Dans un paysage qui se complexifie de jour en jour, le Liban se trouve à un tournant dangereux alors que les discours sur d’éventuelles négociations reculent.
Jusqu’à mardi 17 mars, des sources politiques de premier plan affirmaient que « le gouvernement libanais n’a été informé d’aucune nouveauté concernant les négociations, ni de la part de la France, ni de Chypre », au moment où ‘Israël’ continue d’adresser des menaces voilées au gouvernement.
La dernière en date émane du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, qui a exigé « la prise de mesures immédiates pour l’arrêt des attaques du Hezbollah contre Israël à partir du territoire libanais », déclarant : « Nous attendons du gouvernement libanais qu’il agisse immédiatement pour stopper ces attaques », tout en niant « toute tendance de son pays à mener des négociations directes avec le Liban pour mettre fin à la guerre ».
C’est dans ce cadre qu’est intervenu le ciblage, par l’aviation de guerre et les drones israéliens, d’une moto et d’un véhicule militaire transportant des éléments de l’armée libanaise à Qaqaait al-Jisr durant l’exécution d’une mission de terrain, ce qui a entraîné le martyre de trois d’entre eux et fait des blessés.
De même, une moto appartenant à l’armée libanaise a été visée dans la localité de Froun lors de son déplacement, tandis qu’une autre frappe a touché une moto militaire à Zebdine, entraînant le martyre de deux membres. Des sources ont interprété cela comme « un message adressé à l’État libanais et à l’armée ».
Face à ces menaces, la confusion domine la scène intérieure. L’insistance du président de la République Joseph Aoun à faire réussir son initiative de négociation, la considérant comme l’unique option pour une solution et l’arrêt de la guerre, se heurte à la position du président de la Chambre des députés Nabih Berri, qui refuse de négocier sous la pression militaire israélienne et la pression politique et économique américaine.
Pressions extérieures
Entre-temps, les pressions extérieures sur le Liban ont pris une forme nouvelle, avec le retour des messages de menace via la carte syrienne.
L’agence Reuters a rapporté, selon des sources anonymes, que « les États-Unis ont encouragé la Syrie à envisager l’envoi de forces dans l’est du Liban pour aider à désarmer le Hezbollah, mais Damas hésite à s’engager dans une telle mission de peur d’être entraînée dans une guerre au Moyen-Orient et d’attiser les tensions confessionnelles ».
Plus tard, l’envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, a publié un communiqué affirmant que « les rapports indiquant que les États-Unis encouragent la Syrie à envoyer des troupes au Liban sont faux et inexacts ».
C’est un point également soulevé par des sources qataries ayant déclaré que « le commandement syrien n’est pas prêt à aventurer sa stabilité interne pour satisfaire les désirs d’Israël », précisant que Doha mène des efforts pour empêcher toute tension entre le Liban et la Syrie.
Dans le cadre de cette même pression est intervenue l’annonce par le gouvernement koweïtien du « démantèlement d’une cellule comprenant 16 personnes, dont 14 Koweïtiens et des Libanais, travaillant avec le Hezbollah, en possession d’armes destinées à des opérations d’assassinat, ainsi que de drones ».
Le communiqué officiel koweïtien a prétendu que cette cellule avait « l’intention d’exécuter des actions à l’intérieur du pays, sans révéler la nature des cibles ou le timing des mouvements potentiels ».
Le Hezbollah s’est empressé de publier un communiqué dans lequel il a nié catégoriquement ces accusations, affirmant n’avoir aucun lien avec une quelconque activité de ce type au Koweït.
Cependant, des sources bien informées ont déclaré que « les allégations du Koweït s’inscrivent dans une série d’incitations qui n’ont pas cessé contre la Résistance, et dans un contexte de complot et de blocus déjà manifesté par l’inscription par le Koweït d’hôpitaux libanais sur des listes de terrorisme, sous prétexte que le Hezbollah les utilise, ce qui n’est qu’une mesure de représailles contre l’environnement de la Résistance qui bénéficie de ces services hospitaliers en raison de son attachement à cette voie ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
