Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, a réaffirmé le rejet par le Hezbollah de toute négociation avec l’entité israélienne, les considérant comme « des négociations futiles » alors que c’est tout le Liban qui est menacé par le projet de « Grand Israël ».
A la veille d’une rencontre à Washington entre responsables libanais et israéliens, sous le parrainage des Etats-Unis, il a rappelé qu’un consensus libanais est indispensable pour passer d’une politique de non-négociation à une négociation directe.
Selon cheikh Qassem, cette ligne de conduite s’inscrit dans une série de concessions gratuites faites par les autorités libanaises, qui se sont avérées dans la pratique être des concessions perdantes qui humilient le Liban, tant le gouvernement que le peuple.
Il a réaffirmé que la résistance se poursuivra au gré des sacrifices consentis, car c’est la seule option, sinon c’est la capitulation qui n’aura jamais lieu.
Il a demandé aux autorités libanaises de revenir sur leur décision de criminaliser la résistance et de réviser leur relation avec l’Iran insistant qu’il faut accepter la proposition iranienne d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu négocié avec les Etats-Unis. « Nous devons accepter l’aide de tous les pays qui veulent nous aider », a-t-il affirmé.
Il a surtout mis en garde contre les tentatives de monter l’armée libanaise contre la résistance, et celles de séditions entre sunnites et chiites, entre le Hezbollah et le mouvement Amal, assurant qu’elles seront vouées à l’échec.
Les idées principales du discours du secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem
La diplomatie n’a pas progressé d’un iota
« Nous sommes confrontés à une brutale agression israélo-américaine depuis le début de la Bataille des Braves (la bataille de 66 jours en 2024, ndlr). Cette agression ne tient compte d’aucune considération humanitaire ou morale, et il s’agit en fait d’une occupation au sens plein du terme
(Durant cette bataille) nous avons persévéré, les résistants ont persévéré, notre peuple a persévéré, et le Liban a persévéré, et grâce à cette persévérance et à cette confrontation, et avec tous les résistants et tous les mouvements de résistance, nous avons pu atteindre le point où l’État libanais a signé un accord indirect avec l’ennemi israélien le 27 novembre 2024.
A la base de cette accord, l’agression aurait dû cesser complètement, Israël devait se retirer, les prisonniers auraient dû être libérés et la reconstruction aurait dû commencer. Mais l’ennemi israélien n’a respecté aucune clause de l’accord pendant quinze mois, ni aucune étape de celui-ci, puisque plus de 10 mille violations ont eu lieu, mais nous sommes restés patients.
Environ 500 civils, des jeunes et d’autres personnes, ont été tués en martyrs, des centaines ont été blessés et des maisons ont été détruites. Pourtant, nous sommes restés patients.
La diplomatie n’a pas progressé d’un iota. On nous répétait sans cesse : “Soyez patients, nous avons des contacts et nous faisons pression”, mais le rythme est resté le même, avec la poursuite de l’agression israélienne contre le Liban, menée avec le plein soutien des États-Unis. »
Tout le Liban est menacé
L’agression israélienne vise à détruire la puissance du Liban en vue de la création d’un « Grand Israël », ainsi la résistance poursuivra la confrontation.
Notre réponse est intervenue au bon moment, le 2 mars, et nous avons constaté que c’était le moment opportun pour dire stop et mettre en œuvre l’accord. Ce timing a révélé qu’un plan d’agression de grande envergure avait été préparé contre le Liban, et nous avons ainsi empêché l’entité israélienne de nous surprendre et de nous infliger des pertes considérables, comme cela aurait pu se produire lors d’une attaque surprise.
Les objectifs de l’agression israélienne sont clairs : anéantir la puissance du Liban et sa résistance en vue de la création d’un Grand Israël. D’aucuns lancent des déclarations divergentes sur le Grand Israël mais les faits, les déclarations et les actions agressives l’attestent.
Tout le Liban est visé, car lorsqu’Israël entreprend d’occuper le Sud-Liban, cela compromet tout le Liban. Lorsqu’il a commencé à exercer des pressions, à tuer et à semer la mort sur le territoire libanais, cela signifie que tout le Liban est visé. Le Grand Israël vise tout le Liban, pas seulement la résistance, ni un seul groupe de Libanais.
En cas d’agression, c’est l’État libanais qui est censé affronter l’ennemi israélien et charger son armée et ses forces de sécurité de le faire. L’incapacité de l’État à affronter l’ennemi peut se justifier par sa faiblesse, mais il est injustifiable que l’État libanais, fort de son autorité, devienne un instrument au service d’Israël pour lui permettre de parvenir aux fins qu’il souhaite, en exerçant des pressions sur la résistance et en prenant des mesures et des décisions qui contribuent à affaiblir la situation intérieure face à l’ennemi israélien.
Israël a clairement déclaré, de concert avec les États-Unis, qu’il souhaite renforcer l’armée libanaise pour désarmer et combattre le Hezbollah, et qu’il souhaite que l’État libanais abolisse les institutions culturelles, sociales, politiques, éducatives et sanitaires du Hezbollah, c’est-à-dire qu’il élimine l’existence de la résistance et de tous ceux qui la soutiennent.
Même lorsqu’ils parlent de soutenir l’armée, ils ne veulent pas la soutenir pour qu’elle contrôle les frontières, mais plutôt la pousser à combattre son propre peuple, et c’est quelque chose que l’armée libanaise ne peut pas faire.
Au Liban, certains ont accepté de tuer leurs propres compatriotes et de se soumettre aux diktats américains. Le patriotisme, c’est l’unité, pas la division. Certains d’entre nous collaborent avec l’ennemi, d’autres œuvrent pour le bien de la nation. Cela jette le doute sur le patriotisme de ceux qui agissent au service de l’ennemi, même s’ils prétendent le contraire.
Nous sommes la cible d’une menace existentielle, et notre patrie est visée par le projet du Grand Israël. Personne n’a le droit de nous dicter comment gérer notre pays, ni en tant que citoyens libanais, ni en tant qu’autorité libanaise. C’est pourquoi nous avons décidé de nous opposer à cette menace et de résister pour défendre le Liban et son peuple, et nous menons ainsi le combat contre cette tempête dévastatrice.
Cette agression israélienne n’est pas une bataille pour la sécurité d’Israël. Il est inutile de dire qu’Israël vit dans l’angoisse ou que les colonies souffrent. Il ne s’agit pas d’une bataille pour la sécurité du nord.
C’est une agression qui vise à dévorer le Liban et à anéantir sa force, son peuple et sa résistance. »
« Nous laisserons par le le champ de bataille »
S’adressant au Premier ministre libanais Nawaf Salam , il a dit:
« Votre Excellence, ils font pression sur vous pour affronter votre peuple, mais ils ne seront satisfaits que lorsque tout s’effondrera en faveur d’Israël.
Nous sommes tous les fils d’un même pays, que nous devons construire ensemble, afin qu’il devienne un modèle dans la région en matière d’indépendance, de liberté, de dignité, de construction, de coopération et d’unité nationale.
Monsieur le Premier ministre, qu’ont proposé ceux qui font pression sur le Liban depuis la formation de votre gouvernement ? Leurs seules exigences visent à attiser les crises internes et à justifier l’occupation, sans qu’aucun soutien ne soit apporté pour empêcher l’agression ou reconstruire le Liban. Nous devons faire face ensemble à l’agression, puis à parvenir à un accord sur l’avenir et sur toutes les questions.
Notre décision de résister est sans appel : nous ne nous arrêterons pas, nous ne connaîtrons aucun répit et nous ne capitulerons pas. Nous laisserons parler les champs de bataille, tandis que nos langues s’emploieront à invoquer Dieu Tout-Puissant. »
Les négociations avec Israël, une soumission
S’adressant aux autorités libanaises à la veille d’une rencontre avec des responsables israéliens dans la capitale américaine, il a dit :
« La résistance rejette les négociations avec l’entité israélienne usurpatrice, et ces négociations sont futiles et nécessitent un consensus libanais pour passer de la non-négociation à la négociation directe, comme cela est actuellement proposé. Personne n’a le droit d’entraîner le Liban sur cette voie sans accord interne, et cet accord n’a pas été obtenu.
Cela fait partie d’une série de concessions gratuites faites par l’autorité, et il a été démontré dans la pratique qu’il s’agit de concessions perdantes, utilisées pour offenser le Liban et nuire au gouvernement libanais, à son peuple et à son avenir.
L’Israélien l’affirme clairement, et l’ambassadeur israélien le répète : l’objectif de ces négociations est de désarmer le Hezbollah et de parvenir à la paix avec l’ennemi, comme le répète également Benjamin Netanyahu. Comment peut-on donc engager des négociations dont l’objet est connu d’avance ?
Vous dites vouloir un cessez-le-feu, mais quels sont vos atouts ? Nous ne sommes pas d’accord avec les fondements de cette négociation, car il s’agit de soumission, de capitulation et de dépossession du Liban de son pouvoir. »
Il faut une position héroïque et historique en annulant cette réunion de négociation. Alors les pays se rallieront à vous, vous bénéficierez d’une grande popularité auprès du peuple libanais et vous serez en mesure d’utiliser votre influence pour contraindre l’ennemi à appliquer les accords.
L’accord du 27-11 existe déjà et doit être mis en œuvre, par la suite les autres questions pourraient être débattues.
L’autorité désavoue la résistance au moment où elle devrait la soutenir. La résistance ne combat pas seule, tandis que l’entité israélienne s’appuie sur des centaines de milliers de réservistes, le nombre de ses soldats déployés dans le nord de la Palestine occupée s’élevant à environ cent mille hommes, dont la plupart sont des réservistes, dans le but de maintenir et d’étendre son occupation.
À l’inverse, les autorités libanaises abandonnent leur potentiel et leurs capacités, ainsi que les personnes qui pourraient les aider à relever les défis, alors qu’elles sont responsables de la souveraineté, de la libération et de la protection des citoyens. »
Exécuter l’accord du 27 novembre
Selon cheikh Qassem, la seule issue réside dans l’application de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 à l’issue de la guerre de 66 jours.
« La seule voie qui permet d’atteindre la souveraineté et de sauver le Liban est la mise en œuvre des dispositions de l’accord. Premièrement, l’agression doit cesser immédiatement, par voie terrestre, maritime et aérienne. Deuxièmement, il doit y avoir un retrait israélien immédiat de tous les territoires libanais occupés. Troisièmement, les prisonniers doivent être libérés. Quatrièmement, la population doit retourner dans ses villages et ses villes, jusqu’à la dernière maison située dans la zone frontalière et à l’intérieur des frontières du Liban. Cinquièmement, la reconstruction doit reposer sur une décision officielle, un soutien international et la responsabilité de tous les acteurs concernés. Ce sont là les cinq conditions ; elles doivent être mises en œuvre en priorité, et ensuite seulement, les autres questions pourront être abordées sereinement.
Nous, Libanais, savons travailler, coopérer et prendre nos décisions. Si l’agression persiste, que ferons-nous ? Soit la confrontation, soit la capitulation ; il n’y a pas de troisième option, et la capitulation n’aura pas lieu.
S’il est nécessaire de faire face à l’agression, alors réfléchissons, en tant que responsables et personnes honorables, à la manière d’obtenir l’aide internationale et les ressources disponibles, et à la manière d’intégrer la résistance intérieure au sein du pays à l’unité nationale dans le cadre d’un plan concret pour faire face à l’agression.
Nous allons offrir au monde le Liban en exemple
L’ennemi a dévoilé son plan, et il n’y a d’autre solution que la reddition ou l’affrontement. Nous ne nous rendrons pas, et celui qui veut se rendre peut aller se débrouiller seul, mais nous resterons sur le champ de bataille jusqu’à notre dernier souffle.
S’ils disent qu’ils nous tuent, nous leur dirons que nous les tuons aussi. S’ils disent qu’ils nous attaquent, sachez que nous les affrontons. Certes le monde les soutient, mais c’est le monde arrogant. Nous réclamons justice et nous allons offrir au monde l’exemple d’un Liban qui, avec son peuple, son armée et sa résistance, tient tête à l’ennemi israélien.
