mardi, 15/09/2026   
   Beyrouth 09:44

Riyad sollicite l’appui de Londres face à Ansarullah

Alors que l’Arabie saoudite poursuit son agression contre le Yémen, des rapports occidentaux révèlent que Riyad a réclamé une assistance militaire et diplomatique à la Grande-Bretagne pour faire face à l’intensification des attaques d’Ansarullah. Cette démarche intervient parallèlement à la progression du mouvement le long de la côte ouest yéménite, suscitant de vives inquiétudes quant aux retombées sur la navigation internationale et l’approvisionnement pétrolier.

Le média Politico a révélé lundi soir que le Premier ministre britannique, Andy Burnham, étudie une série de requêtes saoudiennes visant à obtenir un soutien militaire et diplomatique dans la campagne contre Ansarullah au Yémen, dans un contexte de vive préoccupation à Londres quant aux lourds dégâts économiques provoqués par l’escalade du conflit.

Selon l’agence Bloomberg, si la Grande-Bretagne a consenti à l’envoi de conseillers militaires en Arabie saoudite, Riyad ambitionne d’obtenir un appui opérationnel de plus grande envergure pour enrayer l’avancée d’Ansarullah le long du littoral occidental en direction du détroit de Bab-el-Mandeb, ainsi qu’une aide à la protection de ses infrastructures pétrolières contre les frappes de missiles et de drones.

En contrepartie, Andy Burnham redoute qu’une intervention militaire britannique accrue ne soit perçue comme un soutien direct à la guerre menée par le président américain Donald Trump contre l’Iran, à un moment où l’opinion publique britannique manifeste une opposition catégorique à ce conflit, précise le rapport.

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que Londres « œuvrera aux côtés de ses partenaires pour soutenir la stabilité régionale ».

Des responsables ont indiqué que le Premier ministre Burnham a été mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » qu’aurait une prise de contrôle du détroit par le mouvement yéménite sur le fret international, ce qui aggraverait le choc subi par l’économie mondiale sous l’effet de l’envolée des prix du pétrole et de la poussée inflationniste. 

Par ailleurs, les officiels britanniques craignent qu’il ne faille jusqu’à six semaines avant la remise en service du pipeline Est-Ouest. Cet oléoduc constituait l’une des alternatives stratégiques majeures pour l’Arabie saoudite depuis le conflit iranien, qui a paralysé la quasi-totalité des exportations du Royaume transitant par le détroit d’Ormuz.

L’avancée d’Ansarullah ces derniers jours, conjuguée à la mise hors service du pipeline saoudien qui achemine le brut de l’est à l’ouest du pays à la suite des attaques, a propulsé le cours du Brent aux alentours de 110 dollars le baril. Cette hausse est portée par la crainte de voir le conflit asphyxier une voie de contournement pourtant essentielle depuis la fermeture d’Ormuz dans le sillage de la guerre américain-iranienne. 

Martyrs suite aux frappes saoudiennes 

Au Yémen, l’aviation du régime saoudien a commis, mardi soir, de nouveaux raids dans le gouvernorat de Taïz, quelques heures après avoir ciblé le pont d’Al-Barah dans le district de Maqbanah, provoquant la mort de deux enfants et blessant un troisième.

La chaîne Al-Masirah a rapporté que l’aviation saoudienne a mené, vers minuit, plusieurs frappes sur le district de Dhubab, faisant plusieurs morts et blessés parmi les civils.

Une source locale a précisé à la chaîne qu’un citoyen a été tué et deux autres ont été blessés lors de ces raids sur Dhubab. 

De son côté, le porte-parole du ministère yéménite de la Santé, Anis Al-Asbahi, a confirmé que trois civils, dont deux enfants, sont tombés en martyrs et deux autres ont été blessés à la suite des frappes menées par le régime saoudien sur les districts de Dhubab et Maqbanah, dans le gouvernorat de Taïz.

Source : Médias