lundi, 27/07/2026   
   Beyrouth 08:26

‘Israël’ doute des capacités de l’armée libanaise: le redéploiement nécessite des années | Berri : Ce qui m’importe, c’est l’arrêt de la guerre et le retrait total

Le sommet à venir entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre de l’ennemi Benjamin Netanyahu fait l’objet d’un suivi exceptionnel à Beyrouth. Il ne s’agit pas seulement de son lien avec le dossier iranien. Cette rencontre déterminera surtout si Netanyahu réussira à convaincre l’occupant de la Maison Blanche de se lancer dans une nouvelle aventure militaire, susceptible de faire exploser la région, y compris le Liban.

À l’inverse, elle montrera si Trump exercera des pressions sur lui pour arracher des concessions sur le front libanais. Pendant ce temps, le Sud reste le théâtre d’une escalade israélienne continue, malgré le lancement de la première phase expérimentale de l’accord-cadre.

Les forces d’occupation ont intensifié leurs raids et leurs opérations militaires. Elles ont ciblé Nabatieh al-Fawqa, Kfar Tebnit, Ali al-Tahir, Mays al-Jabal, Aitaroun, Baraachit, Markaba et Haddatha, entre autres localités. En parallèle, elles poursuivent le dynamitage et le nivellement de maisons, menacent des sites archéologiques et visent les infrastructures.

Sur le plan politique, l’activité s’intensifie à plusieurs niveaux. Le président de la République Joseph Aoun a poursuivi ses contacts extérieurs. Il a notamment informé le président français Emmanuel Macron des résultats de ses entretiens à Washington, en particulier sur les mécanismes de mise en œuvre de l’accord-cadre et la nécessité de stopper les agressions israéliennes. Ils ont également évoqué l’avenir de la FINUL et les moyens d’empêcher tout vide international dont ‘Israël’ pourrait profiter pour instaurer une zone de sécurité permanente dans le Sud.

Sur le plan interne, le président du Parlement Nabih Berri conserve un discours politique empreint de souplesse. Il affirme la solidité de sa relation avec le président Aoun et souligne l’importance de garanties régionales et internationales réunissant l’Arabie saoudite, les États-Unis et l’Iran pour préserver la stabilité du pays.

Cependant, Berri insiste sur le fait qu’il n’a pas renoncé à ses principes. Il a ainsi déclaré à Al-Akhbar : « La seule voie acceptable, ce que nous voulions hier, aujourd’hui et demain, c’est la consolidation du cessez-le-feu et le retrait israélien complet des territoires libanais occupés. »

Il a réaffirmé son refus de toute négociation directe entre le Liban et l’ennemi israélien. Il a aussi rappelé sa position sur l’accord-cadre, qu’il avait qualifié auparavant de « dix fois pire que l’accord du 17 mai ».

Dans son évaluation du processus politique actuel mené par Aoun, Berri s’est une nouvelle fois montré pessimiste quant à la possibilité d’obtenir des résultats positifs. Selon lui, « ce qui se passe dans les zones expérimentales confirme nos craintes ».

Il a précisé que ses positions perçues comme souples ou positives sont exclusivement liées à sa priorité absolue : consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait israélien complet et garantir le retour des habitants dans leurs villages. Tout le reste ne constitue en aucun cas un changement de position. Il refuse catégoriquement que cette étape serve de porte d’entrée à des négociations politiques directes avec ‘Israël’ ou qu’elle dépasse les principes libanais qu’il a réaffirmés à maintes reprises.

L’escalade israélienne traduit une volonté d’imposer de nouvelles réalités sur le terrain avant la fixation de tout arrangement définitif. Le journal Maariv a d’ailleurs rapporté que le déploiement complet de l’armée libanaise dans le Sud pourrait prendre des années, en raison de ses effectifs et de ses moyens limités.

Ces estimations font craindre qu’Israël ne s’en serve comme prétexte pour justifier la poursuite de l’occupation, ou pour s’arroger le droit de revenir dans les zones évacuées afin de vérifier l’absence d’armes du Hezbollah.

Sur le plan politique, ‘Israël’ a haussé le ton à la veille de la rencontre entre Trump et Netanyahu. Ce dernier a estimé que les opérations contre le Hezbollah ont obtenu des résultats majeurs. Il lie désormais tout entente sur le Liban à la capacité de l’armée libanaise à contrôler les zones libérées. Cette position montre la volonté de Tel-Aviv de soumettre le retrait militaire à sa propre évaluation des performances de l’armée. Cela lui permettrait de justifier le maintien de ses troupes ou leur retour au nom de la « vérification sécuritaire ».

Ce point demeure le nœud principal des négociations libano-israéliennes. ‘Israël’ exige de conserver le droit d’effectuer des fouilles sur le terrain dans les villages du Sud, y compris en entrant dans les maisons si nécessaire, ce que l’armée libanaise refuse catégoriquement.

Dans ce contexte, les regards se tournent vers le septième tour de négociations, prévu le 4 août à Rome sous le parrainage américain. Cette échéance intervient après l’annulation de la visite à Beyrouth de l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain. Il devait évaluer l’expérience de la zone modèle à Zawtar al-Gharbiya et suivre les travaux du comité de surveillance international présidé par le général Joseph Clearfield.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar