samedi, 09/05/2026   
   Beyrouth 13:22

Liban : le gouvernement capitule face à l’ennemi en acceptant les négociations sous le feu

Nawaf Salam et le représentant du Liban pour les négociations Simon Karam

Dans un contexte régional extrêmement complexe, où les négociations internationales se mêlent aux conflits sur le terrain, le Liban entame un nouveau cycle de négociations avec Israël tandis que le sud reste exposé à la possibilité d’une explosion à tout moment, sur fond d’escalade israélienne dans le sud atteignant la banlieue sud de Beyrouth, dans une scène qui illustre clairement l’effondrement de tous les espoirs véhiculés sous le slogan de « l’instauration d’un cessez-le-feu ».

Cela laisse pratiquement penser que le gouvernement entamera des négociations sous la contrainte, c’est-à-dire conformément aux souhaits d’Israël. Il ne semble nullement être en mesure d’imposer ses conditions ni vouloir protéger leur souveraineté ; il cherche plutôt à gagner du temps en minimisant les pertes, tout en continuant de s’appuyer sur le rôle des États-Unis pour contenir Israël.

Dans ce contexte, le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que « le gouvernement entend faire de l’État le seul point de référence dans tout futur processus de négociation avec Israël, par le biais des institutions constitutionnelles officielles », soulignant que « la priorité actuelle est d’empêcher l’effondrement du cessez-le-feu avant d’entamer de nouvelles négociations ». Salam a passé sous silence le fait qu’aucun cessez-le-feu n’est en vigueur sur le terrain.

Salam a déclaré à la chaine qatarie Al Jazeera que « le Liban aborde les négociations comme un processus intégré qui ne se limite pas à une désescalade militaire, mais comprend l’arrêt des attaques israéliennes sur le territoire libanais, la libération des prisonniers libanais, l’établissement d’un calendrier clair pour le retrait israélien et le retour des personnes déplacées dans les villages frontaliers de manière à permettre le lancement de la phase de reconstruction et la prise en compte des répercussions humanitaires et économiques de la dernière guerre. »

Salam a réitéré les propos tenus précédemment par le président Joseph Aoun, selon lesquels le Liban cherche à « obtenir des garanties américaines et internationales qui lui permettront de rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire, parallèlement à des contacts régionaux et internationaux visant à prévenir l’extension du conflit et à réajuster les règles d’engagement à la frontière sud ». Des sources bien informées ont indiqué que « la déclaration du Premier ministre, qui lie les négociations aux conditions libanaises, s’explique par les mêmes facteurs qui ont incité Aoun à prendre du recul, le plus important étant la position arabe qui appelle à la prudence et à ne pas précipiter les choses ni à offrir à Netanyahu plus que nécessaire ».

De son côté, Aoun a rencontré hier l’ancien ambassadeur Simon Karam pour discuter de l’ordre du jour du prochain cycle de négociations qui devrait se tenir à Washington la semaine prochaine. Il a également reçu un appel du conseiller britannique à la sécurité nationale, Jonathan Powell, qui a pris connaissance de la demande d’Aoun : « Le Liban s’engage à un cessez-le-feu complet, préalable indispensable à l’ouverture de négociations visant à mettre fin à la situation explosive dans le sud, permettant ainsi le redéploiement de l’armée libanaise aux frontières internationales, la libération des prisonniers libanais et le retour des personnes déplacées dans leurs villages et villes. »

Lors de ses rencontres avec des responsables européens et onusiens, Aoun a déclaré qu’il était « nécessaire d’exercer une réelle pression internationale pour contraindre Israël à cesser le feu et à arrêter de cibler les civils, le personnel médical, les journalistes et la protection civile », considérant qu’« Israël agit en dehors de toutes les lois et normes internationales », et il a appelé la communauté internationale à fournir une aide humanitaire urgente compte tenu des lourdes pertes humaines et des besoins croissants des personnes déplacées.

Dans le même temps, Washington et Tel Aviv ont accru la pression politique et médiatique sur la résistance, et le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé que « le Hezbollah représente une menace pour Israël et le Liban, et que les États-Unis ne négocieront pas avec le parti mais avec le gouvernement libanais », soulignant « la nécessité de permettre à l’État libanais d’exercer pleinement sa souveraineté ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar