Le quotidien libanais al-Akhbar a mis en garde contre des tentatives pernicieuses de reproduire une milice libanaise collaboratrice comme dans les années 70 du siècle dernier.
Evoquant l’accord parrainé par les États-Unis d’un cessez-le-feu conditionnel et de « zones expérimentales » au sud du fleuve Litani censées être exemptes du Hezbollah, il rapporte citant des médias locaux qu’un appel attribué à l’armée ennemie israélienne a demandé aux habitants de localités sud-libanaises dont Deir Mimas, Qalayaa, Marjeyoun et Ebl al-Saqi, d’établir des points de contrôle, de vérifier l’identité des personnes entrant et d’empêcher l’accès aux étrangers, sous prétexte d’empêcher les membres du Hezbollah d’entrer dans les villages et de protéger les habitants.
« Lorsque l’ennemi demande aux habitants d’ériger des barricades, ce n’est pas par souci pour eux, mais pour exploiter leur peur. Il veut leur faire croire que le danger ne vient pas d’Israël, mais de la résistance », estime le chroniqueur d’al-Akhbar Abdullah Badawi, selon lequel « l’ennemi veut transformer la relation entre le village et la résistance en une relation de suspicion, de surveillance et d’accusation ».
Rappelant que le sud du Liban avait connu dans le passé un scénario similaire avec la création de la milice de l’Armée du sud du Liban (ASL), dans les années 70 du siècle dernier, sous le commandement de l’officier de l’armée libanaise qui avait fait défection Saad Haddad, lequel a été succédé par Antoine Lahad.
« Aujourd’hui, la même formule ne se reproduira peut-être pas sous sa forme originale. On n’assistera pas forcément à une déclaration de défection, à la délimitation d’une bande frontalière, ni à un commandant hissant un drapeau à Marjeyoun. La nouvelle version sera peut-être plus acceptable : un moyen de pression à Washington, des zones expérimentales sous couvert de trêve, des points de contrôle locaux au nom de la protection des civils, et des restrictions d’entrée et des inspections dont le sens et les règles sont définis par Israël. Ainsi, la nouvelle « milice de Lahad » naît non pas des casernes, mais des points de contrôle. Non pas d’une déclaration fondatrice, mais d’un coup de fil. Non pas avant tout au nom de la collaboration, mais au nom de la survie », déplore al-Akhbar.
