Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu’un accord avec Téhéran est encore « possible ».
Pendant une mission de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.
Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse iranienne Irna.
Parmi les objectifs ciblés figurent « des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes », selon le Centcom.
« Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain », avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens « ne peuvent absolument rien faire contre » ces frappes.
L’armée américaine a confirmé dans un communiqué que plus de 50 000 soldats américains sont actuellement déployés au Moyen-Orient.
Selon Fars news, trois civils ont été tués lors d’une attaque américaine visant la province de Hormozgan tôt mardi matin.
A Bahreïn et en Jordanie
Comme la veille, les forces armées iraniennes ont riposté à l’agression.
Le Corps des Gardiens de la Révolution iraniens (CGRI) a, revendiqué une opération à Bahreïn sur la base américaine de Juffair. Il a précisé avoir pris pour cible des dépôts de soutien en armement, un centre de communications par satellite et un bâtiment résidentiel pour les forces américaines sur cette base, confirmant la destruction de ces cibles.
Demande au peuple jordanien de réclamer le retrait des forces US
Le CGRI a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie « des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne », dans un communiqué cité par l’agence Tasnim.
S’adressant au peuple jordanien, il a dit dans sa déclaration numéro 9 : « Vous savez très bien que nous n’éprouvons aucune animosité a l’égard de votre pays, mais que nous vous portons au contraire la plus grande estime et la plus grande affection, et vous êtes conscients des souffrances du peuple palestinien ».
Il lui a en outre demandé de réclamer du régime jordanien « le retrait des bases militaires américaines de la région », considérant que cela « représente un soutien important pour sauver le peuple palestinien et contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans la région »
L’armée jordanienne a annoncé pour sa part l’interception de quatre missiles iraniens.
Au Koweït et tankers émiratis
L’armée iranienne a quant à elle assuré avoir riposté contre les bases américaines au Koweït dont des systèmes de communication, des réservoirs de carburant, un système de missiles Patriot, une tour de contrôle et un dépôt de munitions », selon son communiqué.
Dans le détroit d’Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d’équipage indien.
Selon le CGRI, les deux pétroliers géants ont ignoré les avertissements émis par le Centre de contrôle de la sécurité du détroit et traversé un passage miné.
Les deux pétroliers ont été « abusés par les États-Unis » après avoir désactivé leurs systèmes de navigation et tenté de traverser une voie illégale, mettant ainsi en danger le trafic maritime, selon le CGRI.
Lundi le président américain Donald Trump avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli et vouloir percevoir en échange de la protection du détroit « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons », contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.
Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l’armée américaine.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué sur X: « l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ».
Donald Trump « a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré », a-t-il ironisé, ajoutant: « 20%, c’est évidemment trop. Nous serons équitables ».
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l’approvisionnement mondial en pétrole.
Selon l’AFP, au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.
Sur le plan maritime et économique, Bloomberg a rapporté, citant des données de suivi des navires, que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était quasiment à l’arrêt tôt mardi matin, alors que les tensions dans la région s’intensifiaient.
Ce mardi matin, l’agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a rapporté qu’un pétrolier a été touché par une attaque de missile alors qu’il passait près de la côte est d’Oman.
Source : Avec AFP
