mardi, 23/06/2026   
   Beyrouth 20:45

Conclusion des pourparlers en Suisse : des points d’achoppement surgissent

Des points d’achoppement possibles dans le règlement du conflit au Moyen-Orient sont apparus à peine la conclusion des négociations a été annoncée en Suisse. Ils concernent quatre dossiers épineux : le dossier nucléaire, le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens débloqués et le Liban.

Sachant que le mémorandum d’entente conclu en Suisse stipule que les tractations sur le nucléaire iranien ne devraient être entamées que 60 jours après son entrée en vigueur, le vice-président américain JD Vance a affirmé que Téhéran avait « pleinement et totalement accepté » des inspections de ses installations atomiques « du plus haut niveau ».

Ce que l’Iran a catégoriquement refusé mardi par la voix du porte-parole du ministère iranien des AE Esmail Baghaei. Ce dernier a nié que Téhéran ait discuté de la question nucléaire et a réitéré le refus de l’accès à ce stade d’inspecteurs de l’AIEA à ses sites clés bombardés. « Nous n’avons pas l’intention d’autoriser les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique à visiter les sites nucléaires visés par le conflit », a-t-il affirmé.

Une autre pomme de discorde à prévoir concerne les avoirs iraniens : Donald Trump a affirmé mardi que leur dégel serait placé « sous séquestre » sous le contrôle des États-Unis et fléchés vers « l’achat de nourriture » des Etats-Unis.

En revanche, le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdolnaser Hemmati, a déclaré que Téhéran n’est pas obligé d’acheter des produits agricoles américains, que les fonds gelés restants ne seront pas nécessairement utilisés uniquement pour l’achat de biens de première nécessité et que l’Iran pourra acheter d’autres biens non soumis à des sanctions.

Alors que Baghaei a affirmé que l’Iran est le seul capable d’accéder à ces avoirs et de décider comment ils seraient dépensés.

« Nous prendrons des décisions concernant les avoirs iraniens débloqués de manière à servir les intérêts du pays. Quant à l’achat de biens, le ministère de l’Agriculture et les autres autorités compétentes prennent leurs décisions en fonction du prix et de la qualité, selon ce qu’elles jugent approprié. Par conséquent, il n’y a aucune restriction à cet égard », a-t-il affirmé.

Il a confirmé que « les travaux relatifs aux licences délivrées concernant la vente de pétrole ont commencé hier. Il en va de même pour d’autres questions, notamment en ce qui concerne l’utilisation des avoirs iraniens soumis à des restrictions ou gelés. »

Autre point d’achoppement possible : la gestion du détroit d’Ormuz.

Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a réaffirmé qu’il n’y aura pas de retour aux conditions d’avant-guerre et que cette voie maritime resterait « administrée » par son pays et le sultanat d’Oman, où il s’est rendu ce mardi, avec une équipe de négociateurs.

Dans un communiqué commun mardi, Oman et l’Iran ont dit qu’ils allaient étudier les « coûts » des services liés à l’administration du détroit, en soulignant « leur souveraineté sur leurs eaux territoriales » dans ce passage.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l’Iran. Sa fermeture par l’Iran a ébranlé l’économie mondiale.

Le président américain a plusieurs fois affirmé qu’il n’y aura pas de frais de transit à payer, alors que les Iraniens affirment le contraire.  

Lundi, le trafic maritime a atteint un niveau record depuis le début du conflit selon les données de la plateforme spécialisée Kpler: au moins 37 navires de matières premières l’ont franchi. En ajoutant les porte-conteneurs, au moins 42 navires commerciaux ont franchi le détroit lundi, un record également, selon le fournisseur de données de navigation AXSMarine.

Selon l’AFP, ce trafic représente plus d’un tiers des franchissements en temps de paix (environ 120 par jour) via ce passage stratégique pour le commerce mondial, par où transite d’ordinaire un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures, ainsi que d’autres matières premières essentielles.

Or, la réouverture de ce détroit est étroitement liée à une autre affaire à laquelle les négociateurs iraniens sont fermement attachés : « l’engagement à mettre fin à la guerre au Liban fait partie du mémorandum d’entente, et les États-Unis se sont engagés à le faire respecter », a rappelé M. Baghaei.

Or, cet engagement nécessite que le président américain contraigne les dirigeants israéliens à le respecter également. Ce qui n’est pas acquis d’avance. Le Premier ministre israélien assure qu’aucune restriction ne lui sera imposée au Liban, et qu’il dispose d’une liberté d’action totale au sud du Liban.

Plusieurs violations ont été enregistrées ce mardi, au sud du Liban et dans la capitale, pour la première fois depuis samedi.

Source : Divers