Par Rachid Al-Haddad
Des sources à Sanaa ont révélé au quotidien Al-Akhbar que la bataille du littoral occidental au Yémen — qui s’est achevée par la défaite des forces loyales à Riyad — a fait échouer un plan saoudien visant à transposer le « scénario de la Syrie » au Yémen, plan pour lequel des combattants extrémistes avaient été mobilisés depuis la Syrie via le territoire saoudien.
Ces mêmes sources ont précisé que l’Arabie saoudite travaillait sur ce scénario depuis plus d’un an et s’était employée, dans le cadre de sa préparation, à renvoyer du renfort aux formations salafistes, notamment les « forces du Bouclier de la patrie » (Dir’ al-Watan) formées par le Royaume il y a quelques années, les « forces d’intervention rapide », et les « Brigades des Géants » (al-Amaliqa), outre la nomination de dirigeants extrémistes à des postes militaires de haut niveau.
Selon ces sources, ce plan ne s’est pas seulement amorcé avec le lancement par les forces affiliées à l’Arabie saoudite, au début de ce mois, de l’opération « Dissuasion de l’agression – Idleb du Yémen » — en réponse à l’opération yéménite « Allah est plus redoutable en force et plus redoutable en châtiment » lancée par Sanaa, au cours de laquelle cette dernière a réussi à expulser les forces loyales à Riyad de 6 districts et à anéantir 38 brigades militaires soutenues par le Royaume —, mais sa mise en œuvre avait commencé bien avant.
Il est à noter, d’après les mêmes sources, que les affrontements qui se sont déroulés dans l’ouest et l’est du Yémen ont suscité un vif intérêt en Syrie, où des dizaines de pages syriennes à Damas, Idleb, Hama et dans d’autres villes ont suivi de près ces événements.
Dans le même ordre d’idées, des sources militaires informées ont révélé à Al-Akhbar une participation syrienne à l’entraînement des factions salafistes dans les régions saoudiennes d’Al-Wadi’ah et de Sharurah au cours des derniers mois, indiquant que « Sanaa a obtenu des renseignements confirmant le transfert par Riyad de centaines d’éléments extrémistes de Syrie vers le Yémen via son territoire ».
De même, des sources de renseignement à Sanaa ont confirmé avoir reçu des informations sur un rôle turc dans le transfert d’extrémistes syriens vers les fronts de Ma’rib, Al-Jawf, Aden et Hadramout.
Dans cette même direction, l’ancien ministre irakien de l’Intérieur, Baqer Jabr al-Zubeidi, a révélé dans des propos rapportés hier par des médias irakiens qu’« un pont aérien a été établi pour transférer des terroristes de Syrie vers le Yémen afin de faire face à Ansarullah, après l’échec des campagnes militaires du Golfe à le contrecarrer », faisant remarquer que « cette démarche s’est accompagnée d’une campagne médiatique intense évoquant la libération du Yémen ».
Il a estimé que « le (président par intérim Ahmed) al-Charaa aurait été contraint de s’engager dans cette confrontation en raison de pressions liées au financement du Golfe en Syrie », soulignant que « la décision syrienne est désormais liée à plusieurs parties régionales et internationales », tout en avertissant que la poursuite de cette trajectoire pourrait conduire à l’ouverture de nouveaux fronts.
L’ancien ministre irakien s’est également interrogé sur la mesure dans laquelle la Turquie approuvait cette démarche et si cette dernière s’inscrivait dans le cadre des exigences du « pacte de La Mecque » qui réunit l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, estimant que l’intérêt réel d’Ankara était d’œuvrer au renforcement de tout front faisant face à l’entité israélienne, au premier rang desquels le front d’Ansarullah.
Sur le terrain, les combats se sont poursuivis au cours des dernières heures dans la province d’Al-Jawf, où les forces de Sanaa ont expulsé les « forces d’intervention rapide » des axes de Al-Labnat et Al-Kanayis.
De plus, elles ont repoussé les tentatives d’avancée des factions salafistes sur le front de Kahboub, dans la province de Lahij, et ont réussi à sécuriser plusieurs zones liées à la sécurité du détroit de Bab-el-Mandeb, depuis la zone de Ras al-Ara et Al-Mudaraba, limitrophe du district de Dhubab, centre de Bab-el-Mandeb.
Malgré l’acharnement des forces salafistes extrémistes menées par le salafiste Hamdi Choukri — qui s’était retiré mercredi soir dernier des fronts du sud de Hodeïda avec ses groupes après son premier affrontement contre Ansarullah — à revenir dans la ville de Dhubab, toutes ces tentatives se sont soldées par un échec et se sont terminées par l’avancée du mouvement et la sécurisation de positions supplémentaires aux frontières des districts de Dhubab et Kahboub, à l’est de la ville de Mokha.
Selon les sources qui se sont confiées à Al-Akhbar, cette bataille n’est pas encore terminée et pourrait s’étendre jusqu’à la chute d’autres provinces et grandes villes toujours sous le contrôle des forces loyales à l’Arabie saoudite, dont Ma’rib.
Les sources ont souligné la supériorité d’Ansarullah en matière d’entraînement et de tactique militaire, ainsi que sa préparation à la bataille depuis près d’un an, ajoutant que le mouvement avait réussi à infiltrer les rangs des factions armées soutenues par Riyad depuis des mois.
Sur cette base, il a mené des frappes préventives ciblant les dépôts d’armes de ces factions — constitués par le Royaume au cours des dernières années — en vue d’exécuter une vaste opération dans l’ouest et l’est du Yémen. Cela a coïncidé avec des arrangements initiés par des commissions militaires saoudiennes sur des fronts stratégiques tels qu’Al-Bayda et Ad-Dali’, ce que Sanaa avait anticipé en coopération avec les membres des tribus.
Parallèlement à l’intensification de la bataille du littoral occidental, l’Arabie saoudite avait acheminé une importante cargaison d’armes et de munitions en soutien aux « forces d’intervention rapide » relevant du commandement de la « Coalition ». Toutefois, la tentative de Riyad d’utiliser les camions d’aide humanitaire appartenant au « Centre Roi Salman » pour transporter ce chargement a échoué, après que les forces de Sanaa l’ont ciblé avec un grand nombre de drones.
Source : Médias
