vendredi, 31/07/2026   
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La délégation militaire libanaise participe à Rome sur fond de craintes de répéter l’expérience de Washington | Berri réitère : L’accord-cadre est mort et ‘Israël’ l’a enterré

Alors que le président de la République Joseph Aoun écoutait les conseils du président turc Recep Tayyip Erdogan sur la nécessité de ne pas se précipiter dans un quelconque accord avec ‘Israël’, le président du Parlement Nabih Berri déclarait la mort de l’accord-cadre, exprimant sa conviction que l’ennemi n’a aucunement l’intention de se retirer avant les prochaines élections au sein de l’Entité.

Le quotidien Al-Akhbar a appris qu’Erdogan a été franc avec Aoun en soulignant que le projet d’Israël ne vise à bâtir la paix avec personne. Il lui a conseillé de s’employer à renforcer les relations avec la Syrie, de se rendre à Damas et de rencontrer le président Ahmad al-Charaa, lequel avait déclarations faites auparavant à Al Jazeera qu’il ne pensait pas que l’accord-cadre soit applicable.

Il convient de noter qu’Erdogan a affirmé devant Aoun que son pays s’intéresse aux relations avec le Liban et à l’aider sur plusieurs dossiers, ajoutant qu’Ankara ambitionne également de jouer un rôle après la fin du mandat de la force internationale au Liban-Sud à la fin de cette année.

Pendant ce temps, des visiteurs d’Aïn el-Tiné ont rapporté les propos tenus jeudi par le président du Parlement : sa réunion avec le président Aoun visait à clarifier le fait qu’Israël n’a nullement l’intention de se retirer réellement du Liban, et que le non-respect d’Israël ne conduira pas à l’application de l’accord.

En réponse à une question, M.Berri a déclaré : « L’accord est né mort, plus personne n’en parle, et Israël l’a enterré en ne respectant pas sa mise en œuvre. » Il a souligné que les indicateurs montrent qu’Israël n’envisage pas de se retirer avant la date des élections israéliennes, estimant que le premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, fait face à de sérieux risques d’échec.

Il a également fait allusion aux difficultés du Parti républicain lors des élections de mi-mandat, laissant entendre que les Libanais de l’État du Michigan voteront contre tout candidat soutenant ‘Israël’, et que Trump s’en rendra compte lui aussi.

Par ailleurs, en préparation de la session de négociations prévue le 4 août prochain, il a été décidé d’intégrer à la délégation libanaise les membres de la délégation militaire qui avaient participé à l’une des réunions de Washington avant la signature de l’accord-cadre avec l’ennemi.

La délégation militaire devrait apporter avec elle les dossiers susceptibles d’aider la délégation officielle à argumenter face à la délégation ennemie et au médiateur américain, afin d’obtenir un engagement pratique en faveur d’un retrait effectif des zones occupées. Cela dit, l’expérience de Washington incite la délégation militaire à la plus grande prudence, d’autant que le chef de la délégation du pouvoir, l’ambassadeur Simon Karam, épaulé par l’ambassadrice du pouvoir à Washington Nada Hamadé Moawad, s’emploient constamment à faire porter la responsabilité de l’échec de leur accord au commandement de l’armée, en véhiculant le récit de l’ennemi selon lequel l’armée serait « incapable ou désireuse » de désarmer le Hezbollah.

Alors que circulent des « remarques » formulées par Karam à titre de « mise en garde » adressée au président Joseph Aoun — incluant une disposition à suspendre les négociations jusqu’à ce que l’ennemi accepte d’élargir et d’accélérer le processus de retrait de zones pilotes —, l’expérience de la première phase permet à l’armée libanaise de soutenir que l’ennemi ne s’est retiré concrètement que de quelques quartiers du village de Zawtar al-Gharbiyeh qui étaient sous occupation. L’armée a élargi son déploiement dans la région et a accompli tout ce qui lui était demandé quant au ratissage complet du village, découvrant un dépôt de munitions de la Résistance qui se trouvait depuis tout ce temps dans un secteur sous le contrôle des forces d’occupation sans que ces dernières ne réussissent à le localiser. En outre, l’armée avait retardé le retour des habitants en attendant de vérifier l’effectivité du retrait et de garantir l’absence de restes explosifs de guerre.

Dans les deux cas, le Liban officiel se voit contraint de miser sur le rôle du commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) afin d’obtenir un soutien supplémentaire à l’idée d’élargir et d’accélérer les zones pilotes, d’autant plus que l’ennemi avait évoqué des conditions d’exécution nécessitant un à deux mois par village, ce qui pérenniserait l’occupation pendant au moins cinq ans. Il est à noter que les fuites concernant les réunions du premier ministre ennemi Benjamin Netanyahu aux États-Unis ont révélé qu’il n’avait entendu aucune demande américaine directe d’accélérer le retrait du Liban, contrairement à ce qu’avait propagé l’équipe d’Aoun après sa visite à la Maison-Blanche et sa rencontre avec le président Donald Trump.

D’un autre côté, les médias de l’ennemi ont tenu hier à répéter les propos sur une « riposte attendue » de l’armée d’occupation après qu’un bulldozer de l’ennemi a été frappé par un drone kamikaze près des collines d’Ali al-Tahir. La Chaîne 12 a cité une source politique indiquant que « même après plus d’une journée, la décision finale sur la manière de riposter n’a pas encore été prise ». La chaîne a mentionné que le bulldozer « était censé à faire exploser les tunnels à Ali al-Tahir ».

De son côté, le journal israélien The Marker a rapporté que le ministère de la guerre « a investi au cours des deux derniers mois près de 1,5 milliard de shekels (un demi-billion de dollars) dans l’achat d’équipements pour faire face aux drones explosifs du Hezbollah ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar