Dans un premier bilan officiel des résultats de l’agression contre l’Iran, le Pentagone a annoncé hier que le coût de la guerre s’élève à ce jour à « environ 25 milliards de dollars ».
Ce chiffre, diffusé par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Keene, devant la commission des services armés de la Chambre des représentants, n’était pas le seul élément brûlant de la séance.
Celle-ci a été marquée par un grand tumulte face aux questions des législateurs démocrates, qui ont interrogé Hegseth sur les raisons ayant poussé le président Donald Trump à lancer des attaques militaires contre l’Iran il y a environ deux mois, ainsi que sur le débat concernant la pertinence de l’épuisement du Trésor public.
Le secrétaire à la Guerre a tenté de promouvoir le récit du succès de l’administration, prétendant que les opérations militaires « ont réussi » et que l’Iran a « perdu » une grande partie de ses capacités offensives, mais il est rapidement tombé dans le piège de la contradiction.
Alors qu’il affirmait que les installations nucléaires iraniennes « ont été totalement détruites » lors de la guerre de juin de l’année dernière, Hegseth est revenu justifier la reprise de la guerre contre l’Iran par le fait que cette dernière « n’a pas renoncé à ses ambitions nucléaires » et que l’arme nucléaire constituait une « menace imminente », répondant ainsi au député Adam Smith, principal démocrate de la commission des forces armées.
Ce flottement a poussé Smith à répliquer avec ironie, estimant que l’aveu de Hegseth signifie que l’opération « Marteau de la Nuit » sur l’Iran l’an dernier n’avait rien accompli de probant.
De son côté, le député démocrate John Garamendi a déclaré que « cette guerre actuelle et ses objectifs stratégiques sont sujets à caution et au doute ».
Simultanément, le désarroi de l’administration est apparu clairement dans son refus de fixer une limite temporelle ou financière à la guerre.
Hegseth a refusé de préciser le nombre de mois supplémentaires nécessaires pour achever la campagne, tout comme il a refusé d’indiquer les montants financiers qui seront demandés au Congrès pour son financement.
Lorsque le député Seth Moulton lui a demandé : « Sommes-nous en train de gagner la guerre ? », Hegseth a répondu « Oui, certainement », avant d’être relancé par Moulton sur la fermeture du détroit d’Ormuz : « Considérons-nous la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran comme une victoire ? ».
Hegseth a alors tenté de masquer l’impasse en affirmant : « Nous avons planifié ce scénario, et maintenant nous avons imposé un blocus sur leur blocus, ce qui signifie que nous contrôlons la situation et non l’inverse », provoquant le sarcasme de Moulton : « C’est donc là votre définition de la victoire ! ».
À l’extérieur de la salle, la tension n’était pas moindre. Des manifestants ont encerclé Hegseth avant le début de la séance, l’assaillant de questions reflétant la colère populaire face aux décisions de la Maison-Blanche : « Combien de soldats américains doivent mourir pour Israël ? », « Pourquoi avez-vous ordonné de frapper des écoles abritant des enfants ? », « Pourquoi coupez-vous l’aide à l’Ukraine ? ».
Pendant ce temps, loin du « contrôle » revendiqué par Hegseth, les chiffres à Washington reflétaient l’inquiétude face à la fermeture prolongée du détroit.
La Réserve fédérale a admis que « les développements au Moyen-Orient contribuent à un niveau élevé d’incertitude sur les perspectives économiques ».
Tout en maintenant les taux d’intérêt à leur niveau actuel (entre 3,5 et 3,75 %), la banque centrale a reconnu que « l’inflation reste élevée, en partie à cause de la hausse des prix de l’énergie ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
