« L’arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban » figurait en tête de l’annonce faite à l’aube par le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, concernant la conclusion d’un « accord de paix » entre les États-Unis et la République islamique d’Iran.
Cette annonce intervient après des heures de tension consécutives au bombardement de la banlieue sud par l’ennemi israélien, aux menaces de riposte de l’Iran et à la suspension des négociations avec les médiateurs qataris.
Retrait israélien et levée du blocus maritime
Cependant, au tout dernier moment, et après des concessions substantielles sur le dossier libanais – confirmant le retrait de l’ennemi israélien de tous les territoires libanais et la levée immédiate (et non sous un mois) du blocus maritime imposé à l’Iran –, Téhéran a renoncé à sa riposte contre le bombardement de la banlieue sud.
‘Israël’ avait tenté d’exploiter la chute d’un drone de la résistance à quelques centaines de mètres de la frontière, à l’intérieur des territoires palestiniens occupés, pour lancer un raid sur la banlieue sud, parallèlement à l’intensification des bombardements et des destructions dans différentes régions du Sud.
Tous les observateurs ont interprété l’escalade israélienne comme s’inscrivant dans une politique visant à exclure le Liban, et plus particulièrement le front du Sud et la banlieue sud, de tout règlement régional majeur qui pourrait découler de l’accord américano-iranien.
Ainsi, le lancement de drones vers le nord de l’entité sioniste et les développements sur le terrain qui ont suivi n’ont pas été traités comme un incident isolé. Ils ont été rapidement instrumentalisés à l’intérieur d’Israël comme un prétexte politique et militaire pour élargir la riposte, allant jusqu’à frapper en profondeur le territoire libanais.
Le raid contre un appartement résidentiel dans le quartier de Ghobeiry a été la traduction directe de cette orientation, qui ne peut se comprendre que comme un message délibéré visant à imposer de nouvelles règles d’engagement basées sur un principe clair : maintenir le Liban en dehors de toute architecture de négociation régionale potentielle issue des pourparlers américano-iraniens, et figer une équation sur le terrain qui empêche de l’intégrer à un règlement global.
Cependant, l’Iran et le Hezbollah n’avaient nullement l’intention de laisser ‘Israël’ ancrer des faits accomplis qui excluraient le Liban de l’équation des négociations ou affaibliraient sa position.
Le pouvoir libanais dans le coma
Pourtant, le paradoxe le plus alarmant ne réside pas seulement dans cet affrontement régional, mais dans la contrepartie interne libanaise, qui a révélé un niveau inédit d’impuissance politique officielle.
Les autorités agissent comme si les événements échappaient à leur responsabilité directe, ou comme si le pays ne subissait pas une attaque touchant à son cœur politique et sécuritaire.
Aucun communiqué officiel à la mesure de l’événement, aucune position souveraine digne du ciblage de la banlieue sud, ni même une tentative sérieuse d’imposer la présence de l’État dans un moment qui devrait être un test réel pour le concept même de souveraineté.
Des heures après l’attaque, aucun communiqué officiel n’a été publié, ne serait-ce que pour condamner !
Cette absence ne peut plus être interprétée comme de la prudence diplomatique ou une politique de « désescalade », mais s’apparente plutôt à un abandon effectif des fonctions de l’État, voire à une traduction d’un partenariat sécuritaire avec l’ennemi israélien. Car l’absence de l’État au moment de l’attaque signifie concrètement céder le pouvoir de dissuasion, d’interprétation et d’analyse à Tel-Aviv.
Trump: le raid sur Beyrouth n’aurait pas dû avoir
Washington est intervenu directement pour contenir l’escalade, de crainte qu’un emballement de la situation ne vienne torpiller les compromis qu’elle s’emploie à finaliser avec Téhéran.
Quelques heures après le raid israélien, le président américain Donald Trump a appelé à une désescalade entre ‘Israël’ et le Hezbollah, estimant que le raid sur Beyrouth « n’aurait pas dû avoir lieu à ce moment-là », en particulier à l’approche d’un accord avec l’Iran.
