigences. La période d’expérimentation dans ces deux zones pourrait durer des mois, et aucune autre expérimentation n’aura lieu sans un certificat de bonne conduite livré par l’ennemi israélien et la mise en œuvre de ce qu’Israël n’a pas réussi à réaliser sur le champ de bataille ! Comme l’a déclaré Netanyahu : « Israël restera dans la zone de sécurité jusqu’à ce que le Hezbollah soit désarmé au Liban, et les habitants ne retourneront pas en territoire occupé. »

Les autorités légitiment ainsi l’occupation pour de nombreuses années à venir, ce qui pourrait même mener à l’annexion de ces terres par l’entité sioniste ! Cet accord prive les Libanais de leur droit de retourner sur leur terre.

De quel droit l’ennemi israélien s’immisce-t-il dans nos affaires intérieures au Liban ? Tout accord doit se limiter à la zone située au sud du fleuve Litani et n’avoir aucun lien avec les affaires intérieures libanaises concernant les armes, la sécurité ou l’avenir du pays.

Lier le retrait israélien au désarmement de la résistance sur l’ensemble du territoire libanais est une proposition extrêmement dangereuse qui franchit toutes les lignes rouges et fait du Liban un pion entre les mains de l’ennemi israélien !

Sous prétexte que le Liban s’est engagé au désarmement comme condition au retrait d’Israël, toute arme présente sur son territoire sera interprétée comme une violation de cet engagement ! Comment cela est-il possible, puisque les armes ne seront jamais complètement retirées ? Nul n’a le droit de priver le peuple libanais de son droit à se défendre et à défendre sa terre contre l’occupant et le meurtrier de son peuple. L’ennemi doit se retirer car il est un agresseur et un occupant, conformément à un accord qui traite des causes immédiates, comme ce fut le cas le 27 novembre 2024. Tout écart par rapport à ce principe récompense Israël après l’échec de son projet et constitue une violation de la souveraineté libanaise.

5- L’accord-cadre de Washington est humiliant, honteux et constitue une capitulation de la souveraineté. Cet accord est nul et non avenu, et les dispositions du Mémorandum d’entente irano-américain doivent être appliquées. Nous mettrons en œuvre tous les moyens nécessaires et exercerons une pression internationale et arabe pour contraindre l’ennemi israélien à respecter la première clause du Mémorandum d’entente et à se retirer du Liban.

Nous disons aux autorités libanaises : il est temps pour vous de réparer vos fautes qui détruisent le Liban. C’est une vertu de renoncer à vos transgressions. Nous sommes prêts à coopérer et à œuvrer ensemble pour la souveraineté du Liban, la libération de son territoire, l’expulsion de l’occupant israélien, le retour des prisonniers et des déplacés, la reconstruction du pays et la conclusion d’un accord sur une stratégie de sécurité nationale.

Le cessez-le-feu n’aurait pas été possible sans les immenses sacrifices des résistants, de leurs familles et du peuple libanais. Nous perpétuerons le legs des martyrs, des blessés, des prisonniers et des sacrifices du peuple libanais, de l’armée libanaise et de toutes les organisations et entités qui ont offert des martyrs et des blessés. Nous poursuivrons la résistance sur le terrain pour vaincre l’occupation. Nous n’avons pas abandonné le combat dans les circonstances les plus difficiles et nous ne l’abandonnerons pas, car c’est le chemin du bien et du salut. Dieu Tout-Puissant a dit : « Allez au combat, que vous soyez légers ou lourds, et luttez avec vos biens et vos vies pour la cause de Dieu. Cela est meilleur pour vous, si seulement vous saviez. » (At-Tawbah 41).

Source : Al-Manar