L’autorité du commerce britannique a rapporté, dans une note consultative publiée ce lundi par le comité conjoint de gestion des crises, que le niveau de menace pour la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz « demeure critique » en raison des opérations militaires régionales en cours.
Elle a ajouté que « les marins doivent s’attendre à une présence navale accrue, à un renforcement des mesures de protection des forces, à une probabilité de contacts via radio VHF et à des encombrements à proximité des zones de mouillage ».

Conditions de transit organisé dans le détroit d’Ormuz
Dans les détails, l’autorité britannique a précisé que les États-Unis ont « instauré une zone de sécurité renforcée pour soutenir le transit dans le détroit d’Ormuz, au sud du dispositif de séparation du trafic ».
En conséquence, l’autorité a conseillé aux navires souhaitant traverser le détroit d’Ormuz d’envisager de suivre un itinéraire via les eaux territoriales omanaises, au sud de la zone de séparation, en coordination avec les autorités omanaises sur le canal « VHF 16 » pour garantir la sécurité de la navigation.
Elle a affirmé que le passage via ou à proximité de la zone de séparation du trafic est « considéré comme extrêmement dangereux en raison de la présence de mines qui n’ont pas été totalement détectées ni retirées ».
L’autorité a également conseillé aux opérateurs de réviser soigneusement leurs évaluations des risques et leurs itinéraires avant le transit.
Peu avant la publication de cette note, l’UKMTO avait signalé qu’un « pétrolier a été touché par des projectiles inconnus au nord de Fujaïrah, aux Émirats Arabes Unis ».
Trump lance l’opération « Projet Liberté »
Ceci intervient après l’annonce par le président américain Donald Trump, dans la nuit de dimanche à lundi, du lancement de l’opération « Projet Liberté » visant à dégager les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz, laquelle débutera lundi matin, heure du Moyen-Orient.
Trump a déclaré sur sa plateforme « Truth Social » que « si cette opération humanitaire fait l’objet d’une quelconque interférence, nous devrons traiter cette intervention avec fermeté ».
Il a ajouté que ses représentants « mènent des discussions très positives avec l’Iran », soulignant que ces pourparlers « pourraient mener à des résultats positifs pour tous ».
Trump a estimé que le transfert des navires « vise uniquement à libérer les individus, les entreprises et les nations qui n’ont rien commis de mal mais sont victimes des circonstances », qualifiant cette initiative d’« humanitaire de la part des États-Unis, des pays du Moyen-Orient et particulièrement de l’Iran ».
Il a poursuivi : « Je pense que cela pourrait grandement contribuer à démontrer la bonne volonté de toutes les parties impliquées dans un conflit intense ces derniers mois ».
De son côté, le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que le plan américain pour escorter les navires à travers le détroit d’Ormuz « inclura des destroyers lance-missiles, plus de 100 avions, des plateformes multi-domaines sans pilote et environ 15 000 membres du personnel ».
Iran : toute intervention US dans le système du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu
En réponse, le président de la commission de la sécurité nationale au Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a affirmé sur la plateforme « X » que toute intervention américaine dans le système du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu.
Il a souligné que le détroit d’Ormuz et les eaux du Golfe ne seront pas gérés par des publications « illusoires » du président américain Donald Trump.
Pour sa part, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé que « l’Iran confirme la pleine préparation de ses forces armées pour une riposte décisive à tout mouvement illégal ou agression contre ses intérêts nationaux ».
« Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui dans la région est la conséquence directe des interventions et des agressions militaires américaines et sionistes contre la souveraineté de l’Iran. L’Iran se considère comme le gardien principal de la sécurité du détroit d’Ormuz, cette voie navigable qui était, jusqu’au 28 février, un modèle de trafic sûr et stable », a-t-il renchéri.
Et de conclure: « Les responsables américains doivent comprendre que le langage de la menace et de la force contre le peuple iranien est inutile, et que la répétition des erreurs du passé ne fera que les enfoncer davantage dans le bourbier qu’ils ont eux-mêmes créé sur les plans régional et international ».
