samedi, 30/05/2026   
   Beyrouth 01:03

L’Iran dévoile un nouveau système de défense de fabrication nationale, baptisé Arash-e Kamangir

L’Iran a annoncé avoir utilisé un nouveau système de défense aérienne pour abattre un drone américain MQ-9 Reaper près du détroit d’Ormuz en début de semaine, soulignant ainsi le maintien des capacités de défense de Téhéran plusieurs mois après les frappes américaines et israéliennes contre ses sites militaires.

Les médias iraniens ont rapporté que « le drone a été abattu près de l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran », ajoutant que cette interception marquait le « premier usage au combat » d’un système de défense aérienne de fabrication nationale, baptisé Arash-e Kamangir.

Cette annonce iranienne intervient après des informations faisant état de nouvelles attaques américaines contre un site militaire près de Bandar Abbas, malgré les discussions en cours entre les deux parties sur la possibilité d’un accord mettant fin à leur conflit.

Que sait-on à ce jour du système Arash-e Kamangir ?

Des analystes ont déclaré à la chaine satellitaire qatarie Al Jazeera English que « le système Arash-e Kamangir ne représente pas nécessairement une arme révolutionnaire pour l’Iran, mais reflète plutôt une évolution de sa stratégie militaire vers la production de systèmes de défense aérienne efficaces et mobiles à moindre coût ».

Alex Almeida, analyste en sécurité chez Horizon Engage, une plateforme de renseignement stratégique, estime que « le système Arash Kamangar pourrait être lié à d’autres systèmes iraniens à courte portée ou à des missiles air-air mobiles ».

Il a ajouté : « Je soupçonne qu’il s’agit d’une évolution de l’un de ces systèmes. Il ne repose pas sur un guidage fixe depuis un radar de défense aérienne classique », suggérant ainsi que « le système utilise un système de suivi électro-optique ou thermique similaire à celui des missiles sol-air (SAM), ce qui le rend relativement facile à déployer et à lancer ».

L’importance de ce type de système réside dans sa portabilité, sa dissimulation et sa facilité de déploiement et de remplacement, comparé aux systèmes de défense aérienne traditionnels. Ces derniers s’appuient sur des radars et des plateformes de lancement fixes, facilement repérables, ce qui les rend coûteux à cibler et à remplacer en temps de guerre.

De plus, certains de ces systèmes sont conçus pour que le missile intercepteur reste en vol et survole une zone spécifique jusqu’à l’apparition d’un drone ou d’une autre cible aérienne hostile. Cela rend les drones comme le MQ-9 Reaper — conçu pour la reconnaissance et le renseignement à faible vitesse — plus vulnérables aux attaques.

Nicole Graevsky, maître de conférences à Sciences Po Paris, a déclaré que « l’intérêt du système Arch Kamanker réside dans sa capacité de déploiement rapide, ajoutant qu’il s’agit de « systèmes de lancement mobiles, et que, dans certains cas, des individus peuvent les transporter. Nous ignorons à quelle altitude volait le drone Reaper. D’après la vidéo diffusée, l’abattre a probablement été relativement facile pour eux, mais cela indique qu’ils conservent certaines capacités de défense dans l’espace aérien. »

Source : Médias