A sept mois de la présidentielle, les Français se disent plus pessimistes sur l’état du pays qu’avant l’élection de 2022 et attendent un « vrai changement social et politique » avec ce scrutin, selon une vaste étude menée auprès de plus de 13.000 personnes.
Ce sondage, mené par l’institut de sondages Ipsos-BVA Cesi école d’ingénieurs pour le journal Le Monde, le Centre de recherche politiques de Science-Po (Cevipof) et les centres de réflexion Fondation Jean Jaurès et Institut Montaigne, confirme que la candidate d’extrême droite Marine Le Pen est largement en tête des intentions de vote pour le premier tour, prévu le 18 avril.
Pour cette présidentielle, 71% des Français disent attendre un « vrai changement social et politique », contre 51% avant la présidentielle de 2022, et 54% des Français considèrent qu’il faut transformer la société « en profondeur », 26% le souhaitant « radicalement ».
Ils affichent leur pessimisme sur la situation du pays, confronté à un recul économique et une grave crise des finances publiques, avec des sentiments d' »inquiétude » (59%, contre 38% en octobre 2021) d' »incertitude » (51%) et aussi de « colère » (30% au lieu de 16%).
Près des trois-quarts de la population (74%) estime que la situation du pays va « se détériorer ». Ils n’étaient que 45% à penser cela avant la présidentielle de 2022.
Concernant les intentions de vote, ce sondage confirme la tendance de fond donnant la candidate du parti Rassemblement national (RN) Marine Le Pen largement en tête du premier tour (33% à 35%).
Elle est suivie, loin derrière, par le candidat d’extrême gauche (La France Insoumise) Jean-Luc Mélenchon ou de centre-droit Edouard Philippe, selon six configurations électorales testées.
Dans quatre de ces scénarios, M. Mélenchon accède au second tour, crédité de 15,5% à 17% des intentions de vote. Il est devancé par l’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron uniquement lorsque ce dernier est le seul candidat du bloc central, c’est-à-dire en l’absence de Gabriel Attal, autre ancien Premier ministre centriste qui s’est déclaré candidats.
Avec l’expression de tels sentiments « négatifs » et d’une « demande de radicalité » qui n’a jamais été « aussi puissante », la France « coche de nombreuses cases qui la prédispose à une bascule populiste », décrypte le directeur délégué d’Ipsos Brice Teinturier dans Le Monde, en pointant un « effet délétère » de la dissolution de 2024.
Pour autant, « si une culture populiste imprègne de plus en plus le pays, une bascule ne semble pas inéluctable », juge-t-il. Mais elle « oblige les candidats traditionnels à avancer des mesures radicales », ce qui nourrit une « banalisation du populisme en France » et « fragilise les partisans de la démocratie représentative traditionnelle », explique-t-il.
L’étude réalisée en ligne entre le 3 et le 9 septembre auprès de 13.060 Français inscrits sur les listes électorales, suivant la méthode des quotas. Marge d’erreur comprise entre 0,2 et 0,9 point.
Source : AFP