Nous ne demandons rien. Nous leur disons simplement de nous laisser tranquilles. Nous voulons notre pays, libérer notre terre et que cesse l’agression dont nous sommes victimes. Ce sont eux qui nous attaquent, pas nous.
Tant que les autorités œuvreront à soutenir ou à faciliter les objectifs de l’agression, celle-ci se poursuivra et aucune stabilité ne sera réalisée. Réunissons-nous tous et réfléchissons à la manière de sortir de cette impasse.
On ne peut pas déformer les faits. Nous combattons un ennemi clairement identifié qui proclame ouvertement son agression, son occupation, le massacre de civils et la destruction de vies humaines. C’est la guerre du Liban contre l’ennemi israélo-américain, et non la guerre d’autrui.
Quiconque occupe notre terre, tue nos jeunes et détruit nos villes est l’ennemi. Il est absurde de dire que c’est la guerre de quelqu’un d’autre ; nous menons une bataille directe sur notre propre sol.
L’ennemi israélo-américain compte sur ses alliés pour étendre son projet criminel, et nous ne demandons à personne de combattre à notre place, mais nous saluons toute participation ou tout soutien arabe ou islamique pour faire face à cette agression. »
Nous capturerons des soldats ennemis
Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, a souligné que « les moudjahidines sur le terrain tracent les plus grandes épopées avec une performance légendaire. Nous avons les hommes les plus honorables et les plus braves. »
« Nous sommes victorieux certainement. On me demande souvent : comment pouvez-vous affirmer la victoire alors que vous êtes tués ? Non, nous sommes victorieux désormais et à chaque instant, malgré les immenses sacrifices. La victoire, c’est tenir bon sur le champ de bataille, continuer à affronter l’ennemi, le frapper comme nous le faisons, l’empêcher d’atteindre ses objectifs (et il n’y parviendra pas), l’empêcher de se reposer sur ses lauriers (et il ne se reposera pas, si Dieu le veut). Nous sommes victorieux par la victoire et le martyre.
Certains d’entre nous tombent en martyrs, d’autres continuent le combat. Voici Karbala, terre de martyre et lieu de continuation du chemin. Nous sommes Karbalaïtes, ce qui signifie que nous ne nous soumettons pas à l’humiliation, mais que nous luttons jusqu’au martyre et à la victoire, car certains tombent en martyrs et d’autres triomphent. C’est ce qui arriva à l’Imam Hussein, que la paix soit sur lui. Ceux qui étaient à ses côtés tombèrent en martyrs, et la nation a triomphé depuis son époque jusqu’à aujourd’hui.
Le terrain l’a prouvé. La résistance s’est préparée discrètement et en silence. Les moudjahidines pratiquent la guérilla, et non la défense de leurs positions. Nous utilisons tous les moyens de résistance possibles, et dès que l’occasion se présente, nous capturons les soldats ennemis.
Qu’ils le sachent, qu’ils s’abstiennent de se promener dans les villages ou près de certains endroits, car à tout moment nous pouvons capturer l’ennemi, et nous le combattrons par derrière, sur sa droite et sur sa gauche, et il ne saura pas d’où vient la résistance, et nous ne le laisserons pas s’installer et il vivra dans la terreur.
La résistance ne se limite pas aux combats aux frontières, mais englobe tous les moyens disponibles, et surtout la foi, la volonté et les capacités mobilisées avec force et détermination. Nous n’avons pas de critère pour le temps ni pour l’ampleur des sacrifices, notre critère est de rester fermes, de garder la tête haute, de mettre fin à l’agression et de libérer le pays.
Ces colonies israéliennes du nord de la Palestine ne seront pas en sécurité si les Israéliens pénètrent dans n’importe quelle zone du Liban, et la démolition des maisons rendra la terre stérile, ce qui rendra leur avenir difficile, car la reconstruction et le retour sont deux conditions essentielles pour mettre fin à l’agression.
Tout ce qui arrive sera restauré et reconstruit, et les frontières du Liban ne seront pas réduites d’un mètre. Nous sommes actuellement dans une situation difficile, et eux aussi, mais la volonté et la continuité sont là, et les expériences passées le prouvent.
L’occupation qui a commencé en 1982 a fini par se terminer malgré eux. Ils ne resteront peut-être pas 18 ans, mais le peuple du pays finira par triompher grâce à une telle résistance. »
La criminalisation de la résistance, une grave erreur.
Cheikh Qassem a critiqué la criminalisation de la résistance par les autorités libanaises en disant :
« Si les opérations de déploiement de l’armée ont réussi au sud du fleuve Litani, c’est grâce à la coopération constructive entre l’armée et la résistance, et entre le gouvernement et la résistance.
Lorsque l’accord a été conclu, la résistance s’est engagée à le respecter, et lorsque l’armée s’est déployée, nous avons facilité son travail. Aucun coup n’a été porté, et l’armée n’a pas été contrainte de prendre des mesures brutales ou négatives, grâce à la coopération.
Aujourd’hui, lorsque l’autorité politique prend des décisions qui criminalisent la résistance et considèrent les résistants comme des hors-la-loi, comment peut-elle ensuite demander à la résistance de se coordonner avec elle pour régler la situation au Liban ?
Cette criminalisation est une grave erreur, et le gouvernement doit y renoncer. Revenir sur sa position est une vertu, car si vous tenez à votre pays, à votre patrie et à votre unité, vous devez nous en donner la preuve concrète.
Le maintien de cette décision perturbe tout, car cela revient à prendre une décision et à poignarder la résistance dans le dos. Comment, dès lors, pourra-t-on mettre en œuvre des mesures concrètes sur le terrain ? Et avec qui un accord sera-t-il conclu ?
L’autorité politique doit revenir sur cette décision. Il ne s’agit pas d’une décision correcte, et elle ne relève pas des décisions que l’autorité a le droit de prendre unilatéralement, car il s’agit d’une question nationale qui requiert un consensus et une charte, et elle doit être discutée dans le cadre de la stratégie de défense et de la stratégie nationale.
Si les autorités veulent affirmer que ce pays leur appartient et qu’elles veulent le protéger grâce aux forces qui y résident, alors la coopération entre l’État, la résistance, le peuple et les différentes composantes s’intensifiera, et nous serons en mesure de protéger la patrie et ses citoyens.
L’occupation finira par prendre fin, et ce n’est pas une expérience exceptionnelle. Au contraire, partout dans le monde, toute occupation qui a rencontré une résistance s’est poursuivie, et a entraîné d’énormes sacrifices qui ont touché des centaines de milliers, voire des millions de personnes, comme en Algérie et ailleurs, mais en fin de compte, l’occupation ne dure pas.
Nous sommes les propriétaires de la terre et du droit, nous redresserons la tête du Liban, nous déjouerons les tentatives de ces chauves-souris de la nuit qui attendent de mettre en œuvre les projets de l’ennemi.
Certains pensent que l’ennemi va changer l’équilibre des pouvoirs au Liban, mais il n’y parviendra pas, et aucun parti ne sera autorisé à détruire ce pays, à l’empoisonner ou à créer des conflits.
Ce conflit est orchestré par les États-Unis, l’entité israélienne et leurs alliés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. L’objectif est que l’armée combatte la résistance afin de la mettre fin et de s’emparer de ses armes. Cela fait partie du projet du Grand Israël.
Mais l’armée est consciente et mature, ses dirigeants, ses officiers et ses membres pensent à leur pays, et par conséquent elle ne peut pas se trouver dans le cercle de la sédition, tout comme la résistance ne peut pas se trouver dans le cercle de la sédition. »
Tentatives de discorde
Cheikh Qassem a enchainé en évoquant les tentatives de discorde entre sunnites et chiites, avec le mouvement Amal.
« Ils tentent également de semer la discorde entre sunnites et chiites en attisant les tensions entre les personnes déplacées et les résidents des zones mixtes, sous des prétextes politiques et médiatiques, mais ces tentatives échoueront.
Nous ne faisons qu’un avec nos frères sunnites, et ils ne parviendront pas à attiser ces troubles.
Les serviteurs d’Israël échoueront, et nous ne permettrons pas que la discorde se manifeste parmi le peuple honorable de cette nation.
Les tentatives de diviser le mouvement Amal, le Hezbollah et la résistance populaire sont vouées à l’échec car nous sommes tous les fils de l’imam al-Sadr, le fondateur de la résistance au Liban, qui a appelé à la libération du Sud avec acharnement et a affirmé qu’Israël est le mal absolu. Personne ne peut réussir à nous diviser.
Les chrétiens et les musulmans de toutes confessions et de toutes tendances, sunnites, druzes, alaouites et toutes les composantes libanaises, sont frères dans la patrie et dans les messages célestes. Ce qui nous unit est bien plus fort que les démons intérieurs et extérieurs et les trompettes de la sédition.
Pas de cellule dans les pays du Golfe
Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, s’est adressé aux États du Golfe, notamment au Koweït, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, et a déclaré :
« Nous n’avons de problème avec personne, nous n’avons pas de cellules dans vos pays et nous n’avons aucune organisation Hezbollah dans aucun pays du monde.
Quel est votre intérêt à vous opposer à ces millions de personnes dans la région, à inventer des accusations et à poursuivre des gens en justice pour une photo, un mot, un don ou quelque chose de similaire ?
Nous avons nié à trois reprises tout lien avec ce qui se passe au Koweït, affirmé qu’il n’existe aucune cellule du Hezbollah et que toutes les accusations sont fausses, et pourtant, ces accusations persistent.
Il n’existe aucune preuve à l’appui de ces affirmations, et nous n’avons pas de partis ou de forces disséminés dans toute la région ou le monde comme cela est prétendu, et cette affirmation au sein du pays repose sur des raisons erronées.
Nous devons coopérer ensemble, car il faut s’opposer au projet israélien qui affectera tout le monde ; personne ne doit rester les bras croisés et regarder ou soutenir cette voie. »
Des rumeurs pour créer un problème avec la Syrie
Concernant la question syrienne, le cheikh Qassem a déclaré :
« Dès le premier jour, nous avons affirmé que le peuple syrien était libre de ses décisions dans cette nouvelle phase, et nous n’avons jamais prétendu intervenir. C’est au peuple syrien qu’il revient de choisir ses dirigeants, son système, son mode de vie et ses relations. »
Ceux qui répandent des rumeurs pour créer un problème entre la Syrie et le Liban, dans le but d’amener l’armée syrienne ou des partis syriens à s’ingérer dans les affaires libanaises au moment même où le Liban est soumis à des attaques israéliennes, commettent un crime majeur.
Nous espérons que les dirigeants syriens et le peuple syrien sont conscients du danger que représentent les tentatives visant à les pousser dans un conflit avec le Liban au profit des États-Unis et d’Israël, qui cherchent à plonger la région dans le chaos.
Nous n’avons aucun problème avec la Syrie, et notre seul ennemi est l’ennemi israélien, qui opère sous l’égide des États-Unis. »
Aux personnes déplacées : dirigez votre colère contre Israël
« Nous, nous sommes fiers des déplacés. Vous êtes un peuple d’honneur, de chevalerie, de résistance et de sacrifice. Votre patience a stupéfié le monde, votre soutien est une source de fierté pour les peuples libres et l’éducation que vous donnez à vos enfants et à vos jeunes est l’incarnation même de l’humanité.
Nous mangeons ensemble, nous nous sacrifions ensemble et nous vivons dans la dignité ensemble. Nous sommes des vôtres et vous êtes des nôtres. Les déplacés ont réduit l’ennemi au silence et aveuglé les yeux de la sédition et de ceux qui l’incitent, et ont prouvé qu’ils ont le droit de vivre et que la patrie continue d’exister avec vous.
Soyez patients avec ceux qui cherchent à vous provoquer et ne dirigez votre colère que contre Israël. Dieu merci, vous êtes notre fierté, notre dignité et notre espoir, et nous apprenons de vous des leçons et des valeurs morales. »
Le cheikh Qassem a exprimé sa gratitude à « tous ceux qui ont abrité et aidé les personnes déplacées, y compris les instances officielles et populaires, les associations, les communautés et les régions ».
Il faut blâmer l’ennemi
« Aujourd’hui, nous subissons d’énormes pertes au Liban, à la fois en tant que mouvement de résistance et en tant que peuple libanais, mais ces pertes sont dues à l’occupation, et nous n’avons d’autre choix que la résistance.
On dit que si nous n’avions pas affronté Israël, nous n’aurions pas subi ces pertes, mais nous avons fait preuve de patience et nous avons payé le prix fort. Si nous ne les avions pas affrontés, nous aurions payé encore plus cher et tout perdu.
Certains pensent-ils qu’Israël nous a laissés tranquilles alors que c’est lui qui attaque sans cesse.
Pendant quinze mois, les pertes ont augmenté quotidiennement, et même après les récents combats, l’ampleur des destructions reste considérable. Cette situation va-t-elle perdurer ? Non, la confrontation est moins coûteuse que de laisser l’ennemi aller trop loin, car il a un plan et continue de le mettre en œuvre.
Lorsqu’un bombardement israélien a lieu et qu’un certain nombre de personnes sont tuées ou que des bâtiments sont détruits, on dit à la résistance : « Qu’avez-vous fait ? » alors que celui qui bombarde est l’ennemi israélien, celui qui est attaqué est-il tenu pour responsable de l’agression ?
L’ennemi est responsable du bombardement.
Les pertes ennemies sont aussi importantes, et on parle d’environ 350 morts et blessés, en plus de la destruction de 136 chars et autres véhicules, tandis que les colonies du nord sont presque vides que leurs soldats vivent dans un état de terreur et de confusion.
Le rythme des opérations de résistance atteint environ 42 opérations par jour. Nous souffrons certes mais ils souffrent eux aussi et nous espérons de Dieu ce qu’ils n’espèrent pas, et nous sommes les propriétaires légitimes de cette terre, et nous devons être patients.
L’ennemi ne subit pas seulement des pertes militaires, mais aussi des pertes économiques, politiques, sociales et éducatives, dont les conséquences se feront sentir plus tard. Il n’est pas permis de tenir le défenseur responsable de l’agression ; la responsabilité incombe plutôt à l’agresseur. »
L’Iran les a surpris
Sur la guerre américano-israélienne contre l’Iran, cheikh Qassem a dit :
« Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, et on leur demande quelles justifications ils ont donné ? Ils veulent changer le régime, contrôler l’avenir de l’Iran et s’emparer de ses capacités.
Où, dans le droit international humanitaire, trouve-t-on une disposition permettant à un État de contrôler un autre État ou de s’emparer de ses ressources ?
La question nucléaire sert de prétexte, alors même que le droit à l’enrichissement à des fins pacifiques est un droit légitime en vertu du droit international.
L’Iran est sanctionné depuis 47 ans parce qu’il est un pays indépendant, ni Est ni Ouest, et qu’il souhaite avoir sa propre liberté de décision, sa propre foi et ses propres convictions. L’objectif est de dépouiller l’Iran de son pouvoir afin de l’occuper, de voler son pétrole et ses ressources, et de changer son régime, et c’est ce que le président américain Donald Trump a déclaré directement.
L’Iran les a surpris par sa résilience, ses capacités et ses sacrifices, et que c’est un peuple invincible. Ce que l’Iran a subi en termes de ciblage, d’assassinats et d’actes d’agression ne l’a pas empêché de rétablir sa situation politique et militaire.
L’Iran est uni, le leadership a été rétabli et la présence du peuple sur le terrain aux côtés des forces militaires s’est accrue, ce qui témoigne d’un sentiment de fierté et de fermeté. L’Iran sera victorieux, si Dieu le veut ».
