Le rapport préliminaire de l’inspecteur général du ministère américain de la Défense sur la guerre contre l’Iran conclut que les combats ont provoqué une pénurie de munitions et des blocages dans les chaînes d’approvisionnement, alors même que le Pentagone s’efforce de reconstituer ses stocks.
Selon le rapport relayé par le réseau américain NBC, le coût de la guerre pour les États-Unis s’élevait, à la fin du mois de juin dernier, à environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards ont été consacrés aux seules munitions.
« L’Iran a détruit des centaines de bâtiments dans les bases américaines »
Le document, qui couvre la période du 1er avril au 30 juin, reconnaît que les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et autres installations dans les bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, en Oman et en Jordanie.
Il indique que la base navale américaine de Bahreïn — centre logistique névralgique de la marine dans la région — a été ciblée par des drones et des missiles balistiques iraniens.
Face à cette situation, le commandement central américain (CENTCOM) a été contraint de rediriger ses flux d’approvisionnement vers des centres alternatifs situés à de plus longues distances, notamment la base de Diego Garcia (base conjointe sino-américano-britannique située sur une île de l’océan Indien). Le rapport souligne que ce déroutement nécessite des cycles logistiques d’une durée de 14 à 18 jours pour soutenir les opérations au Moyen-Orient.
Lors d’un entretien accordé la semaine dernière au journal The Epoch Times, le secrétaire par intérim à la Marine, Hung Cao, a admis que les Iraniens avaient « complètement détruit Bahreïn » (employant une formule percutante pour illustrer l’ampleur des dégâts), précisant qu’un groupe de travail étudiait si la Marine devait réparer la base de Bahreïn pour maintenir la préparation opérationnelle de ses forces dans la région.
Le rapport révèle également que l’Iran a détruit ou endommagé des dizaines d’avions et de drones américains, incluant la destruction de près de 30 drones MQ-9 Reaper, dont le coût unitaire s’élève à environ 30 millions de dollars.
Par ailleurs, 7 avions ravitailleurs KC-135 ont été endommagés ou détruits, dont 5 touchés par des munitions iraniennes alors qu’ils se trouvaient au sol en Arabie saoudite.
Dans un autre incident, un KC-135 s’est écrasé en Irak, entraînant la mort de 6 militaires américains après une collision avec un autre appareil du même type. Ces décès, ainsi que celui du pilote d’un hélicoptère écrasé en mer d’Arabie, ont été classés parmi les pertes hors combat. En outre, 11 autres membres du personnel militaire américain sont recensés dans la catégorie « tués lors d’opérations de combat » au Koweït, en Irak, en Jordanie et en Arabie saoudite.
« Le département d’État détaille les coûts des dégâts causés aux installations diplomatiques »
Dans un contexte similaire, le ministre de la Défense Pete Hegseth a informé le Congrès, fin juillet, que la guerre avait coûté 37,5 milliards de dollars à ce jour.
Cependant, les montants des dommages matériels causés aux installations diplomatiques américaines n’avaient pas encore été divulgués publiquement. Des sites dépendant des États-Unis en Irak, au Koweït, en Arabie saoudite et aux Émirats ont subi les répercussions des frappes iraniennes, pour un coût estimé à 184 millions de dollars, selon le document.
Le département d’État a indiqué, début juin, que ses autres dépenses liées au conflit s’élevaient à 113 millions de dollars, dont près de 80 millions ont été affectés à l’exécution de plans d’urgence, comprenant l’évacuation des personnels américains, de leurs familles, ainsi que d’autres citoyens américains et de ressortissants éligibles de pays tiers.
Le ministère précise que dans les semaines et mois qui ont suivi le déclenchement de la guerre américain-israélienne contre l’Iran, le 28 février, l’administration Trump a évacué environ 9 000 citoyens américains depuis des pays du Moyen-Orient et d’Europe, via des vols privés et commerciaux, ainsi que par voies terrestre et maritime. Les coûts de ces opérations d’évacuation menées par le ministère dépassaient 11 millions de dollars à la fin juin.
Il est noté dans le rapport que « le ministère a conclu que les agents consulaires ne seraient pas en mesure de documenter l’ensemble des itinéraires de voyage, étape pourtant requise pour réclamer le remboursement des frais aux personnes évacuées, ce qui rend l’exercice de ces recouvrements irréaliste ».
La majorité des évacuations a été effectuée à partir des territoires palestiniens occupés, suivis de près par l’Irak et la Jordanie. Bien que les États-Unis n’aient évacué que 1 200 Américains des Émirats, les liaisons à destination d’Istanbul, d’Athènes et de Washington ont été les plus onéreuses, dépassant les 4 millions de dollars.
Le département d’État fait également état de la conclusion de ventes militaires, d’urgence et de routine, pour une valeur de plus de 44 milliards de dollars sur cette période, la majeure partie étant destinée à l’Arabie saoudite. Ces transactions incluent des hélicoptères militaires, des munitions et du matériel de soutien, ainsi que des systèmes d’armes de précision avancés.
D’autres États régionaux, notamment le Qatar, le Koweït, les Émirats et Israël, ont obtenu des contrats pesant plusieurs milliards de dollars, dans un contexte où l’Iran a riposté contre la quasi-totalité des pays de la région hébergeant une base militaire américaine.
Ce rapport constitue la première confirmation officielle émanant de l’administration américaine quant à l’existence de pénuries, après les démentis répétés du président Donald Trump et du ministre de la Défense Pete Hegseth.
Source : Médias