Il a déclaré : « Cette attaque sur Beyrouth ce matin n’était pas censée se produire, surtout en un jour si sensible alors que nous sommes sur le point de conclure un accord de paix avec l’Iran. »
Il a ajouté qu’Israël « a le droit de se défendre contre les menaces », mais que l’attaque à laquelle elle a répondu était « extrêmement limitée et sans importance, et n’a fait ni blessés ni morts », estimant qu’elle « ne devrait pas faire dérailler ce processus crucial ».
Il a également révélé qu’il avait demandé à Benjamin Netanyahu d’arrêter les frappes, lui lançant : « Qu’est-ce que tu fous au Liban ? »
Les combats au Sud
Sur le terrain, au lendemain de l’échec des tentatives de progression de l’ennemi – contrées par la résistance sur les axes de Majdal Zoun et Kfar Tibnit en direction des hauteurs d’Ali Al-Tahir, le contraignant à battre en retraite –, l’ennemi a bombardé la banlieue sud, moins de trente minutes après avoir prétendu qu’un drone avait explosé « en territoire israélien, près de la frontière avec le Liban ».
Bien que la Résistance au Liban n’ait pas revendiqué l’opération, le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, a déclaré dans un communiqué conjoint avec son ministre de la Défense, Israël Katz, que le bombardement de la banlieue sud constituait « une réponse aux tirs du Hezbollah vers Israël ».
Dès dimanche matin, l’abondance d’informations israéliennes faisant état du déclenchement des sirènes d’alarme dans plusieurs colonies du Nord était notable.
Le porte-parole de l’armée ennemie israélienne a déclaré « qu’à la suite des alertes activées dans plusieurs régions du nord du pays, l’impact d’un missile en provenance du Liban a été détecté dans la région de Neot Mordechai. De plus, plusieurs chutes de missiles ont été enregistrées dans la zone où opèrent les forces de l’armée d’occupation israélienne au Sud-Liban ».
Les médias israéliens ont rapporté qu’un soldat israélien avait été blessé à Margaliot à la suite de l’explosion d’un drone, tandis que la Chaîne 14 faisait état de deux soldats blessés, l’un moyennement et l’autre légèrement, au Sud-Liban.
De son côté, la Résistance a mené dimanche une série d’opérations ciblant des positions, des rassemblements, des véhicules et des forces israéliennes ennemies dans plusieurs localités du Sud-Liban, notamment à Houla, Odeisseh, Al-Qantara, Yahmour Al-Chqaif, Majdal Zoun, Naqoura, Chamaa, Rachaf, Al-Teybeh et Maroun Al-Ras. Elle a utilisé pour cela des drones d’attaque, des escadrons de drones Ababil, des missiles lourds, des salves de roquettes, des obus d’artillerie et des missiles sol-air. Elle a également annoncé avoir intercepté plusieurs drones israéliens dans le ciel de Saïda et de l’Iqlim al-Touffah, les contraignant à faire demi-tour.
Commentant ces développements, Alon Ben David a averti dans le journal israélien Ma’ariv : « Si nous nous enfonçons davantage vers l’intérieur, vers la chaîne de montagnes d’Ali Al-Tahir, puis vers le plateau de Nabatiyeh, nous ne ferons qu’augmenter le prix que nous paierons sans en tirer aucun bénéfice. »
Il a affirmé que « le Hezbollah, qui est passé d’une armée conventionnelle à une organisation de guérilla, étudie nos méthodes et se développe de jour en jour. La guérilla possède toujours un avantage sur les armées, car elle frappe là où elle détecte des points faibles et bat en retraite là où l’armée est forte. »
Il a estimé que « ce n’est qu’une question de temps avant que les convois de ravitaillement et de logistique, qui font partie intégrante de l’action de toute armée, ne commencent à tomber dans des embuscades et à sauter sur des engins explosifs au Liban ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
