Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a exprimé ce jeudi le refus de son pays de voir la mer Rouge militarisée, ou de voir des États non riverains y imposer une présence militaire sur ses côtes. Il a, par ailleurs, appelé à unir les efforts pour mettre fin à la guerre au Soudan.
Ces propos ont été tenus lors d’une allocution prononcée dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique, qui s’est ouvert hier, mercredi, à Moscou, et qui s’achève ce jeudi, selon un communiqué de la présidence égyptienne.
M. al-Sissi a déclaré que « la sécurité et la stabilité de l’Afrique demeurent une condition fondamentale pour réaliser les aspirations de ses peuples », exprimant l’inquiétude de l’Égypte face aux « tensions croissantes dans la Corne de l’Afrique ». Il a ajouté : « Nous rejetons également toute menace portant atteinte à la souveraineté des États de la région, toute ingérence dans leurs affaires intérieures, ainsi que toute manœuvre visant à exploiter la fragilité de la situation régionale pour militariser la mer Rouge et imposer, sur ses côtes, une présence militaire d’États qui ne sont pas riverains de cette mer. »
Le président égyptien a réaffirmé le refus catégorique de l’Égypte de « toute tentative visant à saper l’unité du Soudan, ou à porter atteinte à sa souveraineté, à son intégrité territoriale et à ses institutions nationales ». Il a appelé à « unir les efforts pour mettre fin à la guerre et soutenir un processus politique menant à un dialogue soudanais, qui soit purement soudanais dans sa conception ».
Concernant la crise de l’eau, M. al-Sissi a souligné que l’Égypte — qui fait face à une grave pénurie de ressources hydriques et dépend essentiellement du fleuve Nil — accorde une importance particulière au renforcement de la coopération en matière de gestion des fleuves transfrontaliers, conformément aux règles du droit international. Il a insisté sur la nécessité de respecter les principes de « non-nuisance, de notification préalable, de concertation et de recherche de consensus ». Il a souligné que « les eaux transfrontalières, en particulier, doivent constituer un pont pour la coopération et la compréhension entre les peuples, et non une source de tension ou de conflit ; telle est la politique constante de l’Égypte dans ses relations avec ses pays frères du bassin du Nil ».
L’Égypte réclame un accord juridique concernant le remplissage et l’exploitation du barrage éthiopien de la Renaissance, érigé sur le Nil, craignant que sa part en eau — qui s’élève à 55,5 milliards de mètres cubes par an — ne soit compromise. L’Éthiopie, pour sa part, rejette cette exigence, dans un contexte de tensions entre les deux pays depuis le gel des négociations en 2024.
Source : Médias
