vendredi, 19/06/2026   
   Beyrouth 07:05

Berri : La Résistance respecte le cessez-le-feu tant que l’ennemi s’y conforme totalement| Le Hezbollah « conseille » au pouvoir : Ne nous ciblez pas

Le Hezbollah a « conseillé » au pouvoir de « ne pas s’impliquer directement avec l’ennemi sioniste dans le ciblage de la Résistance », soulignant que le délai accordé à l’ennemi pour un retrait total des territoires libanais ne dépasse pas deux mois.

Durant cette période, un respect strict de l’arrêt des actes hostiles par voies terrestre, maritime et aérienne est requis, ainsi que l’amorce du retrait sans nécessité de négociations directes.

De son côté, le président Nabih Berri a affirmé dans un communiqué jeudi soir « l’engagement du Hezbollah envers le cessez-le-feu tant qu’Israël s’y conforme totalement et globalement ».

M.Berri a expliqué que « pour faciliter le succès des négociations irano-américaines en Suisse, particulièrement en ce qui concerne le premier point du mémorandum d’entente irano-américain, et en référence à la déclaration du président américain Donald Trump sur le cessez-le-feu entre ‘Israël’, le Liban et le Hezbollah, j’insiste sur la position du Liban et l’engagement du Hezbollah envers le cessez-le-feu, tant qu’Israël s’y conforme totalement et globalement ».

En contrepartie, Washington s’oriente vers une voie parallèle à l’entente américano-iranienne, basée sur l’accentuation de la pression financière et politique sur le Hezbollah et ses alliés, afin de resserrer l’étau autour de son environnement via un nouveau paquet de sanctions américaines.

Raad : Ne sous-estimez pas la capacité de l’Iran à dissuader l’ennemi sioniste

Le président du bloc de la Fidélité à la Résistance, Mohammad Raad, a appelé le pouvoir à « ne pas sous-estimer la capacité de l’Iran à honorer son engagement de dissuader l’ennemi sioniste au cas où ce dernier insisterait à violer ce qui inclut le Liban dans le document d’entente ».

Il a affirmé que « le temps imparti à l’ennemi pour battre en retraite totalement de la terre du Liban est de deux mois, durant lesquels il doit entamer son retrait sans avoir besoin de négociations directes ».

Il a ajouté : « Le pouvoir peut, après avoir conclu une entente nationale, adopter la formule de négociations indirectes avec l’ennemi pour réactiver l’accord de trêve d’une manière adaptée à la réalité, et ce, à la lumière de la poursuite de l’état d’hostilité faisant l’objet d’un consensus pactal et constitutionnel ».

S’adressant au pouvoir « au nom de ceux que la Résistance représente au Liban », M.Raad a souligné que « la guerre de l’ennemi pour en finir avec la Résistance au Liban a échoué et n’a pas réalisé, et ne réalisera pas, ses objectifs. Malgré tout ce que la Résistance a subi de la part de certains piliers du pouvoir et de certaines parties politiques, elle est prête à une entente nationale interne sur ce qui garantit la sécurité, la stabilité du Liban et son intérêt souverain national, sans s’effrayer de l’ennemi sioniste ni glisser vers la soumission à ce que dictent l’ennemi et son allié américain, que le pouvoir prétend être son ami ».

Les propos de M.Raad sont intervenus alors que le Liban se prépare à un cycle de négociations à Washington, précédé de réunions au palais de Baabda entre le président de la République Joseph Aoun et la délégation libanaise négociatrice.

Au cours de ces réunions, des constantes ont été réaffirmées, notamment le cessez-le-feu, le retrait d’Israël des territoires libanais, le déploiement de l’armée jusqu’aux frontières internationales, le retour des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction, selon des sources de Baabda.

Le pouvoir semble déterminé à poursuivre les concessions et à insister sur la séparation de la voie des négociations directes de celle de l’entente américano-iranienne, au moment où des pays arabes et occidentaux poussent à capitaliser sur l’entente entre Washington et Téhéran comme porte d’entrée à tout règlement régional.

Sanctions US contre Sleiman Frangié et des cadres du Hezbollah

Entre-temps, l’Office de contrôle des actifs étrangers (OFAC) relevant du département du Trésor américain a annoncé l’imposition de sanctions contre des responsables libanais alliés au Hezbollah, en tête desquels le chef du courant Al-Marada, Sleiman Frangié, ainsi que des cadres clés du Hezbollah et « des réseaux d’affaires liés au responsable Ali Hassan Hamieh, également connu sous le nom d’Ali Hamieh, dont les activités s’étendent entre le Liban, la Syrie, l’Irak et le sultanat d’Oman ».

Les sanctions ont également inclus des entreprises et des individus « liés au réseau d’Ali Hamieh, parmi lesquels des entités au sultanat d’Oman, en Syrie et en Irak », en plus de sociétés qui, selon Washington, « opèrent comme des façades financières et commerciales pour générer des revenus au profit du Hezbollah, parmi lesquelles des projets liés à l’ancien régime syrien, des compagnies d’assurance et d’autres activités commerciales ».

Commentant cette décision, M.Frangié a affirmé que les sanctions « n’affecteront pas notre opinion, mais renforcent plutôt notre conviction en celle-ci ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar