Le quotidien libanais al-Akhbar a rapporté que des représentants des ambassades américaine et saoudienne étaient présents aux deux séances parlementaires consacrées à l’audition du gouvernement la semaine passée.
Installés dans la tribune de presse à l’étage, ces représentants prenaient des notes, sous le regard attentif des députés proches d’eux.
Certains ont même élevé la voix contre le Hezbollah, cherchant à se faire entendre par les représentants de cette puissance tutélaire, rapporte al-Akhbar. Leur principal objectif était d’empêcher certains députés de quitter la séance pendant le vote de confiance et de s’assurer de leur engagement à voter en faveur du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam.
Ceci était d’autant plus important que les ambassades américaine et saoudienne avaient été informées que leur bloc parlementaire rencontrait des difficultés avec ses électeurs en raison de la situation économique désastreuse et de l’incapacité du gouvernement à répondre aux problèmes de la population.
De plus, les ambassades américaine et saoudienne craignaient que ces députés ne quittent la séance pendant le vote, réduisant ainsi le nombre de votes de confiance, notamment après que Riyad eut appris que le Hezbollah et ses alliés allaient s’abstenir.
Renouer le dialogue avec le Hezbollah
Al-Akhbar a en outre indiqué que le président Joseph Aoun cherche à renouer le dialogue avec la direction du Hezbollah. Selon l’un des médiateurs, il souhaite un dialogue direct avec les plus hauts responsables du parti, mentionnant notamment le député Mohammad Raad, chef du Bloc Loyauté à la Résistance.
La position du parti demeure inchangée depuis sa déclaration d’il y a plusieurs mois, estiment les médiateurs .
Le Hezbollah exige que le président Aoun revienne sur les décisions du Conseil des ministres du 2 mars qui criminalisent les activités de résistance, qu’il réexamine l’intégralité de l’accord-cadre et qu’il engage un dialogue politique public, au sein du gouvernement ou ailleurs, afin de formuler une position libanaise unifiée reflétant les points de vue de toutes les parties.
Interrogé sur son opinion concernant le processus de négociation, le parti a répondu que l’expérience confirme que l’accord du 27 octobre 2024 et la résolution 1701 doivent être considérés comme le seul cadre de discussion avec Israël, précise al-Akhbar.
L’accord n’a pas garanti le retrait israélien
Le 18 septembre Jean Aziz, conseiller du président Joseph Aoun, a publié un article sur le site web de Just Security, affilié au Rice Center for Law and Security de l’Université de New York, intitulé « Ne laissons pas l’accord de paix libanais donner raison au Hezbollah ».
Cet article contient plutôt l’aveu, de la part d’Aziz, que l’accord n’a pas permis d’instaurer le mécanisme présenté à l’opinion publique libanaise comme une voie garantie vers le retrait israélien et le rétablissement de la souveraineté, et que sa réussite dépend désormais d’une nouvelle intervention américaine pour corriger un défaut inhérent à l’accord dès sa signature.
Selon l’article d’Aziz, le processus n’a jamais été garanti, chaque étape étant soumise aux interprétations politiques et sécuritaires israéliennes et à la capacité du médiateur américain d’en imposer la poursuite. C’est là le nœud du problème, et non un simple obstacle à la mise en œuvre. Il souligne clairement qu’Israël exige, avant de se retirer de nouvelles zones, que l’armée libanaise démontre son contrôle effectif sur les zones cédées et que des progrès soient réalisés dans le désarmement du Hezbollah. Il ajoute ensuite que la réponse du Liban est que l’armée ne peut étendre son autorité sur un territoire encore partiellement occupé par les forces israéliennes. Il qualifie ce paradoxe de menace pour « la logique politique de l’ensemble de l’accord ».
Source : Médias