L’Etat doit revenir sur sa position sur l’Iran
Concernant la proposition iranienne d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu avec les USA, cheikh Qassem a déclaré :
« Lorsque l’Iran a inclus le Liban dans le cessez-le-feu, certaines personnes au Liban ont été contrariées, mais nous devons coopérer avec tous ceux qui nous aident, et c’est quelque chose qui doit continuer.
Personne ne négocie au nom de qui que ce soit, les négociations ont leurs propres méthodes, mais sur la question d’un cessez-le-feu, nous devons coopérer avec l’Iran et avec tous les pays qui nous aident à faire exécuter le cessez-le-feu.
Nous remercions l’Iran pour son soutien et ses pressions sur les États-Unis et Israël. Nous remercions également le Yémen, l’Irak et tous ceux qui ont contribué par leurs combats, leur soutien financier, leurs prières ou leur prise de position.
L’État libanais doit corriger la position de sur l’Iran, son ambassadeur et les Gardiens de la révolution iraniens. Tout pays au monde qui nous soutient pour libérer notre terre doit être accueilli, et il n’est pas permis de prendre des mesures contre lui ou d’ouvrir la porte à ceux qui cherchent à semer la discorde et à saboter le pays. »
L’héritage des martyrs est lourd. La résistance se poursuit
Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, a déclaré : « Il est vrai que la pression sur nous est grande, mais la responsabilité l’est tout autant. L’héritage des martyrs et l’avenir des générations reposent entre nos mains. Le sang des martyrs est une responsabilité qui pèse sur nos épaules, ceux qui ont consenti en sacrifice le maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan, que Dieu Tout-Puissant soit satisfait de lui, et Sayyed al-Hachemi, ainsi que tous les chefs et tous les martyrs de la résistance et du peuple, de toutes confessions et de toutes régions du Liban.
Comment ne pas faire confiance à ces gens et à leur sang ?
L’agression de l’entité israélienne usurpatrice contre Beyrouth a fait plus de trois cents martyrs, hommes et femmes, parmi les civils et les moudjahidines, sans compter les blessés, dont le nombre s’élève à environ deux mille, tous ceci repose sur nos épaules.
L’entité israélienne agit ainsi parce qu’elle est incapable de confrontation.
Je salue tous les civils et tous les combattants, je salue tous les martyrs qui se sont illustrés dans toutes les batailles livrées contre l’ennemi israélien, et je prie Dieu Tout-Puissant de leur faire miséricorde et de les accorder gloire, moral et fierté.
Hommage aux martyrs
A la fin de son discours, cheikh Qassem a rendu hommage à plusieurs dirigeants et personnalités,
« Je salue le martyr Youssef Ismail Hachem, adjoint au directeur du Front Sud du Hezbollah. Issu de la première génération, il incarnait la moralité, le dévouement et l’abnégation. Toujours en première ligne, il n’a jamais manqué un combat. Qu’il repose en paix auprès de Dieu Tout-Puissant. C’était un homme cher et exceptionnel.
Je salue également Son Éminence le Cheikh Sadiq Al-Nabulsi, fils du savant Cheikh Afif Al-Nabulsi et frère du martyr Muhammad Afif. Penseur et homme politique, il a abordé de nombreuses questions importantes en soutien à la résistance.
Je salue les martyrs du journalisme d’Al-Manar, d’Al-Nour, d’Al-Mayadeen et de toutes les chaînes, en particulier le doyen des journalistes de la résistance, le martyr Ali Choeib, le penseur et homme politique martyr Muhammad Shari, la martyre Fatima Ftouni, le martyr Muhammad Fatouni, la martyre Suzanne Khalil, et tous les journalistes tombés en martyrs durant cette période et les périodes précédentes. Ce sont les combattants de la résistance en première ligne.
Nous saluons également les martyrs de la Sûreté de l’État, de l’Armée libanaise, du personnel médical, infirmier, ambulancier et de la protection civile, car tous sont en position de résistance, même s’ils occupent une fonction civile, car l’entité israélienne cible tout le monde et pas seulement ceux qui la combattent en première ligne. »
Il a conclu son discours en disant : « Il s’agit d’une entité occupante à laquelle nous devons tous faire face. »
Source : Al-Manar
Source : Al-Manar
