jeudi, 27/08/2026   
   Beyrouth 21:28

L’Israélien ayant attaqué une religieuse, acquitté en raison de son état mental. L’avocat de la victime met en doute l’expertise

Un Israélien, filmé en train d’agresser une religieuse catholique française à Jérusalem, a été acquitté en raison de son état mental, a décidé un tribunal.

Yona Simcha Schreiber, 36 ans, originaire d’une colonie en Cisjordanie occupée, avait été arrêté en avril après la diffusion d’images de vidéosurveillance le montrant jeter violemment la religieuse au sol, près du lieu-dit du tombeau de David, sur le mont Sion, adjacent à la Vieille Ville.

Un tribunal de Jérusalem a estimé mercredi que Schreiber était « dans un état psychotique au moment des faits » et n’était donc « pas responsable de ses actes », a rapporté la chaîne publique Kan, citant le tribunal et un avocat.

Sur recommandation d’un psychiatre, le tribunal a ordonné l’hospitalisation de Schreiber pour des troubles psychiatriques, selon la même source.

Le tribunal n’a pas immédiatement répondu jeudi à une demande d’informations concernant cette décision.

Le consulat de France à Jérusalem avait condamné l’agression de la religieuse, une chercheuse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, et réclamé un procès.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait qualifié l’agression de « honteuse », disant qu’Israël respectait la liberté de culte.

L’expertise mise en doute

L’agression de la consacrée catholique, sœur Marie-Reine âgée de 48 ans, chercheuse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf), avait eu lieu le 28 avril.

Selon des images de la scène, captées par une caméra de surveillance, l’agresseur se précipite en courant derrière la sœur en habit blanc et voile noir et la pousse dans le dos. La Française est alors projetée au sol, sa tête heurte un bloc de pierre. L’homme s’en va, puis revient lui asséner un coup de pied avant d’être interrompu par l’intervention d’un passant.

« À cet instant, j’ai cru qu’il allait me tuer », a-t-elle confié à Terre Sainte Magazine. Si elle va mieux aujourd’hui, elle reste « meurtrie » par la passivité des personnes présentes, dont une seule a réagi, explique le média.

Son avocat, Zaki Sahlia souligne que la décision de justice « ne diminue en rien la gravité de l’agression ». Lors d’une audience le 24 août, il avait mis en doute l’expertise elle-même : le fait que Yona Schreiber ait visé une religieuse plutôt que d’autres passants interrogeait, selon lui, le lien entre la maladie et le passage à l’acte. Il a également replacé l’affaire dans le contexte des actes de harcèlement et des agressions récurrents dont sont victimes les membres du clergé chrétien à Jérusalem, raconte le Jérusalem Post.

En mars, la police israélienne avait empêché le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, d’accéder au Saint-Sépulcre pour y célébrer la messe des Rameaux. Selon l’Église, il s’agissait de la première fois depuis des siècles qu’un responsable religieux de ce rang était empêché d’accomplir ce rite.

Source : Médias