dimanche, 14/06/2026   
   Beyrouth 23:37

Iran : Le conseiller de Ghalibaf répond à la polémique sur le texte du mémorandum d’entente avec les USA: son modus est « le cas inversé »

Mahdi Mohammadi, le conseiller du chef du Parlement iranien Mohamad Bagher Ghalibaf a répondu aux voix internes qui critiquent l’accord et propose une nouvelle explication du texte du mémorandum.

« Face à la polémique et aux déclarations hâtives qui entourent le prétendu « texte de l’accord », je tiens à présenter en toute franchise plusieurs points stratégiques, compte tenu de la situation actuelle. Ce mémorandum ne constitue pas une position de négociation, mais une tentative de clarification face aux manœuvres visant à déformer les faits et à inciter à l’agitation publique », a-t-il ecrit.

Dans son premier point, il assure qu’aucun accord ne sera conclu tant que les questions fondamentales ne seront pas résolues.

« Aucun accord n’a encore été trouvé sur cinq ou six points fondamentaux et vitaux, piliers de l’intérêt national. Il ne s’agit pour l’instant que d’un projet en cours de révision. Toute déclaration définitive d’un « accord final » est contraire à la réalité et alimente la guerre psychologique menée par l’ennemi. Les textes qui circulent actuellement sont soit d’anciennes versions copiées, soit entièrement fabriqués de toutes pièces. »

Il assure surtout que le processus se déroule sous la supervision du Guide suprême Mojtaba Khamenei.

« Il serait naïf d’imaginer qu’un événement d’une telle importance puisse se dérouler sans son contrôle. Le Guide suprême n’est pas seulement informé, il est le principal superviseur des actions des responsables. Il se tient au-dessus du processus, tel un sage observateur. Toutefois, cela n’implique pas de négociation directe de la part de la direction ; le système dispose d’un mécanisme spécifique : le Conseil suprême de sécurité nationale et des comités spécialisés. »

Et Mohammadi de préciser que les négociations sur le mémorandum d’entente suivent le modus du « cadre inversé » qui est d’après lui « l’opposé exact de celui de l’accord nucléaire », conclu en 2015 sous l’administration de l’ancien président Barack Obama et de son homologue iranien Hassan Rohani.

Et d’expliquer : « Dans l’accord sur le nucléaire : l’Iran a d’abord démantelé son programme nucléaire, puis a attendu la levée des sanctions, qui n’a pas eu lieu. Dans le nouveau cadre : la logique est complètement inversée. »

Le conseiller de Ghalibaf assure que dans la première phase, il est indispensable « d’instaurer la confiance avec l’adversaire » :

Et de détailler :

« Les États-Unis et leurs alliés doivent mettre en œuvre, dans un délai imparti :

La cessation complète des hostilités en Iran et au Liban

Le déblocage de la moitié des avoirs gelés (via les canaux arabe et qatari)

La levée du blocus naval et la reprise du trafic maritime commercial

La suspension des sanctions pétrolières afin de permettre la libre vente du pétrole

Le retrait des forces américaines des abords des frontières iraniennes ».

Mohammadi indique que la deuxième phase passera par la « vérification par l’Iran ».

« L’Iran vérifiera la validité des mesures dans un délai de 72 heures. Si elles ne sont pas mises en œuvre, nous ne passerons pas à la phase suivante et le détroit d’Ormuz restera fermé. Dans un premier temps, nous n’offrons aucune concession nucléaire ou stratégique fondamentale ; nous nous engageons simplement dans un dialogue. L’Amérique a-t-elle jamais accepté un cadre de ce type, où elle fait des concessions en premier ? C’est une victoire stratégique. »

Concernant le détroit d’Ormuz, Mohammadi insiste sur la gestion iranienne : « Les dispositions relatives au détroit d’Ormuz ont établi des « arrangements iraniens ». L’Iran détermine quels navires sont commerciaux, quelles routes sont sûres et le coût des services. Les navires hostiles (y compris sionistes) ne sont absolument pas autorisés à le traverser. »

Et de préciser aussi : « L’expression « passage sans restriction » dans les versions précédentes ne signifie pas un passage pour tous. Seuls les navires qui acceptent nos arrangements ne sont pas soumis à des restrictions obligatoires. Le détroit est sous notre contrôle ; si l’accord n’est pas appliqué, nous le fermerons à nouveau en moins d’une heure. Cela garantit son application.

S’agissant du dossier nucléaire, Mohammadi indique que le projet propose un allègement en échange de la levée de toutes les sanctions.

« Jusqu’à présent, nous n’avons pris aucun engagement concret dans le domaine nucléaire. La demande de l’autre partie se limitait à la possibilité de futures discussions concernant la réduction de la concentration d’uranium hautement enrichi et à la réaffirmation de notre fatwa contre la fabrication d’armes nucléaires. »

En échange de ces dispositions Mohammadi révèle que « l’autre partie a écrit qu’elle lèverait toutes les sanctions, primaires et secondaires, dans l’accord final ».

Et de conclure : « Il est sans précédent dans l’histoire des négociations que l’Occident accepte, en échange d’une réduction de l’uranium enrichi (et non du démantèlement du programme nucléaire) et de l’abandon de la fabrication de l’arme nucléaire (ce qui constitue notre fatwa), de lever toutes les sanctions. Ceux qui ne voient pas cette avancée n’ont soit pas lu le texte, soit choisi de l’ignorer ».

Source : Médias