La Commission européenne a averti « d’un net ralentissement de la croissance économique de la zone euro, dû à l’impact du conflit avec l’Iran et à la hausse des prix de l’énergie. Elle prévoit une croissance du PIB de 0,9 % en 2026, contre 1,4 % l’an dernier », selon Bloomberg.
La Commission a également abaissé « ses prévisions de croissance pour 2027 à 1,2 %, soit 0,3 point de pourcentage de moins que ses prévisions de novembre ».
Concernant l’inflation, la Commission s’attend à ce qu’elle atteigne en moyenne 3 % cette année, contre seulement 1,9 % lors de la précédente estimation, dépassant ainsi l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Elle ajoute que « l’inflation devrait de nouveau baisser pour s’établir à 2,3 % l’an prochain ».
Avertissement concernant la poursuite de la hausse des prix jusqu’à l’année prochaine
Le commissaire économique Valdis Dombrovskis a déclaré que « le conflit au Moyen-Orient avait provoqué un choc majeur dans le secteur de l’énergie », ajoutant que « l’Europe était confrontée à des défis supplémentaires dans un contexte de tensions géopolitiques et commerciales ».
M. Dombrovskis a ajouté que la région « court un risque réel de choc stagflationniste, avec une faible croissance et une forte inflation ».
À Bruxelles, les autorités ont averti que « des troubles prolongés liés à la guerre pourraient affaiblir l’activité économique et maintenir la hausse des prix jusqu’à l’année prochaine ».
L’inflation devrait encore augmenter, et tout resserrement de la politique monétaire pourrait accentuer la pression sur une activité économique déjà atone.
Les économistes anticipent une hausse des taux d’intérêt d’un quart de point le mois prochain, et les opérateurs parient sur deux ou trois hausses de taux cette année.
Parallèlement, la Banque centrale européenne (BCE) publiera de nouvelles prévisions lors de sa réunion des 10 et 11 juin, après avoir prévu en mars une croissance du PIB de 0,9 % et une inflation moyenne de 2,6 %.
Activité du secteur privé en zone euro
Selon les rapports, « l’activité du secteur privé dans les 21 pays membres de la zone euro s’est contractée en mai à son rythme le plus rapide depuis deux ans et demi. L’Allemagne et la France sont toutes deux confrontées à un risque de récession au deuxième trimestre, après une croissance de 0,1 % en début d’année ».
Concernant l’Allemagne, première économie européenne, la Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, les ramenant à 0,6 %. Elle a également revu ses prévisions pour l’année prochaine, les faisant passer de 1,2 % à 0,9 %.
Bien que les centaines de milliards d’euros de fonds de relance injectés dans la défense et les infrastructures devraient encore apporter un certain soutien, leurs effets sont de plus en plus atténués par la guerre en cours et les tensions commerciales.
La Banque centrale allemande
La Banque centrale allemande (Bundesbank) a indiqué jeudi que « l’économie resterait relativement stable au deuxième trimestre, après une croissance de 0,3 % en début d’année ».
Le rapport ajoute « qu’entre avril et juin, la guerre devrait avoir un impact plus large et plus marqué sur l’économie, précisant que l’effet final dépendra largement de la durée du conflit ».
L’économie française
Concernant l’économie française, la deuxième de la zone euro, la croissance devrait atteindre respectivement 0,8 % et 1,1 % cette année et l’année prochaine, globalement conformément aux prévisions de novembre.
Toutefois, l’activité du secteur privé s’est contractée en mai à son rythme le plus rapide depuis cinq ans et demi, la hausse des coûts de l’énergie ayant pesé sur les consommateurs et les entreprises.
Il convient de noter que certains gouvernements, dont le gouvernement allemand, ont mis en œuvre une série de mesures relatives à la fixation des prix des carburants, à l’octroi de soutiens et à la réduction des impôts afin d’alléger la charge pesant sur les ménages et les entreprises. Cependant, ces interventions restent à ce jour bien moindres qu’en 2022, année où la guerre russo-ukrainienne avait entraîné une inflation record de 10,6 % dans la zone euro.
Source : Médias
