lundi, 24/08/2026   
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Satisfaction israélienne quant aux résultats de l’agression contre la Syrie: la Turquie finira par accepter le « statu quo »

Par Yahya Dbouq

Tel-Aviv poursuit, d’une manière ou d’une autre, ses efforts pour contenir la tension avec Ankara, provoquée par ses récentes attaques aériennes dans le nord de la Syrie, et plus particulièrement le ciblage de l’aéroport militaire d’Abou Douhour.

Cependant, ces démarches ne signifient pas un recul face à l’escalade, mais ressemblent plutôt à une tentative de gérer ses retombées et d’éviter qu’elle ne glisse vers un affrontement direct, en attendant la position finale d’Ankara face aux « lignes rouges » tracées par Tel-Aviv.

Si ‘Israël’ souhaite contenir la tension avec la Turquie, elle n’a pas l’intention de revenir sur le contenu du message qu’elle a voulu lui transmettre, d’autant plus qu’elle estime qu’Ankara a « cédé » dans une certaine mesure aux injonctions israéliennes, malgré les déclarations et les prises de position turques très fermes.

C’est dans ce contexte qu’il convient de comprendre ce que les médias hébreux ont rapporté dimanche d’une source sécuritaire israélienne, selon laquelle Tel-Aviv « ne souhaite pas faire de la Turquie un ennemi », mais que « lorsque les messages ne suffisent plus, Israël se voit contrainte d’agir ».

Cela rejoint les déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, qui a affirmé qu’« Israël n’a aucun intérêt à une escalade avec la Turquie en Syrie », ajoutant que l’intérêt de Tel-Aviv est de « maintenir la stabilité et le statu quo sécuritaire » sur place.

Les propos de Sa’ar laissent entendre qu’Israël estime que ses frappes ont atteint leur objectif : faire comprendre à la Turquie que son implantation militaire en Syrie est « interdite » par ‘Israël’, et que Tel-Aviv n’hésitera pas à frapper de nouveau chaque fois qu’Ankara tentera de consolider une présence militaire sur place.

‘Israël’ observe avec inquiétude toute tentative turque de déployer des systèmes de défense aérienne ou des radars en Syrie, qu’ils soient manœuvrés par des Turcs ou confiés aux Syriens, conformément à sa nouvelle doctrine de sécurité plus radicale qui s’est forgée au cours des trois dernières années.

C’est pourquoi le ciblage de l’aéroport d’Abou Douhour a devancé sa transformation, selon les calculs israéliens, en une menace avérée — à savoir la réussite des Turcs à y établir une base militaire équipée de systèmes et de personnel. Si ce scénario s’était réalisé, il aurait été difficile pour Tel-Aviv d’effectuer des frappes sans causer de pertes humaines turques, risquant ainsi de franchir la ligne rouge qu’elle s’est efforcée d’éviter.

Par conséquent, l’éventualité de nouvelles frappes reste ouverte si Ankara tente de nouveau d’établir une présence militaire. À ce sujet, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué qu’Israël a clarifié sa position face à la présence militaire turque en Syrie, affirmant qu’elle ne tolérera rien qui constitue une menace pour elle.

En revanche, les parties turque et syrienne ont veillé à nier toute volonté d’établir des bases militaires turques en Syrie, accusant Israël de recourir à ces « récits » pour justifier ses attaques.

Toutefois, ce démenti offre en pratique à Tel-Aviv ce qu’elle cherchait : au lieu que la réponse turco-syrienne s’appuie sur le fait que ces déploiements relèvent de la souveraineté des deux États et ne concernent aucun tiers, elle s’est apparentée à une reconnaissance implicite de l’équation israélienne — ce que Tel-Aviv a appelé le « statu quo » — et à une réassurance qu’Ankara et Damas n’ont pas enfreint cette équation.

Quant à Washington, sa position a reflété une « compréhension » des motivations et des agressions d’Israël, même si l’on peut y déceler une certaine réserve face à la précipitation dans l’exécution des frappes.

Néanmoins, les propos de l’ambassadeur américain à Ankara et envoyé spécial, Tom Barrack, en réaction à l’agression contre Abou Douhour, ont paru exceptionnels.

Ils ont amené Tel-Aviv à les traiter comme une « position anormale, prise en faveur des Turcs au détriment des intérêts israéliens », qui ne reflète pas nécessairement l’avis de l’administration. Ainsi, la position américaine demeure sur le fond un encouragement pour ‘Israël’, qui n’y voit pas un frein à ses attaques si elle souhaite les reprendre ultérieurement.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar