samedi, 11/07/2026   
   Beyrouth 13:41

Sources militaires : L’armée libanaise refuse d’être au service de l’ennemi.

Deux semaines après la signature de l’accord-cadre, les forces d’occupation continuent de violer le cessez-le-feu, de tuer et de bombarder, tout en tentant de s’étendre dans certaines zones, au moment même où la destruction de maisons et le terrassement de terres dans les zones occupées se poursuivent, dans le cadre de la « légitimation de l’accord sur la présence israélienne au Liban », comme l’a déclaré Benjamin Netanyahu.

Des sources militaires de haut rang ont déclaré à Al-Akhbar qu’« aucun accord n’a été trouvé concernant des zones expérimentales, et les propositions israéliennes antérieures ont été catégoriquement rejetées par l’armée ». Toutes les discussions à Washington ont porté sur des zones non occupées et inaccessibles à l’armée ennemie. Par conséquent, « l’armée n’opérera sous les ordres de personne et sa mission n’est pas de défricher le terrain pour faciliter l’entrée de l’ennemi dans des zones inaccessibles en raison des violents affrontements avec la résistance. L’armée ne sera pas la cause de l’occupation de nouveaux territoires. »

Les sources ont indiqué que l’armée « pénètre dans les zones libérées pour renforcer la sécurité et maintenir son contrôle. Toutefois, si elle entre dans les territoires occupés c’est pour réaffirmer l’autorité de l’État et garantir le retour en toute sécurité de leurs habitants. » Selon ces mêmes sources, « la délégation militaire a insisté auprès des Américains et des Israéliens, lors de la dernière série de négociations, sur son refus d’accepter des instructions de l’armée ennemie, son rejet de toute coordination directe avec elle et son opposition à tout mécanisme susceptible de perturber la paix civile ou dont l’objectif principal serait d’opposer l’armée à la population civile. Ceci a provoqué un affrontement entre les délégations militaire et politique libanaises de l’époque. »

D’après les informations disponibles, l’accord, conclu en l’absence de représentants de l’armée, ne comportait aucun détail concernant le mécanisme de retrait, et jusqu’à présent l’armée n’a reçu aucun calendrier précis, mais des messages et des informations relatives aux zones expérimentales circulent par des canaux non officiels.

Cependant, d’après ses déclarations à ses visiteurs, le président Joseph Aoun attend l’arrivée du général américain Joseph Clearfield, chef du Comité de sécurité et militaire et du Groupe de coordination militaire pour le Liban. Selon ses visiteurs, M. Aoun « espère désigner une ou deux zones de retrait israélien sous la pression américaine ».

Mais les informations disponibles indiquent qu’aucun mécanisme clair n’est encore en place, malgré les assurances données par l’armée américaine aux autorités américaines et libanaises quant à sa pleine disponibilité. L’armée a également élaboré des plans détaillés concernant la situation dans le sud, accompagnés d’une carte de déploiement précise, qui seront mis en œuvre une fois le retrait des territoires occupés achevé. L’armée n’acceptera aucune entrée dans une zone où se trouve ne serait-ce qu’un seul soldat israélien et refusera toute coordination avec l’ennemi, quel que soit le sujet.

Le commandant de l’armée Rudolph Haykal a rappelé au président un point que ce dernier connaissait déjà bien de par ses fonctions précédentes : « On ne peut manipuler l’armée ni l’entraîner dans des querelles politiques, car une telle action n’aurait d’autre conséquence que sa division et l’effondrement de l’institution tout entière. » Ce n’est pas la première fois que Haykal place les intérêts de son institution au-dessus de tout. Il s’était déjà opposé à ce que certains parlementaires tentaient de faire adopter dans le cadre de la loi d’amnistie générale. À l’époque, ils s’étaient rendus au palais présidentiel et avaient proposé des amendements permettant la libération d’Abou Taqiya, d’Ahmad al-Assir et d’autres personnes ayant pris pour cible des militaires, sans révéler leurs véritables intentions. Cependant, le commandant de l’armée avait rapidement déjoué leur manœuvre, opposé son veto aux amendements et les avait bloqués, soulignant que « l’armée est intouchable ». Par conséquent, Haykal ne tolérera aucun projet qui mine le moral de l’armée ou porte atteinte à son personnel et à ses martyrs, et il déclare clairement à ses visiteurs : « Préserver l’unité de l’armée et son rôle est primordial, même si cela doit me coûter mon poste. »

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar