dimanche, 12/07/2026   
   Beyrouth 14:41

Reprise des hostilités entre Américains et Iraniens. L’Iran interdit le passage du détroit d’Ormuz à son insu et le ferme.

La tentative de plusieurs navires de traverser le détroit d’Ormuz par un passage non autorisé par l’Iran, conformément au mémorandum conclu avec les Etats-Unis le 17 juin, a conduit à une nouvelle escalade militaire et à la fermeture du détroit.

« Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels », ont écrit les Gardiens de la révolution dans un communiqué. « Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté », ont-ils poursuivi.

Par la suite, l’Iran avait annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.

Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d’Oman, et a causé un incendie à bord, engendrant l’évacuation de l’équipage sur un canot de sauvetage. Selon le Centcom, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote et un membre d’équipage civil est porté disparu.

Frappes américaines

En retour, le Commandement central de l’armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ».

Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khuzestân, frontalière de l’Irak, sans signaler de victime dans l’immédiat.

Oman, pour la première fois

Par la suite, le Corps des gardiens de la révolution islamique et l’armée iranienne ont revendiqué des attaques aux missiles balistiques et aux drones contre des bases américaines dans trois pays du Golfe et en Jordanie. Pour la première fois, une base américaine dans le sultanat d’Oman a été visée.

Le CGRI a revendiqué cette attaque dans la troisième phase de sa riposte indiquant avoir détruit des centres de soutien logistique et de plateformes de ravitaillement en vol pour porte-avions américains dans le port omanais de Duqm.

Première phase : Jordanie

Dans la première phase, le CGRI a annoncé avoir détruit, à l’aide de missiles balistiques, le centre de commandement et de contrôle ainsi que les hangars des avions de reconnaissance MQ9 de la base américaine Prince Hassan en Jordanie.

L’armée jordanienne a pour sa part fait état que 3 missiles se sont écrasés dans le royaume à l’aube de ce dimanche, sans faire de blessés.  

Deuxième phase : Qatar

Dans la deuxième phase de la riposte annoncée par les Gardiens de la révolution, ces derniers ont annoncé avoir ciblé et intercepté un deuxième navire en infraction dans le détroit d’Ormuz, et avoir bombardé des installations de la base d’Al-Udeid au Qatar.

Le communiqué ajoute que la base aérienne américaine d’Al Udeid au Qatar a été attaquée à l’aide de missiles balistiques, entraînant la destruction du centre de maintenance et d’entretien des avions de chasse ainsi que du centre de commandement et de contrôle de la base.

Le ministère qatari de l’intérieur a rendu compte de trois personnes qui ont été blessés par des éclats de missiles à l’issue d’attaques iraniennes.

Créer un corridor illégal

Dans son communiqué, le CGRI assure avoir mis fin aux tentatives du régime américain de « créer un corridor illégal au sud du détroit d’Ormuz » par une riposte décisive, soulignant que Washington tentait d’« imposer sa volonté au gouvernement omanais ».

Dans leur déclaration, les gardes ont considéré l’attaque américaine, avec des raids contre un certain nombre de bases côtières et de tours de communication sur la côte sud, comme une simple tentative de « compenser la défaite ».

Le CGRI a souligné à la fin de sa déclaration que la poursuite de l’agression américaine entraînerait des « réponses plus sévères ».

Opérations de l’armée iranienne

Pour sa part, l’armée iranienne a dit avoir ciblé à l’aide de drones un système de missiles Patriot, un dépôt de munitions et un site radar militaire américain au Koweït ainsi que le système de communication et le site radar appartenant à l’armée américaine à Bahreïn.

Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur bahreïni a annoncé l’activation des sirènes dans tout le pays.

L’armée a déclaré que les conséquences de ces mouvements et l’insécurité dans la région sont la responsabilité de l’ennemi sioniste-américain, et que si ces attaques se répètent, « notre réponse sera plus sévère ».

Selon l’AFP, au Koweït et aux Emirats arabes unis, les autorités ont dit faire face à des attaques aériennes. Les sirènes d’alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha.

Les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles, selon l’AFP.

Source : Divers