samedi, 01/08/2026   
   Beyrouth 12:11

Gaza : Hamas accepte un accord sur les armes et le retrait progressif israélien. Les 15 points de la feuille de route

Le Hamas a confirmé vendredi avoir accepté un accord sur ses armes et sur le retrait israélien progressif de Gaza, deuxième étape du plan initié par les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu qui n’a pas été respecté par Israël qui a tué plus de 1000 Palestiniens pendant cette période.

Le Hamas compte désormais sur les médiateurs et le « Conseil de paix » pour contraindre Israël à respecter les termes de l’accord, a affirmé à l’AFP Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du mouvement.

Le haut représentant pour Gaza au « Conseil de paix », Nikolaï Mladenov, a souligné que « le retrait (israélien) devait aller de pair avec le désarmement ».

Aucune arme remise à Israël

L’accord, une feuille de route en 15 points, publié vendredi par le « Conseil de paix » prévoit la cessation des opérations militaires des deux parties, et l’entrée dans le territoire du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) qui doit y gérer pendant la période de transition, la vie quotidienne.

Cette structure composée de technocrates palestiniens est actuellement basée en Egypte, empêchée par Israël d’accéder à Gaza.

Le NCAG prendra en charge de manière progressive, et selon un calendrier défini, un processus de démantèlement et de stockage des armes lourdes du Hamas, de ses sites de production militaire, dépôts d’armes et tunnels, sans aucune remise d’arme à Israël ou à des organisations non palestiniennes.

L’opération sera liée à un retrait progressif d’Israël. La mise en œuvre de l’accord sera supervisée par un Comité international de vérification (IVC).

Le texte prévoit également le déploiement temporaire à Gaza de la Force internationale de stabilisation (ISF) – en cours de formation aux termes du plan de Donald Trump – pour surveiller le respect du cessez-le-feu et garantir l’acheminement de l’aide humanitaire.

Rejet de Ben Gvir

Près de 24 heures après son annonce par Donald Trump, le gouvernement israélien n’avait pas réagi officiellement à l’accord, mais le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben Gvir, l’a dénoncé comme « inacceptable pour Israël ».

Cesser les combats à Gaza « revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre », a affirmé M. Ben Gvir, en référence à l’attaque sans précédent menée par le mouvement palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.

« On a une entente avec Israël. Israël en est très content. Israël nous a aidés et s’est montré très coopératif à cet égard », a de son côté affirmé le président américain aux journalistes à Camp David.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lui salué la « seule bonne nouvelle » venant d’une région minée par la guerre.

Mais il n’y aura « aucun retrait » sans « véritable désarmement » du Hamas, a martelé vendredi une source politique israélienne, Israël exigeant la démilitarisation de la bande de Gaza.

Mais, à l’approche des législatives d’octobre, « il est hors de question que Netanyahu autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela reviendrait à un suicide politique », estime Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Le « Conseil de Paix » de Donald Trump a publié vendredi l’accord qui vient d’être conclu pour mettre en œuvre la deuxième phase du plan de cessez-le-feu à Gaza, prévoyant notamment le désarmement du Hamas et le retrait progressif d’Israël du territoire palestinien.

Les principaux points de la feuille de route :

– Israël, ainsi que le Hamas, devront cesser leurs opérations militaires.

– Le calendrier et les mécanismes de mise en œuvre de la feuille de route devront être préparés sous 14 jours – un délai pouvant être prolongé – suivant l’approbation du plan par toutes les parties.

– Le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG, un organe technocratique palestinien, NDLR) entrera dans la bande de Gaza et y prendra ses fonctions.

– Le passage d’une phase à l’autre dépendra de la mise en œuvre des engagements de la phase précédente.

– Cette mise en œuvre sera supervisée par un Comité international de vérification (IVC), qui surveillera également les éventuelles violations commises par l’une ou l’autre des parties.

– La bande de Gaza sera gouvernée selon le principe d' »une seule autorité, une seule loi, une seule arme ». Le NCAG fonctionnera conformément aux lois palestiniennes et aux standards internationaux.

– Les policiers nouvellement formés seront intégrés aux unités de police existantes, l’ensemble des personnels étant soumis à une procédure de contrôle approfondie. Ceux écartés se verront proposer des fonctions civiles. Toutes les armes de la police seront placées sous la responsabilité et l’autorité du NCAG.

– Un processus de démantèlement et de stockage des armes lourdes du Hamas, des sites de production militaire, des dépôts d’armes et des tunnels sera engagé.

– Ce processus sera administré et mis en œuvre par le NCAG de manière progressive, et selon un calendrier défini.

– Il sera lié à un retrait progressif des forces israéliennes des zones qu’elles contrôlent encore à Gaza ainsi qu’au démantèlement des groupes armés.

– Aucune arme ne sera remise à Israël ou à des organisations non palestiniennes.

– A l’issue du processus, seul le NCAG pourra détenir, stocker ou contrôler des armes dans Gaza.

– Un « accord de paix sociale » sera signé pour mettre fin aux violences internes, éviter les représailles, les démonstrations de force ou les manifestations armées.

– La Force internationale de stabilisation (ISF), temporaire, sera déployée dans la bande de Gaza afin de séparer les forces israéliennes des zones contrôlées par le NCAG.

– L’ISF surveillera le respect du cessez-le-feu, formera la police palestinienne, garantira la protection et l’acheminement de l’aide humanitaire et des denrées essentielles vers la bande de Gaza, et soutiendra le NCAG.

– L’ISF n’aura aucune mission de police ni de mission liée à la société palestinienne.

Le seconde phase dépend de l’éxécution de la première

Le Hamas a souligné que « la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord dépendra de l’engagement de l’occupation à mettre en œuvre toutes les dispositions de la première phase ».

Il a souligné que « l’accord visant à inclure le dossier des armes lourdes dans le cadre de l’accord était lié et conditionné à l’arrêt de toutes les formes d’agression et au retrait de la bande de Gaza. »

L’approbation est également conditionnée par « l’entrée en fonction du comité administratif, le déploiement de forces de protection internationales, le démantèlement des bandes armées et des milices formées par l’occupation, et la reconstruction ».

De plus, l’accord est subordonné à la garantie du droit à l’autodétermination, à la création d’un État palestinien indépendant et à la protection des droits des citoyens.

Source : Divers