jeudi, 03/09/2026   
   Beyrouth 19:01

« Crise financière au sein de l’armée », le ministère israélien des Finances l’accuse d’épuiser les caisses de l’État

Suite aux révélations du journal hébreu Maariv concernant le déclin de l’état de préparation de l’armée israélienne et le déficit budgétaire, le ministère des Finances a rejeté les accusations portées contre lui et a lancé une attaque virulente contre les services de sécurité, les accusant de gérer un « budget parallèle » sans transparence et d’utiliser le dossier de la sécurité comme un « chèque en blanc » aux dépens du public.

Selon le ministère des Finances, les allégations portées contre lui sont « sans fondement et mensongères ». Le ministère a précisé que le budget approuvé avait été soumis il y a plus d’un mois et qu’il est actuellement en attente d’approbation par les commissions des finances et des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset.

Le ministère a ajouté que le budget de la défense avait « presque triplé au cours des deux dernières années », soulignant qu’il avait respecté tous les accords et engagements, dépassant largement les cadres initiaux approuvés par la Knesset.

Il a souligné que le dépassement du cadre budgétaire ne relève pas des pouvoirs du ministère des Finances, mais nécessite plutôt une loi de la Knesset et une décision gouvernementale, considérant que la tentative de tenir le ministère pour responsable ne fait « rien d’autre que tromper le public ».

Les responsables du ministère des Finances ont durci le ton, affirmant que le différend n’était pas simplement une « querelle technique sur les chiffres », mais révélait plutôt un grave problème structurel.

Selon ces responsables, une « immunité financière fictive » s’est installée au sein des services de sécurité, leurs dirigeants traitant les règles et les lois économiques israéliennes comme si elles s’arrêtaient aux portes du ministère de la Sécurité.

Le ministère a également accusé les forces de sécurité de mener une politique de « fait accompli » en signant d’énormes contrats qui dépassent les cadres approuvés par la Knesset et en créant des engagements financiers indépendants, plaçant ainsi le gouvernement face à un choix difficile : soit réduire les dépenses en médicaments, lits d’hôpitaux, soins sociaux et routes, soit pousser l’économie à ses limites.

Le ministère des Finances a averti que les demandes persistantes d’augmentation des budgets de la défense, sans mise en œuvre de mesures visant à améliorer l’efficacité, pourraient nuire à la capacité d’Israël à financer une future confrontation militaire.

Des sources au sein du ministère ont déclaré au journal hébreu que le recours à l’expression « soutirer davantage de milliards au public » représente, selon elles, « une cécité stratégique ».

Le ministère a averti que si cette approche ne change pas, les répercussions ne se limiteront pas à une baisse du niveau de vie et des services fournis aux Israélien, mais pourraient atteindre un point où l’État, en cas de confrontation à grande échelle à l’avenir, sera incapable de fournir les ressources nécessaires.

Selon cet avertissement, on pourrait atteindre le point où « les réserves économiques s’épuisent », lorsque les services de sécurité constatent que l’économie n’est plus en mesure de la soutenir, en raison de l’épuisement des ressources et de la diminution de la capacité d’emprunt.

Grave crise financière

À l’inverse, les services de sécurité mettent en garde contre une véritable crise dans l’état de préparation de l’armée israélienne, à l’approche d’un mois où l’état d’alerte est qualifié de sensible, et compte tenu de la possibilité d’une reprise des combats avec l’Iran ou sur d’autres fronts.

Des médias rapportent que l’armée israélienne est confrontée à une grave crise financière, a entraîné la désorganisation de plusieurs bataillons de chars en raison d’une pénurie de pièces détachées, tandis que circulent des avertissements concernant une possible fermeture des chaînes de production d’armements.

La Société de radiodiffusion israélienne a cité les autorités de la défense qui ont averti qu’il était possible qu’Elbit Systems cesse la production d’obus de chars Merkava dans les prochains jours, la chaîne de production d’obus d’artillerie devant fermer en octobre et celle des obus de mortier en novembre.

L’agence a cité une source militaire israélienne selon laquelle les dettes de l’armée envers les industries de défense dépassent 15 milliards de shekels, et que les bataillons de chars souffrent d’une pénurie de pièces détachées, tandis que des centaines de véhicules détruits au Liban n’ont pas été réparés.

La source a ajouté que l’armée ne dispose pas de capacités suffisantes pour transporter les combattants et que le déficit budgétaire limite déjà sa capacité d’opération en Cisjordanie, à Gaza et au Liban, notamment dans le cadre de la préparation à une confrontation avec l’Iran, avertissant que si les fonds ne sont pas transférés, l’armée ne sera même pas en mesure de maintenir la continuité et l’efficacité de base de ses forces.

L’agence a également noté le licenciement de dizaines d’employés de la division du renseignement en raison de restrictions budgétaires.

Source : Médias