samedi, 18/04/2026   
   Beyrouth 11:16

Moussawi avertit le chef de l’Etat Aoun : les négociations avec les sionistes seront jetées à la poubelle !

Le responsable du dossier des ressources et des frontières au Hezbollah sayed Nawaf al-Moussawi a mis en garde le président libanais contre des négociations avec Israël.

« Les négociations avec les sionistes seront jetées à la poubelle comme l’avait été l’accord du 17 mai. Nous l’avorterons ! », a-t-il averti lors d’une interview vendredi soir avec notre chaine al-Manar.

Le 17 mai 1983, pendant l’invasion israélienne du Liban à partir de 1982, le gouvernement libanais sous l’égide de l’ex-président libanais Amine Gemayyel avait conclu un accord avec l’entité sioniste mais il a été abrogé un an plus tard en 1984. A noter que l’accord stipulait un retrait israélien de tout le Liban dans un délai de 8 à 12 semaines, ce qu’Israël n’a jamais exécuté.   

Le gouvernement libanais actuel président par Nawaf Salam a entamé au lendemain de l’annonce du cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis, des négociations directes avec le gouvernement d’occupation israélien, qui ont abouti à une rencontre entre les ambassadeurs libanais et israélien à Washington et l’ambassadeur de ce dernier au Liban, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Vendredi soir, le chef de l’Etat Joseph Aoun a laissé entendre que ces négociations vont se poursuivre estimant « qu’elles ne constituent pas un signe de faiblesse ni une concession et n’implique pas le renoncement à aucun droit ni à la souveraineté ».

 « À ceux qui jouent avec le destin du Liban, je dis que trop c’est trop, et que le projet libanais est l’option la plus sûre pour tous », a-t-il dit dans son discours.

« Si le président de la république se plie à Trump et rencontre Netanyahu, il perdra en conséquence sa qualité de chef de l’Etat », a aussi averti Nawaf al-Moussawi. « Mon conseil au président Aoun, à ceux qui se trouvent derrière lui et ceux qui sont avec lui, gare à celui qui pourrait se tromper à ce sujet ».

Vendredi, les médias libanais ont rendu compte de tentatives du président américain Donal Trump de pousser Joseph Aoun à avoir un contact téléphonique avec Netanyahu.

« La légitimité puise de l’intérieur et non de l’extérieur », a aussi rappelé Moussawi.

Evoquant le cessez-le-feu de 10 jours annoncé jeudi, Moussawi a aussi contesté la version véhiculée par le chef de l’Etat selon lequel « il est le fruit des efforts libanais ».

« La trêve au Liban est liée à l’Iran qui a façonné le cessez-le-feu », a-t-il assuré. Téhéran a refusé d’entamer le second round des négociations et d’ouvrir le détroit d’Ormuz avant d’annoncer le cessez-le-feu au Liban qui avait été inclus dans les tractations qui avaient eu lieu pour instaurer le cessez-le-feu. Ce qui a été confirmé par le médiateur pakistanais plusieurs fois.

L’Iran est sorti fort apres la guerre déclenchée contre lui, ce qui nous rendus fort au Hezbollah, nous sommes plus forts qu’en 2024 », a-t-il aussi souligné.

Selon Moussawi, l’objectif du Hezbollah n’est pas le cessez-le-feu mais le retrait total de l’armée israélienne et le retour des déplacés sans restriction ni conditions ».

« Tant que nous sommes vivants, il ne restera aucun soldat israélien au sud du Liban », a-t-il affirmé.

Et de poursuivre : « Nous avons été impressionnés par le courage des jeunes résistants dans la localité de Bint Jbeil », où une bataille a été livrée contre les soldats ennemis qui ont tenté de l’occuper.

Moussawi a révélé que la résistance a changé de méthode de combat et « ses communications se font désormais au pigeon voyageur », en allusion aux moyens technologiques sophistiqués qui ont été utilisés par les Israéliens pour infiltrer le système de communication de la résistance et qui a coûté la vie à d’innombrables chefs et membres.

« Dans chaque position où un frère responsable s’élève en martyr, il y aura deux remplaçants prêts à remplir sa place. Ceci n’affecte nullement la poursuite de la bataille », a-t-il précisé.

Source : Al-Manar