lundi, 13/07/2026   
   Beyrouth 17:21

4eme série d’échange de tirs entre les USA et l’Iran. Le CGRI riposte en 4 phases contre les bases américaines en Jordanie, au Bahreïn, Koweït et à Oman

Au Koweït

La région a vécu dans la nuit de dimanche à lundi une quatrième série de frappes en quelques jours seulement.

Les forces américaines « ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations », a rapporté sur X le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

D’après des médias d’Etat iraniens, ces frappes ont touché de vastes zones de l’ouest et du sud du pays, notamment l’île de Qeshm et Bandar Abbas, au niveau d’Ormuz, mais aussi la province du Khouzistan frontalière de l’Irak. L’agence Mehr a fait état de nouvelles explosions près du détroit lundi matin.

Quant à Mahchahr (sud-ouest), une frappe américaine sur une station de pompage d’eau agricole a fait au moins un mort et fait quatre blessés, d’après un responsable local cité par Mehr.

Au début de l’après-midi, l’agence de presse iranienne Mehr a fait état d’explosions d’origine inconnue survenues dans deux zones du sud de l’Iran, près du détroit d’Ormuz, où se poursuivent les échanges de frappes entre l’Iran et les Etats-Unis.

« Des médias et des habitants ont rapporté avoir entendu lundi à midi des explosions près de Bandar Abbas et de l’île de Qeshm », dans le sud du pays, a indiqué l’agence Mehr. « Ces explosions, localisées loin de la ville, semblent provenir de la côte ouest de Bandar Abbas », a-t-elle précisé, ajoutant que « des affrontements sont également possibles dans le Golfe » entre Téhéran et Washington.

En représailles, le Corps des Gardiens de la Révolution ont dit avoir bombardé des installations américaines situées à Oman, Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.

Dans un communiqué, l’armée iranienne a déclaré que les attaques visaient des centres des forces américaines, des systèmes de défense aérienne et de missiles, ainsi que des abris et des hangars de soutien logistique au Koweït.

Quatre phases

Dans les détails, le Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran a évoqué une riposte en quatre phases.

La première phase consistait à cibler la base aérienne Prince Hassan en Jordanie avec des missiles et des drones, où d’importants dépôts de missiles et des réserves de carburant ont été touchés, provoquant des incendies.

Dans la deuxième phase, ses forces ont ciblé la base de Sheikh Isa à Bahreïn, détruisant d’importants centres de réparation et d’entretien d’hélicoptères, une installation d’avions de reconnaissance électronique P-8 et un centre de commandement et de contrôle de drones de l’armée américaine.

Dans la troisième phase, les Gardiens de la révolution ont annoncé la destruction des dépôts de carburant et du système de défense aérienne Patriot sur la base américaine Ali Al Salem au Koweït, ainsi que la destruction d’un système radar stratégique de type « FPS » sur la base Ahmed Al Jaber.

Dans la quatrième phase de l’opération de représailles, le CGRI a annoncé avoir ciblé la base de missiles sol-sol de l’armée américaine au Koweït et détruit deux lanceurs de missiles HIMARS ainsi que des dépôts de munitions de l’armée américaine au Koweït.

Il a ajouté que les forces navales avaient ciblé des installations et des infrastructures militaires américaines dans la région de Juffair, à Bahreïn, précisant que des flammes s’élevaient sur le site.

Il a également annoncé le ciblage et la destruction d’un radar aéroporté à longue portée « FPS » et d’un radar de surveillance flottant dans le sultanat d’Oman, au moyen de frappes de missiles et de drones

Le CGRI a également rapporté que ses forces navales ont mené une opération nocturne pour intercepter deux navires en infraction dans le détroit d’Ormuz.

La télévision d’Etat iranienne a annoncé qu’un drone américain hostile de type Lucas a été intercepté et détruit dans l’espace aérien de Bandar Abbas, près de la ville de Hajiabad, dans le sud du pays.

Elle a diffusé les images du lancement des missiles balistiques Qadr, Emad et Khaybar Chekan à l’aube de ce lundi, avec comme message « en riposte à l’armée américaine, la tueuse d’enfants ».

Fin du mémorandum d’entente

Au cœur des tensions, le détroit d’Ormuz, sur lequel Téhéran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.

Alors que l’objectif de Washington est de l’empêcher de contrôler le faire, sachant que le 5e article du Mémorandum d’entente conclu avec Washington le 17 juin lui accorde cette prérogative, assure Téhéran.

De concert avec le sultanat d’Oman, Washington a tenté d’ouvrir une voie de passage maritime proche des côtes omanaises.

Ce protocole d’accord semble plus que jamais menacé de voler en éclats.

Les Etats-Unis accusent en particulier l’Iran d’ouvrir le feu qui tentent de traverser le détroit d’Ormuz a l’insu de l’autorisation iranienne.

Pendant le week-end un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, a été touché, entraînant l’évacuation de 23 membres d’équipage, un 24e étant disparu.

Le détroit est fermé depuis dimanche.

« La réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation est conditionnée par l’arrêt des interventions militaires américaines dans le détroit et le respect de la souveraineté des États sur leurs eaux territoriales », a rappelé le CGRI mettant en garde que « la poursuite de ces interventions entraînera des répercussions plus importantes pour les secteurs pétrolier et gazier dans le monde entier ».

Selon Kepler, 6 navires ont toutefois été autorités à le franchir dimanche.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères et membre de la délégation de négociation, Ismail Baghaei, a déclaré que les États-Unis ont violé le mémorandum d’entente avec l’Iran, soulignant que l’accord « avait pris fin après des violations répétées de ses termes par les États-Unis ».

Source : Divers