samedi, 19/09/2026   
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France : Rima Hassan porte plainte contre le ministre de l’Intérieur pour violation du secret de l’enquête

La défense de l’eurodéputée Rima Hassan a annoncé, vendredi, avoir saisi la Cour de justice de la République (CJR) d’une plainte contre le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, après les révélations de l’émission « Complément d’enquête » sur la circulation d’informations pendant la garde à vue de l’eurodéputée, le 2 avril dernier.

Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan, a précisé lors d’une conférence de presse à Paris que la plainte visait les chefs de “violation de secret de l’enquête” et de “recel d’informations couvertes par le secret de l’enquête”.

“Aujourd’hui, cette plainte a été déposée. La CJR en a accusé réception”, a-t-il déclaré, en réclamant que des investigations permettent notamment de déterminer quelles informations étaient en possession du ministre, comment celui-ci les avait obtenues et ce qu’il avait éventuellement communiqué ou confirmé aux journalistes.

La démarche intervient au lendemain de la diffusion sur France 2 d’un numéro de “Complément d’enquête” consacré à Rima Hassan. L’émission affirme que Laurent Nuñez a “en partie contribué à la diffusion” d’une information qui s’est révélée fausse, selon laquelle de la drogue de synthèse aurait été découverte dans les effets personnels de l’eurodéputée lors de sa garde à vue.

Le ministre de l’Intérieur conteste avoir été à l’origine de ces fuites. Interrogé jeudi à l’Assemblée nationale, il a assuré : “Je n’ai organisé aucune fuite”, expliquant avoir été questionné de manière informelle par des journalistes qui disposaient déjà, selon lui, des informations relatives à la garde à vue. Il a également affirmé avoir appelé ses interlocuteurs à la prudence.

Interrogé par Anadolu sur l’impact des révélations intervenues autour de la garde à vue sur Rima Hassan, Vincent Brengarth a évoqué une réaction en deux temps.

“L’impact, il est un peu double. C’est la consternation”, a répondu l’avocat.

Il a expliqué cette “consternation” par le fait de voir “potentiellement” de hautes autorités de l’État impliquées dans la circulation d’informations issues d’une procédure en cours, tout en soulignant que les responsabilités individuelles restaient précisément à établir.

“La question, ça va être de savoir quelles sont les responsabilités et qui sont les personnes derrière”, a-t-il poursuivi.

L’avocat considère également les révélations de “Complément d’enquête” comme une nouvelle “pièce du puzzle” venant alimenter la thèse défendue depuis plusieurs mois par les conseils de l’eurodéputée, selon laquelle les procédures la visant auraient une dimension politique.

“Nous avons depuis le début la conviction que ces procédures sont de nature politique”, a affirmé Vincent Brengarth. Cette appréciation relève de la position de la défense et n’a pas été établie par une décision judiciaire.

L’avocat estime que les éléments dévoilés par l’émission ont d’autant plus de poids pour la défense qu’ils proviennent d’une enquête journalistique indépendante des initiatives judiciaires engagées par les conseils de Rima Hassan.

Les faits révélés par Complément d’enquête remontent au 2 avril, jour où Rima Hassan avait été placée en garde à vue à Paris dans une enquête pour apologie du terrorisme liée à une publication sur le réseau social américain X.

Des journalistes accompagnant Laurent Nuñez dans un train, au retour d’un déplacement officiel à Bordeaux avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’auraient alors interrogé sur la présence supposée de stupéfiants dans les affaires de l’eurodéputée.

Un journaliste interrogé par Complément d’enquête rapporte que le ministre aurait répondu : “Il se peut que ce soit exact”, avant d’évoquer “un truc de synthèse” concernant l’un des produits et “un dérivé de la cocaïne” pour l’autre.

Un autre journaliste affirme que Laurent Nuñez aurait rapporté la version donnée par Rima Hassan pendant sa garde à vue, selon laquelle elle avait acheté les produits en Belgique en pensant qu’ils étaient autorisés.

Ces témoignages conduisent la défense à s’interroger sur la nature exacte des informations dont disposait le ministre alors que la garde à vue était toujours en cours.

Source : TRT